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Gestion du fret dans l’espace CEDEAO : La libéralisation comme facteur de réduction des coûts

L’atelier de restitution qui se tient à Ouagadougou du 28 au 29 février 2012 a pour objectif de permettre aux 200 participants issus du secteur des transports et des structures partenaires de se pencher sur le rapport de l’étude sur la gestion du fret en Afrique de l’Ouest. Les travaux de cette rencontre sous-régionale ont été ouverts par Jean Bertrand Ouédraogo, ministre des Infrastructures et du désenclavement (MID), représentant son homologue des Transports, des postes et de l’économie numérique.

Les acteurs du trafic auront à se pencher notamment sur les suggestions, recommandations et conclusions du consultant. Le constat est établi, comme l’a rappelé le MID, que « l’inefficacité des systèmes de transport constitue l’un des principaux points de blocage du développement des économies africaines ». Cette insuffisance engendre en effet des surcoûts qui pénalisent gravement la promotion commerciale des produits africains à l’exportation et renchérissent les prix de consommation des produits importés. Face aux critiques faites sur les accords de partage du fret initiés par les Etats pour pouvoir affronter certaines contraintes socioéconomiques, une étude a été réalisée sur la problématique de la suppression de la répartition du fret et la libéralisation de l’accès au fret dans l’espace CEDEAO. La question est d’autant plus pertinente qu’il convient de reconnaître avec le représentant de la CEDEAO que « le coût du transport en général dans notre région est le plus élevé au monde ».

Des réformes profitables à toutes les parties prenantes

Elle est tout de même délicate en ce sens qu’elle oppose, selon Serigne Thiam Diop, secrétaire général de l’Union des conseils des chargeurs africains (UCCA), des acteurs aux intérêts divergents. En effet, les Etats propriétaires du fret et leurs associations de transporteurs n’abordent pas toujours le sujet dans le même sens que les partisans de la libéralisation totale du transport. Mais, il est impératif, afin de permettre au secteur des transports de jouer pleinement son rôle dans le développement économique des pays africains, de le sortir nécessairement de l’informel et de le moderniser.

Les conclusions du consultant sont en tout cas sans appel et estiment que « réduire les coûts de transports rendrait l’Afrique de l’Ouest plus compétitive sur les marchés mondiaux ». Quant aux retombées d’une telle éventualité, elles sont, selon l’expert, profitables à toutes les parties prenantes. « Tout le monde y gagnerait. D’abord les importateurs et exportateurs, qui seront plus compétitifs et ensuite les routiers et les entreprises de transport routier qui bénéficieraient du développement des affaires. L’Etat qui profiterait de taxes fiscales accrues et les consommateurs qui bénéficieraient de prix plus bas ». Et le représentant de la CEDEAO de souscrire entièrement à cette vision en concluant que les réformes envisagées ne seront dirigées contre personne mais profiteront à tous. En vue de maîtriser les probables poches de résistance, ce dernier a proposé de « développer un plan de marche convaincant pour arriver à juguler les réticences et faire aboutir la réforme du secteur des transports routiers en Afrique de l’Ouest ».

Juste PATOIN

Lepays.bf

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