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Spécial femmes : Quatre séances d’auto-coaching pour les femmes

Séances d’auto-coaching n°1 : Se mettre en valeur au travail

Comme nombre de femmes, vous ne savez pas parler de vous, vous êtes gênée lorsque vous devez vous présenter… Communiquer une bonne nouvelle, parler de problèmes, ça s’apprend ! Voici des conseils et outils pour donner une image positive de vous et de votre travail. Extrait #1 du guide de l’auto-coaching pour les femmes de Chine Lanzmann.

 » Je ne sais pas parler de moi… « ,  » J’ai du mal à me mettre en avant lors d’un entretien ou d’une réunion… « ,  » Je suis gênée lorsque je dois me présenter… « ,  » Je m’efface toujours derrière quelqu’un…  »
J’imagine que vous vous reconnaissez dans l’une de ces phrases ! Sinon, sautez ce chapitre, vous savez déjà tout !

Lorsque je demande aux participantes de mes formations si elles ont l’impression de manquer de légitimité dans leur travail, elles lèvent presque toutes la main. Pourtant, ce sont des femmes qui réussissent ! Je pense que le manque de légitimité est un problème plus féminin que personnel. Ces femmes n’ont appris ni à se faire connaître ni à donner une bonne image d’elles-mêmes. Cela rend plus difficile la recherche d’un emploi, le contact avec de nouveaux clients si elles sont indépendantes, ou la progression dans l’entreprise si elles sont salariées. Pour certaines, la difficulté à se mettre en avant vient de l’enfance. Si elles n’ont cessé d’entendre des phrases du type :  » Arrête de faire ton intéressante ! « , elles ne savent plus se montrer intéressantes une fois devenues adultes. Heureusement, tout cela peut s’améliorer.

Prendre l’habitude de communiquer positivement

Lorsque je travaillais pour Canal+, l’ambiance était créative et enthousiaste. Dans les couloirs, on entendait des phrases du type :  » On a travaillé toute la nuit, on s’est éclaté, le résultat est génial !  » Plus tard, je suis entrée dans une entreprise où l’ambiance était plutôt à la déprime. À la machine à café, j’entendais :  » Je suis épuisée… Dire que j’ai travaillé jusqu’à 20 h 30 hier et je n’ai pas encore fini…  »

Rien de tel pour se sentir bien au travail que de recevoir et entendre des messages positifs. Alors, commencez par les donner vous-même ! Pour se mettre en valeur de manière sympathique et positive, rien n’égale la  » Flash News « , que je vous propose comme troisième exercice. La Flash News est une bonne nouvelle toute simple que vous avez envie de partager. Par exemple : » J’ai transformé une pièce de mon appartement en bureau, je suis ravie d’avoir enfin un endroit pour démarrer mon activité.  »  » Hier, j’ai eu un entretien dans un cabinet de recrutement. Je suis rassurée car je me suis rendu compte que mon discours tenait la route.  »

 » Je suis contente, car j’ai eu un nouveau client cette semaine !  »
 » Un ancien collègue m’a appelée pour me demander de retravailler avec lui ! Cela me donne confiance en moi.  »
 » Je suis heureuse de participer à cette formation, car j’ai rencontré des femmes formidables ; pour moi, c’est important de partager.  »

La Flash News
Imaginez le flash info de France Info, et ne gardez que les bonnes nouvelles… Il en reste quelques-unes, ce sont les Flash News ! Elles sont claires, courtes, rapides. Le but de la Flash News : donner une image positive de vous et de votre travail.
Où ? Partout : au téléphone, par Internet, dans l’ascenseur, dans les réunions, à la machine à café, dans les couloirs…

Comment ? Démarrez par les faits – ce qui s’est passé, puis comment vous vous sentez vis-à-vis de cela : fière, joyeuse, contente, comblée… et terminez par un de vos besoins satisfaits qui intéresse aussi votre interlocuteur.
Exemple de Flash News :

