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5e Journée de l’entrepreneuriat burkinabè : Une entrée en matière bien huilée

La Chambre de commerce de Bobo-Dioulasso abrite depuis hier les travaux de la cinquième journée de l’entrepreneuriat burkinabè. Cette rencontre d’échange, qui s’adresse principalement aux acteurs du privé, entend cette année orienter la réflexion autour de la compétitivité des entreprises afin de leur permettre de jouer pleinement leur partition dans le développement économique de notre pays. C’est un plat d’entrée bien huilé qui a été servi aux participants avec cette première conférence sur le secteur des huiles alimentaires au Burkina Faso.

Placées sous l’égide de la Maison de l’entreprise du Burkina Faso (MEBF), les journées de l’entrepreneuriat ont pour objectif de faciliter l’accès des PME à l’information utile pour leur développement à travers la mise en relation des porteurs de projets avec les institutions financières et les professionnels des services non financiers et la création de cadres d’échanges sur des sujets de préoccupation du secteur privé.

A l’ouverture des travaux de cette cinquième édition, ils étaient plusieurs dizaines de chefs d’entreprise, de promoteurs de projets et aussi des représentants des différentes institutions financières à répondre à l’appel du MEBF. Le jeu en valait bien la chandelle au regard du menu qui leur est proposé au cours de ces quatre jours de concertation avec notamment des conférences sur des sujets d’actualité aussi importants les uns que les autres.

Hier déjà, les participants ont eu droit à un premier exposé qui avait pour thème « Etat des lieux du secteur de l’huile dans l’Ouest Burkina : contraintes et perspectives ». Le secteur de l’huile, comme on le sait, connaît aujourd’hui un véritable engouement avec le nombre sans cesse croissant d’huiliers dans cette partie ouest du Burkina.

En plus des deux grandes unités industrielles que sont la SN Citec et la SOFIB, on dénombre une centaine d’unités semi-industrielles dont plus de la moitié est installée à Bobo-Dioulasso. Cette recrudescence des structures de production contraste cependant avec les nombreuses contraintes qui s’imposent à cette filière.

La conférence a surtout déploré la sous-utilisation des capacités locales de production mais aussi la faible disponibilité des matières premières du fait d’une production très tributaire des aléas climatiques.

D’une manière générale, les difficultés des industries oléagineuses du Burkina tiennent, selon le conférencier, « aux problèmes d’approvisionnement en matière première dont la disponibilité est soumise aux aléas climatiques et à la demande de marchés extérieurs de la matière de base mais également au niveau relativement élevé des coûts des facteurs de production (eau électricité) doublé aujourd’hui de la relative instabilité de l’offre ».

Ce diagnostic sans complaisance de l’huile a abouti à un certain nombre de recommandations qui devront se traduire par une grande dynamique d’investissement dans le secteur afin d’améliorer les rendements et la qualité des huiles.

Il a été aussi question de l’émergence de cultures des oléagineux d’exportation, du développement de l’agriculture bio, d’une meilleure organisation des acteurs, d’un plus grand intérêt du secteur bancaire, d’une réorganisation de la filière coton, du soutien et de l’accompagnement de l’Etat, de la relecture de la politique industrielle du Burkina, etc.

Le moins que l’on puisse dire est qu’à la lumière des débats, le secteur de l’huile dispose encore de nombreux atouts qui méritent une attention particulière des principaux acteurs de la filière mais aussi des autorités politiques du Burkina.

Il s’agit aujourd’hui de créer les conditions nécessaires à la mise en valeur des énormes potentialités, mais aussi à une exploitation judicieuse du marché local et même sous-régional.

Cette cinquième édition de la Journée de l’entrepreneuriat burkinabè entame aujourd’hui la deuxième journée des travaux avec comme point focal un exposé sur la stratégie de réforme globale de la politique fiscale.

Jonas Apollinaire Kaboré

Source : lobservateur.bf

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