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6,192 milliards de FCFA de subvention aux engrais par l’Etat burkinabè

Etaient face aux journalistes le DG de la SOFITEX, Célestin Tiendrébéogo ; le DG de SOCOMA et le président du Fonds de lissage, Ali Compaoré ; le Directeur d’exploitation de Faso Coton, Marc Leynaert ; le président de l’Union nationale des producteurs de coton du Burkina et de l’Association interprofessionnelle du coton du Burkina (AICB), Karim Traoré ; le SG de l’ACB, Georges Yaméogo, et quelques producteurs.

De la déclaration liminaire livrée par Ali Compaoré, il ressort que la campagne précédente a connu une production de quelque 337 000 tonnes contre 451 prévues, soit un écart négatif de 25%. Les raisons de cette contre-performance sont, entre autres, les longues poches de sécheresse en mai et en juin suivies d’une forte pluviométrie et le sous-dosage des engrais.

Pour la campagne 2011-2012, l’AICB s’est fixé comme objectif la production de 513 750 tonnes de coton graine. Prenant en compte la tendance moyenne des cours des 3 années (2 années passées, projection pour l’année à venir), le mécanisme de fixation des prix, auquel prennent part les organisations de producteurs et les sociétés cotonnières, l’Etat et les bailleurs de fonds ont fixé pour la première fois de l’histoire le prix à 245 F CFA le kg de coton graine, soit une hausse de 35% par rapport à la campagne écoulée.

Mais la hausse des prix des intrants est venue tempérer cette bonne nouvelle et il faudrait une subvention de 16,376 milliards pour maintenir les prix de l’année dernière soit à 7 450 F CFA le sac. L’Etat et les sociétés cotonnières ont pu réunir 6,192 milliards, permettant ainsi aux producteurs d’acquérir le sac d’engrais à 17 833 F CFA à crédit au lieu de 23 600 F CFA. Malgré cette hausse, des simulations réalisées à partir des prix intrants et du prix d’achat plancher, montrent que la campagne 2011-2012 offre plus d’opportunité d’amélioration des revenus des cotonculteurs que celle écoulée.

En effet, la marge après remboursement des intrants (MARI) 2001-2012 est de l’ordre de 43%, qui compensent largement les 23% d’augmentation du coût d’intrants par hectare. En termes clairs, pour les niveaux de rendement de 1 200 kg/ha, l’augmentation des intrants est de 22 287 F alors que le MARI est de 53 313. Plus le rendement croît, mieux le MARI s’apprécie.

Au sujet de la revendication de certains producteurs de porter le prix du kilo à 500 F CFA, Ali Compaoré fera remarquer que cela ne répond à aucune règle de gestion sinon au moins un Etat africain le ferait. Pour le DG de la SOFITEX, le mécanisme a été jugé transparent par tous, de sorte qu’aucune partie (l’Etat, les producteurs, les bailleurs, les sociétés) ne puisse modifier quoi que ce soit.

Selon lui, les producteurs doivent saisir une aubaine historique au lieu de se laisser divertir par des gens de mauvaise foi. Le président de l’UNPCB, Karim Traoré, a relevé la nécessité pour les producteurs de resserrer les rangs afin de préserver les acquis au lieu de travailler à détruire la filière. Selon certains intervenants, ceux qui contestent les prix sont de l’ancien bureau de l’UNPCB qui connaissent bien le mécanisme et sont donc censés le défendre. Une rencontre de producteurs prévue aujourd’hui à Bobo permettra de lever les équivoques.

Abdou Karim Sawadogo,

Lobservateur.bf

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