Les faits : J’ai assisté à une conférence sur les réseaux féminins.
Le ressenti : Je suis contente d’avoir découvert cet univers très stimulant. Le besoin satisfait : J’ai compris comment m’y prendre pour trouver le bon réseau !
En partant des faits, de ce qui s’est passé, vous ne risquez pas de vous vanter. Au contraire, vous vous mettez en valeur d’une façon sympathique.
Et au passage, vous suscitez l’intérêt de votre interlocuteur.
Faites le plein de Flash News pour les partager tous les jours au bureau, avec des collègues, dans les réseaux professionnels, avec des connaissances qui vous demandent comment se passe votre travail, et même dans l’ascenseur avec votre chef.

Pour les femmes timides, qui manquent de confiance en elles, la Flash News est un outil extrêmement simple et efficace. À utiliser plusieurs fois par jour. En quelques semaines, vous constaterez que la façon dont les autres vous perçoivent change.

L’une des femmes que j’ai suivie en coaching, Véronique, commerciale dans l’industrie, travaillait de chez elle à Paris, sa société étant localisée dans le sud de la France. Elle est venue me voir pour que je l’aide dans sa prise de poste. Elle voulait mettre toutes les chances de son côté pour être appréciée. Nous nous sommes mises d’accord sur le fait que la meilleure façon de réussir, alors qu’elle ne travaillait pas au siège, était d’informer régulièrement son patron.

Tous les matins, elle s’accorde donc un  » rendez-vous avec elle-même  » et fait le plein de Flash News à lui annoncer. Elle note ce qui s’est passé la veille et ce qu’elle a envie de réaliser dans la journée.

Elle appelle son manager cinq minutes et le tient informé. Il adore son efficacité : en quelques minutes, tout est dit, de manière sympathique et enjouée.

Se mettre en valeur, ce n’est pas forcément se vanter!

 » Je n’ose pas me mettre en valeur, dit Agnès. Je ne veux pas donner l’impression de me vanter.  » Beaucoup de femmes confondent se vanter et se mettre en valeur.Se vanter, c’est affirmer :  » Je suis la meilleure, je suis la plus belle, la plus intelligente, il n’y a que moi capable de faire cela…  » Se mettre en valeur, c’est communiquer sur les réalisations :  » Voilà ce que j’ai fait…  » Et laisser à l’autre la possibilité de prendre sa place et de se mettre aussi en valeur.

Se mettre en valeur

  • Parler des faits et réalisations concrets
  • Partager ses succès
  • Se mettre en position égale : laisser à l’autre l’occasion de se mettre en valeur

Se vanter :

  • Sous-entendre :  » je suis la meilleure « 
  • Être individualiste
  • Se mettre en position haute : » je vaux mieux que toi « 

Le meilleur moyen pour cela est de dresser la liste de ses réalisations – comme on le fait avec le  » rendez-vous avec soi-même  » – pour les avoir en tête et les communiquer.
Que dites-vous à votre patron dans l’ascenseur ? Pendant longtemps, Florence lui a parlé de la météo :  » Il fait beau aujourd’hui, n’est-ce pas ?  »
Il répondait  » hum hum  » et Florence, gênée, continuait :  » Et demain, ils ont annoncé de la pluie.  »
Un jour, un nouveau collègue est monté avec eux en disant :  » La réunion d’hier s’est très bien passée, j’ai avancé sur le sujet, nous allons avoir des résultats concrets très bientôt.  »
Le patron a répondu :  » Fantastique mon cher, et à propos du dossier Martin… « , et la conversation était lancée.
À votre avis, quelle image Florence offre-t-elle à son patron ? Qu’elle apprécie la météo, qu’elle est impliquée dans son travail ou qu’elle est bien gentille ?
Quelle image a-t-il du nouveau collègue ? Qu’il est bien gentil ou qu’il est super efficace ? À qui va-t-il confier un projet intéressant ? Qui aura-t-il envie de promouvoir ? Pour vous mettre en valeur, profitez des moments informels pour, aussi, parler de votre travail, rapidement et de façon positive. Surtout, ne vous plaignez pas entre deux portes : » Je suis débordée…  »  » J’ai raté cet appel d’offres.  »  » Je ne suis pas promue !  »  » J’étais nulle à cette réunion.  »  » Vraiment, j’ai du mal à gérer mon équipe…  »

