Le président de l’Apbef-CI, Souleymane Diarrassouba.Le gouvernement ivoirien peut compter sur les 24 banques et établissements financiers installés en Côte d’Ivoire, dans le processus de reconstruction et de relance économique.
Le président de l’Association professionnelle des banques et établissements financiers de Côte d’Ivoire (Apbef-CI), Souleymane Diarrassouba, traduit la détermination de son secteur à participer activement à faire de la Côte d’Ivoire un pays émergent, à l’horizon 2020.
La rentrée officielle de l’Apbef-CI, hier à Abidjan, a été l’occasion pour lui de le signifier : « Les établissements de crédits affirment ici et maintenant qu’ils sont prêts à jouer pleinement leur partition dans le financement de l’économie, dans le cadre du processus de reconstruction et de relance de notre économie ». Mieux, les banquiers ivoiriens estiment que, l’objectif de la Côte d’Ivoire de devenir un pays émergent en 2020 « ne saurait être effectif sans un système bancaire et financier fort et puissant ».
Actualité oblige, le président Diarrassouba n’a pas manqué de donner son avis sur la privatisation annoncée des banques d’État. Pour lui, cette option est une orientation du moment des autorités. Sans vouloir épiloguer sur la question, il ajoute toutefois, « qu’il n’y a pas de risque systémique ». Seulement, il souhaite une préservation des emplois et la sécurité de l’épargne des clients.
Dans l’ensemble, le secteur bancaire est en pleine croissance. Les activités chiffrées provisoires de l’année écoulée en témoignent. Le nombre de banques et établissement financier est passé de 22 en 2008 à 24 en 2011 (dont 23 banques et un établissement financier), progressant de 9%. Ces banques disposent d’un total de 540 agences, alors qu’elles étaient de l’ordre de 497 en 2010 et 281 en 2008.
Soit une évolution de 92% par rapport à 2008. 6.000 travailleurs sont employés dans ce secteur en 2011, contre 5.779 en 2010 et 4.529 en 2008. Voici pour le premier tableau synoptique de ces entreprises. L’autre face concernant les activités avec la clientèle n’est pas moins reluisante. En effet, le nombre de comptes ouverts par la population est de 1.847.837. Une année avant (2010), il était de 1.768.868, contre 879.478 en 2008. Soit 110% de progrès. Mais, le taux de bancarisation reste très faible, à 10%.
Autrement dit un Ivoirien sur 10 possède un compte. Dans ces différents comptes, la clientèle a pu déposer, l’année passée, 3.694 milliards de Fcfa. Le niveau des dépôts s’évaluait à 3.136 milliards de Fcfa en 2010 et 2.395 milliards de Fcfa en 2008, enregistrant une envolée de 54% sur la période considérée.
Au chapitre des crédits octroyés, les établissements de crédit ont injecté 3.113 milliards de Fcfa dans l’économie au cours de l’année 2011, contre 2.679 en 2010 et 2.171 milliards de Fcfa en 2008, soit une avancée de 43%. Les crédits à court terme (moins de deux ans) représentent 79%, alors que ceux du moyen terme (de 2 à 10 ans) font 20% et seulement 1% pour le long terme (plus de 10 ans).
Selon M. Souleymane Diarrassouba, cela s’explique par le fait que sur le marché les ressources longues sont rares. Pourtant, ce sont ces ressources qui permettent de financer le développement. « La plupart des ressources des banques sont réputées quasi volatiles, elles peuvent être retirées par les clients à n’importe quel moment », déplore M. Diarrassouba.
C’est pourquoi il demande une réforme du secteur bancaire et financier incitant au financement des investissements. Toute chose qui passe, entre autres, par le renforcement des fonds propres des établissements de crédit. Tout comme une politique hardie en faveur de la bancarisation de la population. Toutefois, une des préoccupations du secteur demeure le dédommagement de l’impact de la crise post- électorale. Les banquiers l’estime à 100 milliards de Fcfa, concernant les dégâts matériels.
En plus, ils souhaitent voir résolu le problème de suspens des compensations entre le 25 janvier 2011 et la fermeture provisoire des banques, le 14 février. L’amélioration de l’environnement des affaires, la requalification des créances en souffrance nées de la crise, la réforme de la fiscalité du crédit- bail, la réforme du cadastre sont autant de sujets que l’Apbef attend de voir aboutir. Sans oublier la réouverture des agences de la Bceao à Korhogo, Man et Bouaké.
Pour le moment, le conseil exécutif dirigé par M. Diarrassouba et son directeur exécutif, Serge Kouamelan, ont élaboré un mémo post-crise et un livre blanc remis au ministre d’Etat, ministre de la Justice ; obtenu la suppression de la taxe sur les encours de crédit et un poste d’administrateur au Conseil du café-cacao, etc.
Fratmat.info




