Des chauffeurs-transporteurs qui ne devraient rien payer du tout car disposant de la documentation requise pour le transport inter-Etat, payent pour le compte du racket 89.150 CFA sur l’axe Abidjan Ouagadougou distant de 1263 km, révèle une enquête de l’Observatoire des Pratiques Anormales (OPA), financé par les Nations Unies.
Selon cette enquête, le manque de gouvernance routière transforme les routes internationales en zone de rackets à grande échelle, ce qui a des conséquences très négatives pour l’économie du pays.
Sur l’axe Abidjan-Bamako distant de 1174 km, le chauffeur paye 71.274 CFA alors qu’au plan national, sur une distance de 746 km, le chauffeur paye 62.372 CFA.
La libre circulation des personnes et des biens est loin d’être une réalité dans l’espace CEDEAO car les multiples barrières érigées tout le long des corridors inter-Etats ont fini par se dresser en véritables obstacles au transport, au commerce et à la compétitivité des entreprises ouest africaines sur le marché international.
Les solutions les plus durables se trouvent dans la facilitation du transport et la promotion d’une bonne gouvernance routière telles qu’incarnées par la campagne régionale dénommée « Borderless » pour un commerce sans frontière en Afrique de l’Ouest.
Ceci est aussi la vision de la CEDEAO pour une région dans laquelle tous les domaines de l’activité économique sont intégrés.
Financé par l’USAID et mis en œuvre par le West Africa Trade Hub basé à Accra, au Ghana, l’Observatoire des Pratiques Anormales (OPA) est un projet né en 2005 de la volonté conjointe de l’UEMOA et de la CEDEAO en vue du suivi des pratiques nuisibles à la fluidité du transport et du transit routier inter-Etats dans la sous-région ouest africaine.
Si les pratiques anormales ont existé sous diverses formes depuis longtemps, aucune étude n’avait cependant mis en relief le phénomène de manière systématique avant 2005.
Les indicateurs de tracasseries routières tels que mesurés par l’OPA sont notamment le nombre de contrôles sur les corridors suivis, les prélèvements illicites et les retards subis dans l’acheminement des marchandises dus aux contrôles intempestifs.
De 2006 à nos jours, l’OPA produit trimestriellement un rapport sur l’état de la gouvernance routière sur les corridors Tema-Ouagadougou, Lomé-Ouagadougou, Bamako-Ouagadougou et Bamako-Dakar.
Source : afriqueavenir.org