Communiquer une bonne nouvelle

  • Je pense à ce qui m’a fait plaisir
  • Je le partage
  • Je donne une image positive et sympathique

Parler des problèmes

  • Je suis déprimée en y repensant
  • Ma déprime se propage à mon interlocuteur
  • Je donne une image triste et négative

Souvent, on se plaint car on a terriblement besoin d’empathie et de compréhension pour nos souffrances. Mais attention à l’effet que cela provoque : si on se plaint trop, auprès de n’importe qui… cela donne une image de quelqu’un qui ne va pas bien. Au bureau, la collègue n’est pas une amie. Si vous avez besoin d’une écoute, il y a les psys, les coachs, les amis, la famille… Si vous avez un véritable problème au travail, il vaut mieux prendre rendez-vous avec votre chef ou les ressources humaines pour aborder la question qui vous préoccupe que de vous plaindre continuellement.

Si elles ne sont pas toutes dans la plainte, j’ai remarqué que beaucoup de femmes se présentent en se minimisant :

  •  » Je manage une « petite » équipe. « 
  •  » Je travaille sur un « petit » projet. « 
  •  » J’ai des clients « pas très importants ». « 

Modestie garantie. Mais le côté professionnel ? L’image de la réussite ? Le côté sexy, attirant, qui donne envie de travailler avec elles ?
Même si minimiser peut être une façon de s’autoriser à réussir, en petit, cela peut donner une image toute  » petite « , justement. Pour ne pas se rabaisser, il faut juste citer les faits :

  •  » Je manage six personnes « .
  •  » Je travaille sur un projet de six mois. « 
  •  » Mes clients sont des PME de l’industrie. « 

En étant concrète, avec des chiffres, chacun se fera ensuite une idée si c’est  » petit  » ou  » grand « .

Séances d’auto-coaching n°2 : Développer sa confiance en soi

Comment développer une confiance en soi qui fait défaut? En repérant les situations concrètes où l’on manque d’assurance et les moments où tout va bien. L’exercice du  » confiançomètre  » vous aidera à faire le point. Extrait #2 du « guide de l’auto-coaching pour les femmes » de Chine Lanzmann.

Cette séance aborde les problèmes particuliers des femmes au travail et du manque de confiance en soi qui peut en découler. Pourquoi est-il plus compliqué, aujourd’hui encore, pour une femme de s’épanouir dans son travail ? Parce que depuis des millénaires le monde du travail est un monde masculin. Les femmes y sont entrées depuis les années 1950… Il leur reste du chemin à parcourir. Le travail que je propose porte sur des changements que chacune peut faire individuellement, comme développer sa confiance et l’affirmation de soi pour se mettre en valeur, arriver à dire non, à demander, à s’exprimer en cas de désaccord. Ainsi, pas à pas, les femmes prendront la place qu’elles méritent dans l’univers professionnel.

L’image de la femme au travail :  » trop gentille  » ou  » trop dure « 

Au travail, il est plus difficile pour une femme de s’affirmer tout en étant respectée et en respectant les autres. Les femmes qui ne s’imposent pas assez peuvent être jugées  » trop gentilles  » et ne sont pas respectées. À l’opposé, celles qui arrivent à s’affirmer peuvent être jugées  » trop dures « , voire hystériques, et sont moins appréciées.

Sylvie, directrice financière d’une entreprise de 500 personnes, vient en coaching car son patron lui reproche d’être devenue  » trop dure « . À cause de la crise, il lui a demandé de licencier des employés, et pour accomplir sa mission sans en être trop affectée, elle s’est coupée de ses émotions. Sylvie a adopté un comportement plus masculin. Mais comme elle est une femme, son patron lui reproche à présent de se comporter comme un homme. Inconsciemment, il attend d’une femme du charme, de la douceur, de la compassion : des qualités éloignées des caractéristiques du pouvoir comme la capacité à trancher, à décider, à résoudre fermement les situations complexes.

