La 35e session du conseil des ministres ACP-UE s’est ouverte le lundi 21 juin 2010 dans la salle des Banquets de Ouaga 2000. La cérémonie a été présidée par le président du Faso, Blaise Compaoré.
Les ministres des Etats du groupe ACP et leurs partenaires de l’Union européenne ont entamé les travaux de leur 35e session le lundi 21 juin dernier. Au cours des deux jours que va durer cette session, les deux parties échangeront sur les Accords de partenariat économique (APE) en y signant l’Accord de Cotonou révisé ce jour 22 juin 2010. Espoir
Selon le Président du Faso, Blaise Compaoré qui a présidé la cérémonie d’ouverture de cette 35e session du conseil conjoint des ministres ACP-UE, les pays ACP fondent beaucoup d’espoir sur les engagements réciproques contenus dans l’Accord de Cotonou, qui doit être complété par la conclusion des Accords de partenariat économique (APE) en cours de négociation dans la plupart des régions ACP. Pour être porteurs de développement, les APE, a-t-il dit, doivent permettre aux pays ACP de bâtir des économies viables et de développer des capacités de production et d’exportation, afin de tirer le maximum de profit de l’ouverture du marché européen. Ils doivent dans leur substance, et à travers le processus qui en guide les négociations, a-t-il ajouté, renforcer les sous-ensembles économiques régionaux existants, cadre privilégié où se construisent ces capacités de production et l’émergence de ces pays. C’est pourquoi, il est impérieux, a confié Blaise Compaoré, que les accords intérimaires déjà paraphés avec certains pays pris individuellement, ne contredisent ni ne compromettent les efforts d’intégration, mais soient repris et consolidés dans des Accords globaux à l’échelle régionale. Le Président du Faso a fait savoir que d’importantes considérations doivent être prises en compte si l’on veut aboutir à des APE susceptibles d’assurer un développement harmonieux des pays ACP. Il s’agit, entre autres, de l’adoption du principe d’engagement asymétrique en matière d’ouverture des marchés, qui permet au pays ACP de protéger leurs marchés ainsi que leurs chances d’industrialisation, de l’introduction d’une période transitoire suffisamment longue pour permettre l’adaptation progressive des économies des pays ACP au nouvel environnement commercial. .
Un pas décisif
Blaise Compaoré s’est dit convaincu qu’un pas décisif sera franchi à Ouagadougou. Il n’a pas occulté les nouveaux défis surtout environnementaux auxquels est confronté le monde. Pour sa part, le président du groupe ACP, Paul Bunduku-Latha, ministre délégué auprès du ministère de l’Economie, du Commerce, de l’Industrie et du Tourisme du Gabon, a donné un bref aperçu de ce qui a été fait au cours du processus de révision de l’Accord de Cotonou . A l’en croire, l’intégration régionale a été consolidée davantage dans l’Accord de Cotonou révisé et les deux parties ont convenu qu’elle doit transcender les volets politiques et économiques de notre coopération avec l’Union européenne. Cette 2e révision a également, a-t-il confié, abouti à de nombreux changements qui ont une incidence sur les institutions de l’Accord. Ainsi, le rôle de l’Union africaine et des organisations ACP d’intégration régionale a été renforcé pour ce qui est de certains aspects de l’Accord. Parmi les questions qui ont fait l’objet de discussion, figure également la problématique de la migration notamment la place qu’elle doit occuper dans le partenariat au développement ACP-UE, a-t-il précisé. Selon M. Paul Bunduku-Latha, le groupe ACP attache une grande importance aux APE. Toutefois, au stade actuel, seuls 27 Etats ACP ont signé un APE intérimaire ou complet, tandis que 9 autres en ont simplement paraphé, a-t-il fait remarquer. Il a soutenu qu’en s’engageant dans le processus des APE avec l’Union européenne, le groupe ACP attend avec intérêt les avantages qui découleront de leur mise en oeuvre. La signature, ces derniers temps, des accords de libre-échange entre l’UE et certains pays concurrents des Etats ACP a pour conséquences de provoquer une érosion substantielle des préférences ACP et de réduire à néant les avantages potentiels liés aux APE. Il est donc impératif que l’UE établisse un équilibre adéquat entre ses engagements à l’égard des Etats ACP et vis-à-vis des parties tierces, a -t-il relevé.
Dabadi ZOUMBARA
Source : lepays.bf




