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11è édition du Forum de Bamako : Entreprise Africaine, pour que ça marche

Les pays africains qui regorgent de main-d’œuvre et de ressources, auraient dû attirer une masse de capitaux internationaux. Comment y parvenir ?

L’Afrique est à la croisée des chemins. Cinquante ans après une grande vague d’indépendances, le continent suscite un regain d’intérêt et attire toujours les convoitises à cause de son potentiel naturel inestimable (géologique et géographique), la jeunesse de sa population etc. Cependant, ces atouts restent toujours peu exploités ou non valorisés. Pire, les rapports économiques mondiaux nous enseignent que l’Afrique est surtout un gros commerçant. Car, malgré la mondialisation et l’évolution des technologies, l’entrepreneuriat peine véritablement à évoluer sur le continent. Ainsi, à l’heure où l’on parle de valeur ajoutée, de production, l’entrepreneuriat en Afrique reste essentiellement basé sur le simple négoce. Par manque de savoir entreprendre ou d’initiative ? Quelles solutions pour développer l’entrepreneuriat en Afrique ? L’environnement socioéconomique est-il défavorable à la création et au développement de l’entreprise ? Le cadre juridique des affaires est-il incitatif ? Le continent recèle-t-il un potentiel humain qualifié ? Voici-là, des interrogations dont va débattre la 11è édition du Forum de Bamako qui a ouvert ses portes hier au Centre International de conférences de Bamako sous la présidence du Premier ministre Modibo Sidibé. Prennent part à cette rencontre, des membres du gouvernement et du corps diplomatique, des représentants des organisations internationales dont la représentante résidente du Système des Nations unies dans notre pays, Mme Mbaranga Gasarabwe. Ce colloque, considéré comme un exercice de décryptage de la situation des entreprises et de l’entrepreneuriat en Afrique, regroupe aussi des experts internationaux, intellectuels africains, spécialistes de micro et macro économie, des chefs d’entreprises africains, européens, des représentants des institutions financières internationales etc.

LE GRAND PARADOXE.

La question de l’entreprise et de l’entrepreneuriat en Afrique constitue une préoccupation majeure des politiques et programmes de développement du continent. Le vice-président de la Fondation forum de Bamako, Abdoullah Coulibaly, a rappelé que le forum constitue un espace de réflexion, de partage d’expériences et de points de vue sur les grands sujets de l’heure sur le continent africain. Pour cette 11è édition, expliquera-t-il, la rencontre mettra en valeur l’entrepreneuriat, moteur du développement économique. « Ce thème se pose avec acuité dans un contexte « d’économie monde » qui oblige à s’interroger sur le rôle actuel et la place que va occuper l’entreprise africaine dans le grand jeu de la mondialisation. Ainsi, les échanges permettront de comprendre les facteurs qui handicapent le développement de l’entrepreneuriat en Afrique », a-t-il ajouté avant de remercier les experts et personnalités internationales présents à cette édition et les organismes du système des Nations Unies pour leur accompagnement. Le ministre de l’Investissement, des Industries et du Commerce, Amadou Abdoulaye Diallo, en sa qualité d’expert de la question a fait une analyse critique de la situation de l’entrepreneuriat et des obstacles à l’investissement sur le continent. L’Afrique, a-t-il fait remarquer, est l’exemple par excellence du paradoxe. On y trouve en effet un nombre disproportionné de pays comptant parmi les plus pauvres de la planète, alors que l’impact sur la productivité marginale du capital du ratio travail/capital élevé du continent aurait dû être amplifié par sa richesse en ressources naturelles. Autrement dit, par rapport aux pays riches, les pays africains regorgent de main-d’œuvre et de ressources. Ces deux facteurs devraient contribuer à la vigueur relative du produit marginal du capital de l’Afrique, et, par conséquent, en faire une destination particulièrement attrayante pour les capitaux internationaux.

L’AMELIORATION DU CLIMAT DES AFFAIRES.

Selon Amadou Abdoulaye Diallo, il y a une décennie, l’environnement socioéconomique en Afrique était jugé défavorable à la création et au développement de l’entreprise. Dans certains pays, le cadre juridique des affaires n’est pas très incitatif à cause de la faiblesse, voir l’absence, d’accès au crédit, l’accès difficile à l’information sur les opportunités d’affaires, du manque de soutien au jeune entrepreneur (absence d’incubateurs d’entreprises) et de l’insuffisance de main d’œuvre qualifiée pour la gestion de l’entreprise. À tout cela, s’ajoutait le manque de stratégie politique. Mais, depuis quelques années, des pays africains comme le nôtre, ont amorcé d’importantes reformes pour faciliter la création d’entreprise et offrir un climat favorable aux développement des entreprises. D’où la création, par exemple, du guichet unique de l’Agence pour la promotion des investissements. C’est sous les applaudissement que le ministre Diallo s’est interrogé sur la pertinence du modèle économique et d’entreprises actuellement promu en Afrique. D’où l’importance de ce forum pour, de son point de vue, trouver des réponses formelles à la question. Le Premier ministre Modibo Sidibé a lui loué l’importance d’un rendez-vous qui s’est imposé comme un espace de réflexion de haut niveau de l’intelligentsia africain sur l’avenir du continent. En 11 éditions, le forum a ainsi réussi à rassembler d’importantes personnalités et organisations pour plancher sur des thèmes essentiels dans le développement du continent. La promotion de l’entrepreneuriat africain, a-t-il rappelé, est basée sur la valorisation des produits locaux mais aussi sur le développement d’un marché en mettant en avant l’environnement socioéconomique. « Tout le monde participe au développement de l’entreprise et tout le monde perçoit quelque chose de l’entreprise. Penser l’entrepreneuriat africain revient également à le développer à la base à travers les initiatives locales qui contribuent véritablement à lutter contre la pauvreté. Il s’agit donc à travers de forum de réfléchir à donner les capacités nécessaires aux entreprises pour leur épanouissement », a-t-il développé. Modibo Sidibé a insisté sur les progrès enregistré par notre pays dans le cadre de l’amélioration du climat des affaires à la suite des reformes économiques engagées par les pouvoirs publics.

par Doussou Djiré

essor.ml

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