Voilà une situation qui illustre à quel point une femme peut se retrouver coincée entre ce qu’on lui demande concrètement, dans le cadre de son travail, et ce qu’on attend d’elle inconsciemment. Son patron, côté conscient, voulait qu’elle licencie plusieurs personnes, et côté inconscient, attendait d’elle qu’elle déploie des qualités de mère nourricière. Sylvie est tombée dans le piège de cette double contrainte. Comment en sortir ? Comment ne pas y entrer ? Déjà, identifier la double contrainte, et ensuite dévoiler le processus. Ainsi, Sylvie a pu parler à son patron et lui expliquer son hypothèse:  » J’ai l’impression que ce que vous attendez de moi est de licencier plusieurs personnes tout en restant la maman qui les prend en charge.  » Son patron a reconnu la contradiction dans laquelle il la mettait, sans le vouloir. Sylvie, aujourd’hui, se sent plus à l’aise dans son travail.

Presque toutes les femmes manquent de confiance en elles

Lorsque je demande aux femmes ce qui les amène au coaching, neuf sur dix me répondent :  » Je n’ai pas assez confiance en moi.  » Mon travail consiste à les aider à identifier les situations précises dans lesquelles elles manquent d’assurance, pour qu’elles puissent ensuite adopter un comportement plus approprié. En effet, il est rare que l’on manque d’assurance dans toutes les situations. Personne n’a que des faiblesses ! Alors, toujours dans l’idée du verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide, le but est de repérer ses forces avant de s’acharner sur ses faiblesses, afin de reprendre confiance en soi progressivement.

Pascale, directrice artistique dans la mode, souhaitait lancer sa propre collection de vêtements pour femmes, mais elle n’arrivait pas à sauter le pas. Elle manquait de confiance en elle. Je lui ai proposé de réfléchir plutôt aux moments où elle avait confiance, et j’ai vu son visage s’illuminer :  » J’ai confiance en moi quand je travaille en équipe, quand je crée à deux, quand j’ai une assistante pour m’aider…  »

Je lui ai demandé ensuite de m’indiquer les moments où elle n’avait pas confiance en elle. Elle est redevenue sombre, ses épaules se sont voûtées :  » Quand je suis seule.  » Comme Pascale avait conscience de ce qui lui convenait pour créer : travailler en équipe et se faire aider, à la suite du coaching, elle est repartie avec deux options : chercher une personne pour travailler avec elle, ou bien partager un bureau avec une autre créatrice et s’aider mutuellement. Elle va beaucoup mieux car elle est passée du général au particulier, en précisant exactement dans quelle situation elle n’avait pas confiance.

La confiance en soi, ce n’est pas tout ou rien. Il y a des situations où on peut manquer de confiance et d’autres où on en a énormément.

Pour retrouver de la confiance, le premier pas est de discerner ces situations concrètes où vous manquez de confiance, et celles où vous en avez. L’exercice du  » confiançomètre  » vous aidera à faire le point.

Le  » confiançomètre « 
Cet exercice aide à repérer les moments où vous avez confiance et ceux où vous en manquez. Car la confiance en soi est un sentiment qui n’est ni blanc ni noir : il comporte toutes les nuances de gris. Il varie selon les situations.
1. Faites la liste des situations précises où vous manquez de confiance en vous.
Donnez une note de 0 (nulle) à 10 (maximum) pour chaque situation.

Exemple :

  • Quand je passe un entretien annuel d’évaluation, je pense que mon patron va me juger et voir tout ce que j’ai mal fait. NOTE 3/10
  • En réunion, quand il y a des personnes que je ne connais pas, je n’ose pas parler, de peur de dire des choses inappropriées. NOTE 1/10
  • Quand je dois parler anglais, je me trouve nulle car je n’arrive pas à m’exprimer comme j’aimerais. NOTE 2/10

2. Faites la liste des situations où vous avez plutôt confiance en vous.Donnez une note de 0 (nulle) à 10 (maximum) pour chaque situation.

