Ouagadougou a abrité, vendredi, 12 mars 2010, un atelier de réflexion sur la portée des Institutions de microfinances (IMF) en milieu rural au Burkina Faso.
Accroître l’accessibilité du crédit pour les populations pauvres en milieu rural. Telle est l’ambition des intervenants du secteur des microfinances en organisant, vendredi 12 mars 2010 à Ouagadougou, un atelier pour échanger sur le sujet. La rencontre a été notamment un cadre de réflexion sur la portée des Institutions de microfinances (IMF) en milieu rural au Burkina Faso.
Elle a abouti à une meilleure connaissance du mouvement des ressources des IMF et de leur affectation en relation avec le degré de pauvreté des membres et/ou des clients. L’atelier devrait permettre de formuler des recommandations dont la mise en œuvre effective contribuera à augmenter la portée des IMF en zone rurale.
En outre, un mécanisme de suivi de la mise en œuvre des recommandations devrait être défini. L’opportunité d’organiser un atelier sur la portée des IMF en milieu rural au Burkina Faso fait suite à l’étude sur « le mouvement des ressources entre le milieu urbain et rural, la portée des IMF au Burkina Faso ».
Cette étude a été commanditée par Terrafina microfinance, un programme soutenu par le consortium composé de trois structures des Pays-Bas : Icco, Oikocrédit et fondation. Dans sa communication portant sur l’étude, Annace Zongo de Consult conseil a évoqué le contexte, les objectifs, la méthodologie, la synthèse des principaux résultats.
Il a aussi fait des recommandations visant à améliorer la portée des IMF. Pour le consultant, au Burkina Faso, la portée globale des IMF est limitée : 10% de la population a accès au service de microfinances. Seulement 2,5% de cette population a accès au crédit. Dans le cas spécifique du milieu rural, c’est seulement 1% de la population qui a accès au crédit.
D’après les recommandations de l’étude, il y a nécessité, selon M. Zongo, de définir une stratégie sectorielle pour accroître la portée globale des IMF en milieu rural, de valoriser et de vulgariser les meilleures pratiques en faveur des populations pauvres.
L’étude a également recommandé la mise en place des mécanismes d’accès aux ressources pour les IMF qui se déploient en milieu rural. La chargée de programmes de l’Afrique de l’Ouest de Terrafina microfinance, Nadia Ouriemchi, a affirmé que la microfinance est pressentie comme un outil efficace de lutte contre la pauvreté au Burkina Faso et dans les principaux pays de la sous- région.
« En commanditant l’étude sur le mouvement des ressources entre le milieu urbain et rural et leur transformation en crédit en relation avec le degré de pauvreté des clients, Terrafina Microfinance espère une meilleure compréhension de la portée des IMF en milieu rural », a soutenu Mme Ouriemchi.
Par ailleurs, la représentante de Terrafina Microfinance a souligné que la population rurale au Burkina Faso représente 79,7% de la population totale. Elle a aussi reconnu que la pauvreté demeure prédominante en milieu rural où plus de la moitié de la population vit en dessous du seuil de pauvreté contre 20% en milieu urbain. « Pourtant, force est de constater que les populations rurales démunies sont particulièrement négligées pour ce qui est de l’accès aux services financiers », fait remarquer Nadia Ouriemchi.
Pour sa part, le secrétaire général du ministère de l’Economie et des Finances (MEF), Daniel Bambara a salué à sa juste valeur, la tenue de l’atelier. A l’entendre, le poids spécifique croissant des Systèmes financiers décentralisés (SFD) dans le système financier moderne est de plus en plus visible au Burkina Faso. « Une lecture analytique des données chiffrées au cours des dix dernières années montre que la pénétration territoriale et la clientèle des SFD dépassent celles des banques », a-t-il souligné. Et d’ajouter que l’épargne collectée par les SFD a plus que doublé.
Le secrétaire général du MEF regrette, cependant, que cette réalité ne soit pas encore bien prise en compte pour créer les conditions d’optimisation au financement de l’économie par les SFD. Monsieur Bambara préconise que l’on développe davantage les initiatives pour que les relations Banque/IMF soient des relations de complémentarité.
L’atelier de réflexion a regroupé des participants de compétences et d’expériences diverses. Il s’agit de représentants d’administration, des Partenaires techniques et financiers (PTF), des banques et d’institutions de microfinance.
Alban KINI
Source : sidwaya.bf




