Le secrétariat général du système d’échanges d’énergie électrique Ouest-africain (EEEOA) en collaboration avec la nationale burkinabè d’électricité (SONABEL), a organisé une réunion sur le projet d’interconnexion Han (Ghana) – Bobo Dioulasso (Burkina Faso) – Sikasso (Mali) – Bamako (Mali). Elle s’est tenue à Ouagadougou les 17 et 18 juin 2010 et a regroupé des experts en Energie venus de la sous-région et du Burkina.
Examiner et adopter le projet de résolution portant création du Comité conjoint de mise en oeuvre (CCMO-EEEOA). C’est à cela que se sont attelés des experts en Energie des pays de la sous-région Ghana, Mali, Burkina-Faso, les 17 et 18 juin 2010 à Ouagadougou. Cette réunion a été organisée par le secrétariat général du système d’échanges d’énergie électrique ouest-africain (EEEOA), en collaboration avec la SONABEL. Au cours de cette rencontre, le secrétariat général de l’EEEOA a présenté le projet de résolution portant création du CCMO-EEEOA dont l’objectif est de définir la base et les modalités d’exécution de l’acte additionnel A/SA.3/01/08 relatif à l’adoption de la stratégie de mise en oeuvre des lignes de transport de l’EEEOA. La résolution devrait aussi régir les rapports entre le SG de l’EEEOA et les gouvernements du Ghana, du Burkina et du Mali et leurs sociétés d’électricité respectives. La présentation a également rappelé la composition, la représentation, les attributions et les dispositions relatives à la tenue des réunions CCMO-EEEOA. Elle a aussi indiqué, selon le rapport de synthèse, le mécanisme de résolution des conflits contenu dans la résolution ainsi que les modalités de dissolution du CCMO-EEEOA.
Recommandations de la réunion
Il est ressorti de la lecture du rapport qu’à l’issue des discussions, la réunion s’est accordée sur certains points à savoir : le CCMO-EEEOA doit étudier différentes options afin de proposer une structure appropriée de mise en oeuvre du projet. Il créera, en cas de besoin, des groupes de travail sur des questions spécifiques durant l’exécution de son mandat. Le CCMO-EEEOA cessera d’exister dès le démarrage effectif des activités de la structure de mise en oeuvre du projet. Il sera composé d’un représentant du ministère en charge de l’Energie des trois Etats et d’un représentant de chaque société d’électricité concernée. Le CCMO-EEEOA fonctionnera sur les mêmes bases que les Comités organisationnels de l’EEEOA comme indiqué dans sa convention d’établissement. La réunion de Ouagadougou a recommandé aux directeurs généraux de demander au secrétaire général de l’EEEOA d’entreprendre une mission auprès des ministres en charge de l’Energie des trois pays concernés pour la signature à domicile de la résolution. Elle a été présidée par Emmanuel Nonyarma, Directeur général de l’Energie du Burkina Faso. Il était assisté de deux rapporteurs, Alpho Maïga, directeur du Transport et Mouvements d’énergie de EDM-SA et William Amuna, directeur technique de VRA.
Le SG du WAPP à propos de l’interconnexion
» L’interconnexion Ghana-Burkina-Mali s’inscrit dans le cadre du marché régional d’électricité qui a été défini et adopté par les chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO. Ce marché est défini sur la base d’un plan directeur qui a été identifié et approuvé. Ce plan directeur renferme un certain nombre de projets d’interconnexions Bolgatanga-Ouaga (Ghana-Burkina), l’interconnexion Libéria Sierra Léone-Guinée-Côte d’Ivoire (en cours) ; Guinée-Guinée Bisseau-Gambie-Sénégal (en cours) ; Côte d’Ivoire-Mali (en cours) ; Nigéria-Niger-Bénin-Burkina Faso. Un ensemble de projets définis et adoptés au niveau des chefs d’Etat et qui sont accompagnés par tous les bailleurs de fonds. C’est au fur et à mesure que la préparation est terminée qu’on présente le projet aux bailleurs de fonds pour le financement et le démarrage de la mise en oeuvre. Nous sommes actuellement à la phase de mobilisation des ressources pour lancer ces deux projets Bolgatanga-Ouaga et Han-Bobo Dioulasso-Bamako. Les pays de la sous-région ont des problèmes d’énergie, il faudrait nécessairement les interconnecter parce qu’il y a des pays qui ont des ressources énergétiques et d’autres qui n’en ont pas. Par exemple les pays comme le Burkina Faso, le Niger et le Mali n’ont pas suffisamment de ressources énergétiques et ils n’ont pas accès à la mer. L’importation des produits pétroliers utilisés dans la production de l’énergie par les centrales thermiques est extrêmement difficile pour ces pays. Les chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO ont donc pensé que pour pouvoir partager cette ressource qui existe dans d’autres pays, il faut nécessairement que les pays se mettent ensemble pour exploiter ces ressources à travers les centrales thermiques de grande envergure et des lignes d’interconnexion électrique ».
Les enjeux de l’interconnexion selon Salif Kaboré, DG de la SONABEL
» Ces derniers temps, nous parlons effectivement d’interconnexion et celles-ci doivent relier les pays qui ont des avantages comparatifs c’est-à-dire le Ghana, la Côte d’Ivoire, le Nigéria, à certains pays de l’intérieur comme le Burkina Faso, le Mali et le Niger. Ces interconnexions permettront donc de mettre à la disposition de ces pays de l’énergie à moindre coût et de tourner le dos au déficit d’énergie. Cela représente pour la SONABEL, la satisfaction de la demande. Vous avez remarqué que nous avons connu des délestages encore cette année même s’il est vrai que nous avons fait une interconnexion avec la Côte d’Ivoire qui a connu des difficultés. Ces difficultés vont être rapidement résolues et l’interconnexion dont nous parlons aujourd’hui Han Bobo Dioulasso-Sikasso qui est prévue à l’horizon 2015 devrait permettre de relier la zone A du Wapp à la zone B du WAPP, créant ainsi le marché régional souhaité par nos chefs d’Etat et de gouvernement, le WAPP qui est le système d’échanges d’énergie électrique de l’Afrique de l’Ouest, une structure mise en place par les chefs d’Etat de la CEDEAO pour permettre de construire le marché régional de l’électricité. Une construction qui implique que l’on fédère les ressources électriques, que l’on ait la confiance des bailleurs de fonds pour pouvoir mobiliser les ressources »
Christine SAWADOGO
Source : lepays.bf