Exemple :

  • Quand je présente quelque chose que j’ai réalisé moi-même, je suis plutôt contente. NOTE 8/10
  • Quand j’ai des retours positifs de mon chef, je travaille encore mieux. NOTE 10/10
  • Quand je fais appel à ma créativité pour trouver de nouvelles idées, j’ai confiance en moi. NOTE 9/10

En comprenant comment fonctionne votre confiance en vous, vous distinguerez les moments où tout va bien de ceux où vous pouvez perdre pied.Vous pourrez améliorer vos points faibles et mieux maîtriser vos atouts. Et surtout, vous constaterez certainement que la situation n’est pas dramatique : oui, vous avez des atouts !

Séances d’auto-coaching n°3 : Affronter les critiques au travail

Parce qu’elles ont souvent moins confiance en elles, les femmes sont facilement déstabilisées face à une critique. Exemple à l’appui (« Vous n’êtes pas professionnelle »), voici comment réagir en quatre étapes, en gardant votre calme. Extrait #3 du « guide de l’auto-coaching pour les femmes » de Chine Lanzmann.

Une étape fondamentale, dans le développement personnel et professionnel,est de ne plus avoir peur du jugement des autres. Ou, en tout cas, d’en avoir moins peur ! C’est l’objectif de cette séance :vous aider à affronter les critiques en gardant votre confiance en vous.

J’ai remarqué que les femmes étaient plus sensibles à la critique que les hommes : comme elles ont moins confiance en elles à la base, elles sont plus  » à vif « , et lorsqu’elles sont jugées, c’est comme si on remuait un couteau dans la plaie. Les femmes sont nombreuses à déprimer après avoir fait l’objet de critiques, ou à avoir tellement peur d’être critiquées qu’elles n’osent pas se mettre en avant ou prendre le risque de se lancer dans de nouveaux projets.

La peur des critiques, des jugements, remonte à l’enfance, l’éducation, l’école… Elle est si bien intégrée que l’on a du mal à réaliser qu’elle peut bloquer notre carrière. Pour garder notre confiance, il est très rassurant de savoir comment réagir à une critique. Voici différentes techniques qui vous y aideront.

Un processus en quatre étapes pour réagir aux critiques

Il y a bien sûr les critiques constructives, qui sont claires et précises, et qui motivent pour changer. Comme  » J’ai repéré plusieurs fautes d’orthographe dans ce texte. J’aimerais que tu le relises avec attention, et que tu fasses de même pour les suivants ; je serais plus disponible pour en apprécier le contenu « . Ici la personne parle de faits concrets, de son besoin à elle ; elle fait une demande claire de changement de comportement, et en plus motive le changement en l’ancrant dans le positif.

Voici, à travers un exemple, un processus en quatre étapes pourré agir à une critique. Il s’agit de l’histoire d’Emmanuelle, à qui son patron vient de dire :  » Vous n’êtes pas professionnelle !  »

Étape 1 : Utiliser le  » bouclier magique « 

Le  » bouclier magique  » est un moyen simple de se protéger dans un premier temps, en reformulant la critique pour indiquer à celui qui  » attaque  » que c’est son opinion et pas une vérité universelle. Il s’agit donc de répéter la critique, comme un bouclier en miroir qui reflète l’adversaire, en insistant sur le fait que cette remarque lui appartient : » Votre opinion, c’est que je ne suis pas professionnelle, c’est ça ? « , ou bien  » Vous pensez que je ne suis pas professionnelle, c’est bien ça ? « .

Ceci permet à la fois de se protéger, de gagner du temps pour se remettre du choc, et de rendre à l’autre la responsabilité de son opinion.

Étape 2 : Chercher l’origine de la critique

Pourquoi votre  » adversaire  » vous critique-t-il ainsi ? Il y a forcément un événement déclencheur de cette attaque. Énervé par une situation précise, le patron d’Emmanuelle a sans doute amplifié l’événement pour en faire une généralité : elle n’est  » pas professionnelle « .

C’est alors à elle d’essayer d’obtenir plus d’informations sur l’origine de cette critique. Elle demandera par exemple :  » Qu’est-ce qui vous amène à dire cela, concrètement ? « , ou  » Est-ce que j’ai fait ou dit quelque chose qui ne vous semble pas professionnel ? « .

Évitez de poser la question sous la forme  » Pourquoi dites-vous cela ? « , le  » pourquoi  » étant à mon sens assez accusateur et agressif. Évitons d’ajouter un reproche en retour ! Mieux vaut rechercher les faits objectifs : ce qui s’est réellement passé. Et ne pas lâcher tant que la personne n’a pas expliqué la vraie raison de sa critique.

Dans notre exemple, le patron d’Emmanuelle finit par lui expliquer:  » Vous êtes arrivée en retard à cette réunion extrêmement importante !  »

Étape 3 : Chercher la vraie cause de la critique

Une fois que le jeu est calmé et la critique formulée plus clairement, on peut chercher à identifier les besoins insatisfaits de l’autre, qui sont à l’origine de sa frustration et de la critique qui en a découlé. Emmanuelle peut répondre à son patron :  » Comme je suis arrivée en retard à cette réunion, vous étiez inquiet parce qu’il est important pour vous de donner à nos clients une image de sérieux, de fiabilité, est-ce cela ?

  • Mais oui ! Si nous ne signons pas ce contrat, la société va avoir des problèmes de trésorerie…  »
    Emmanuelle peut ainsi continuer, en étant dans l’empathie, à chercher à le comprendre encore mieux :  » Vous êtes très inquiet ?
  • Évidemment.
  • Vous aimeriez être sûr que nous faisons tout ce que nous pouvons pour signer ce contrat ?
  • Oui ! Si nous ne signons pas, cela risque d’être tendu… il faudra licencier. « 

En allant chercher les informations pour comprendre ce qui a le plus ennuyé son patron, Emmanuelle est arrivée loin de la critique d’origine  » Tu n’es pas professionnelle « . Grâce à sa posture empathique, elle l’a aidé à passer d’une critique violente et déprimante à une communication constructive.

Si son patron connaissait ce processus, il aurait pu dire :  » Vous êtes arrivée en retard à cette réunion importante, or j’ai très peur de perdre ce client car il nous reste peu de trésorerie. Assurez-moi que vous ferez votre possible pour que nous puissions signer ce contrat.  »

Au lieu de cela, il a transformé sa peur et son besoin d’être rassuré en une critique violente qui a eu pour conséquence de démoraliser sa collaboratrice au lieu de la motiver ! Il faut toujours éviter de rester sur une critique non argumentée. Essayez d’obtenir une explication claire, et vous verrez que les motifs de la critique sont rarement ceux que l’on croit.

Étape 4 : Parler de ses besoins

Emmanuelle a compris la situation. À présent, elle peut évoquer ses propres besoins, en partant soit de la critique qui lui a été faite, soit des besoins exprimés par son interlocuteur.

En partant de la critique  » vous n’êtes pas professionnelle  » :

  1. Observation :  » Quand vous me dites que je ne suis pas professionnelle…
  2. Sentiment : Je suis choquée…
  3. Besoin : Parce qu’il est important pour moi de contribuer à la bonne marche de l’entreprise, et j’ai besoin de compréhension quand il m’arrive d’avoir un imprévu.
  4. Demande de connexion : Est-ce que vous me comprenez ?  »

    Son patron comprendra ainsi qu’Emmanuelle est réellement impliquée dans son travail, qu’elle se sent concernée et qu’elle est à l’heure la plupart du temps, mais qu’elle a eu un empêchement ce jour-là et que sa critique est donc exagérée, car il a conclu à un manque de professionnalisme à partir d’un fait isolé.

En partant de la vraie situation :

  1. Observation :  » Quand vous me dites qu’il y a des problèmes de trésorerie…
  2. Sentiment : Je suis inquiète moi aussi…
  3. Besoin : J’aimerais vous soutenir…
  4. Demande d’action : N’hésitez pas à me dire si je peux vous aider d’une façon ou d’une autre. « 

Quand elles reçoivent une critique, beaucoup de femmes ont tendance à déprimer ou à se mettre en colère.

Emmanuelle aurait pu répondre :  » Mais si, je suis professionnelle !

  • Eh bien moi, je trouve que vous ne l’êtes pas du tout ! « , aurait rétorqué son patron.

La discussion aurait été tout à fait stérile, et même dangereuse pour leur relation. Au lieu de montrer ses qualités et prouver qu’elle était compétente et engagée dans son travail, Emmanuelle aurait donné d’elle une image très négative, confortant l’opinion de son patron…

Si nous comprenons que, lorsqu’une personne nous critique, elle parle avant tout de ses attentes et pas de nous, nous pouvons éviter l’escalade dans le conflit et garder notre confiance. Quel pouvoir !

Séances d’auto-coaching n°4 : Accepter les signes de reconnaissance ou les réclamer

Le manque de reconnaissance est fréquent en entreprise. Vous ne recevez pas de gratitude ni de remerciements? N’hésitez pas à aller les chercher. Apprenez aussi à donner des feed-backs réguliers à votre équipe. Extrait #4 du « guide de l’auto-coaching pour les femmes » de Chine Lanzmann.
Dans cette séance, nous allons voir que le besoin de reconnaissance est essentiel. Nous l’éprouvons tous et, malheureusement, il est l’un des besoins les plus frustrés au travail. Nous sommes heureux que notre talent, notre travail et nos compétences soient reconnus. Les autres personnes aussi sont contentes de savoir ce que nous pensons d’elles. Autant le leur dire d’une façon positive, ce qui apporte de la motivation.

J’ai appris sur le tard à recevoir de la gratitude sans être gênée. Quand on me remerciait, je pensais qu’il fallait répondre poliment :  » de rien « ,  » c’est normal « , ou  » je vous en prie « . Mais non, ce n’est ni  » rien « , ni  » normal « , ni  » je vous en prie  » ! Ce que j’ai fait pour être remerciée a de l’importance. Je ne souhaite pas le nier : je peux en être fière. La réponse américaine  » You are welcome  » (vous êtes bienvenu) est tout aussi rapide, mais bien plus positive. Prendre le temps d’accepter la gratitude et de remercier les personnes qui vous ont aidée renforce votre motivation et favorise l’épanouissement professionnel.

Quand on leur dit qu’elles sont belles, beaucoup de femmes minimisent :  » Ah, il faudrait que j’aille chez le coiffeur… « ,  » Pourtant, j’ai encore pris du poids… « ,  » Je ne suis même pas maquillée ! « .

Quand on leur dit qu’elles ont bien travaillé, beaucoup répondent :  » Oh, ce n’est rien, je l’ai fait vite… « ,  » C’est surtout grâce à untel… « ,  » Ah bon ? Vous trouvez ? « .

Elles sont gênées et ne savent pas comment réagir. Comme si en acceptant un compliment, on faisait preuve de vantardise. Or, en ne l’acceptant pas, on le minimise, et surtout on donne l’impression de ne pas faire confiance à la personne à l’origine du compliment.

Que faire lorsqu’on vous dit que vous êtes géniale?

Il n’est pas évident de savoir comment réagir face à la reconnaissance d’une personne enthousiaste, comme cela se produit parfois à la fin des formations que j’anime. Ainsi, il m’est arrivé d’entendre :  » Chine, vous êtes une coach géniale !  »

Avant, j’aurais répondu  » merci « , à la fois contente de satisfaire et en même temps gênée, car le  » génial  » est un peu trop, quand même, je ne sors pas d’une lampe à huile comme le génie d’Aladin ! Aujourd’hui, je ne fais plus attention au mot  » génial « , mais je cherche à comprendre pourquoi la personne me remercie.
Je lui demande par exemple :
 » Y a-t-il une chose que vous avez particulièrement appréciée?

  • Oui. L’exercice sur la critique, c’était fantastique.
  • Vous avez aimé le fait de comprendre que lorsqu’une personne nous critique, elle parle avant tout de ses besoins insatisfaits, pas de nous, c’est bien ça ?
  • Oui, exactement. Cela me libère. Je vais pouvoir travailler plus sereinement.
  • Je suis contente que cela vous aide à être plus sereine dans votre travail. « 

En lui demandant ce qu’elle a apprécié, je l’aide à trouver ce qu’elle a aimé. Ce n’est pas moi qui suis géniale : ce qui est génial, c’est qu’elle a compris comment être plus sereine. Et avec cela, je suis très à l’aise et encore plus confiante que les outils que j’apporte en formation peuvent vraiment aider les femmes à mieux travailler.
Que répondre lorsqu’une personne vous dit « merci »?

Que répondre quand on vous remercie ? À l’instar du compliment,cherchez à savoir ce qui a vraiment aidé la personne et en quoi cela est important pour elle.

À la fin d’une séance de coaching, Gaëlle se sentait soulagée :
 » Merci pour cette séance. Une heure de coaching, c’est comme si j’avais pris une semaine de vacances.

  • Est-ce que j’ai fait ou dit quelque chose qui vous a fait du bien ?
  • Vous m’avez dit de ne pas prendre les problèmes que personne ne prend.
  • Vous êtes soulagée de ne pas être obligée de prendre les problèmes que personne ne prend ?
  • Oui, je suis soulagée. Je vais m’occuper de mes problèmes à moi et je sais comment les résoudre. Les problèmes de mon patron, je vais les lui laisser.
  • Vous êtes capable de distinguer vos problèmes, que vous savez résoudre, des problèmes de votre patron, face auxquels vous vous sentez impuissante, c’est ça ?
  • Oui, c’est ça ! « 

Questionner Gaëlle m’aide à comprendre ce qui l’a vraiment aidée et peut aussi lui permettre d’ancrer ce nouvel apprentissage. Arriver à un point précis m’apporte plus de reconnaissance sur mon travail qu’un simple et général  » merci « . Cela lui permet aussi de mettre de la clarté sur son avancée concrète dans son développement professionnel.

Demander de la reconnaissance
Même si le besoin de reconnaissance est partagé par tous les êtres humains, nous sommes peu à oser l’assumer et le demander avec tranquillité. Il n’y a pas de honte à vouloir connaître l’avis de son interlocuteur ! Au contraire, c’est une occasion de s’enrichir mutuellement. Quand on vous demande votre avis,vous vous sentez bien valorisée, n’est-ce pas ? Voici un mode d’emploi en quatre étapes pour vous encourager à vous lancer.

  1. Exposez les faits.Exemple :  » Ça y est, j’ai terminé d’écrire ce rapport. « 
  2. Exprimez les émotions et besoins qui y sont liés. » Je suis contente d’être arrivée au bout ! Cela m’encouragerait d’avoir votre avis. « 
  3. Demandez une appréciation de la part de votre interlocuteur. » J’aimerais savoir ce que vous en pensez… avoir votre regard…Quels passages trouvez-vous intéressants ?Y a-t-il des points à améliorer ? Voyez-vous des changements à apporter ?En êtes-vous satisfait vous aussi ? « 
  4. Terminez en remerciant votre interlocuteur pour le temps qu’il vous a accordé et les remarques constructives qu’il a pu faire. » Merci beaucoup pour votre feedback, il est important pour moi. « Il n’est pas facile d’oser demander de la reconnaissance à son supérieur hiérarchique lorsqu’il ne le fait pas spontanément. Pourtant, il appréciera votre démarche qui prouve votre implication dans votre travail.

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