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Lancement du programme spécial de création d’emplois : Jeunes et femmes chômeurs ou sous-employés, à vos demandes !

Le Premier ministre, Luc Adolphe Tiao, a présidé, le 24 février 2012, à Ouagadougou, le lancement du Programme spécial de création d’emplois pour les jeunes et les femmes (PSCE). Ledit programme qui couvre la période 2012-2014, assorti d’une exécution annuelle, ambitionne de réduire de manière significative, le chômage et le sous-emploi au Burkina Faso.

Le Programme spécial de création d’emplois pour les jeunes et les femmes (PSCE) est officiellement entré dans sa phase opérationnelle depuis le vendredi 24 février 2012. Ses bénéficiaires potentiels, notamment les jeunes diplômés, déscolarisés ou non scolarisés sans emploi, et les femmes en situation de chômage ou de sous-emploi, des milieux urbain et rural n’ont plus qu’à tendre l’oreille. En effet, le ministre de la Jeunesse, de la Formation professionnelle et de l’Emploi, Achille Marie Joseph Tapsoba dont le département assure la tutelle du PSCE, s’est voulu rassurant à l’issue de la cérémonie de lancement, au Palais de la jeunesse et de la culture Jean Pierre Guingané, dans la capitale burkinabè. « Très bientôt , une campagne d’information et de communication permettra d’aviser les citoyens de l’ouverture des listes de candidature aux différentes composantes du programme », a-t-il confié. En faveur des jeunes diplômés, les possibilités offertes sont la mise en stage en entreprise à finalité d’emploi, la promotion de l’auto-emploi et le placement de certains dans les institutions nationales et les collectivités décentralisées. Les jeunes qui n’ont pas été à l’école ou ceux ayant interrompu prématurément leur cursus scolaire, pourront s’inscrire aux activités à Haute intensité de main-d’œuvre (HIMO). Il s’agit de travaux d’aménagement et d’entretien des voies non bitumées, le curage des caniveaux, etc., initiés par des communes ou le ministère chargé des Infrastructures. En ce qui concerne les jeunes ruraux, il est envisagé de faire d’eux des ressources humaines qualifiées et compétentes dans les métiers agricoles. Selon les prévisions du PSCE, le maraîchage, l’embouche bovine ou l’aviculture seront enseignés à près de 30 200 personnes issues de groupements de producteurs, en raison de 100 par commune rurale. Outre la formation, des groupements pourront bénéficier de microcrédits pour intensifier leurs activités.

La composante 4 du programme est consacrée à l’autonomisation économique des femmes. Elle prévoit essentiellement deux activités : la dotation, également sous forme de microcrédits, de groupements de femmes en technologies de production, de conservation et de transformation ; le renforcement du programme national plate-forme multifonctionnelle. dsc_0036-ba789.jpg Par ailleurs, le PSCE compte porter des mesures incitatives de création d’emplois par les entreprises locales. L’ensemble des activités annoncées ont un coût annuel de 11 086 137 000 de F CFA, supporté par le budget de l’Etat. Les résultats cumulés des différents volets du programme, pour l’année en cours, devront générer 54 209 emplois, créer 10 000 occupations, former 45 100 jeunes diplômés et ruraux en moyenne par an. Ces prévisions chiffrées motivent en partie l’optimisme suscité par le PSCE dans la réduction du chômage et du sous-emploi au Burkina Faso, qui devra passer respectivement de 2,4% à 1% et de 26,7% à moins de 10%, au terme des trois années du programme. Pour le maire de la ville de Ouagadougou, Simon Compaoré, ce programme est à même d’apporter des solutions durables aux difficultés encore d’actualité d’une pleine participation des jeunes et des femmes au processus de développement. Même enthousiasme du côté des bénéficiaires qui, à travers leur représentante à la tribune, Mlle Jokebed Koala, ont estimé que le PSCE est une « initiative heureuse et mérite d’être salué et soutenu par les jeunes car il donne l’occasion d’apprendre et d’entreprendre ».

Koumia Alassane KARAMA (karamalass@yahoo.fr)

« La création d’emplois n’est pas exclusivement une affaire
du gouvernement », précise le Premier ministre.


« Le président du Faso nous a confié certaines missions avec des instructions précises sur ses préoccupations et ses objectifs à court terme. Parmi ceux-ci figurent en bonne place la question de l’emploi, celle de la précarité dans laquelle vit une immense partie de la jeunesse burkinabè. C’est pourquoi nous avons conçu ce programme. Nous pensons qu’il est possible dans les mois à venir d’apporter des solutions acceptables pour permettre de régler un tant soit peu la question de l’emploi et de la formation professionnelle des jeunes. La volonté politique est clairement engagée. Pour la mise en œuvre de ce programme, nous comptons aussi sur le secteur privé. Nous sommes convaincus qu’un véritable développement ne peut être amorcé dans notre pays en ignorant le secteur privé. La création d’emplois va d’abord favoriser l’initiative privée. Parce que l’un de nos objectifs est de permettre aux jeunes et aux femmes de créer leurs propres unités. Par cette synergie entre initiative privée et actions gouvernementales, nous irons de l’avant. La question de la création d’emplois n’est pas exclusivement une affaire du gouvernement. Elle relève de l’initiative de chaque citoyen. Nous pensons que tous ceux qui ont les moyens de créer des emplois doivent le faire, en appui à ce programme ».
« Un 1er pas en vue d’ouvrir le marché du travail aux femmes », affirme la ministre Nestorine Sangaré

« C’est une grande opportunité. Au Burkina, les femmes représentent 52% de la population. Et pourtant, quand on parle d’emplois salariés, les femmes sont sous-représentées dans les administrations publique et privée. Nous pensons que ce programme constitue un premier pas en vue d’ouvrir le marché du travail aux femmes diplômées sans emploi, mais aussi aux femmes des associations féminines. L’appui en technologies proposé dans le cadre de ce programme va permettre aux femmes, non seulement de sécuriser leurs propres emplois, mais aussi de créer des emplois au profit d’autres femmes dans le besoin. Cette initiative, pour nous, ouvre également la voie à une réflexion globale sur la formation professionnelle et le travail des femmes au Burkina. Que ce soit dans les métiers traditionnels ou modernes, nous pouvons mener une réflexion de fond sur le cas des femmes adultes diplômés sans emploi, les femmes rurales alphabétisées aspirant à des emplois salariés. C’est le lieu d’examiner tout le pendant de l’entreprenariat féminin qui n’est pas encore développé au Burkina. Nous pouvons nous inspirer de ce qui est fait au niveau des jeunes pour assurer la formation professionnelle des femmes et leur garantir un meilleur accès aux crédits et aux technologies. Dans le cadre de la mise en œuvre de ce programme, nous avons entrepris une évaluation des programmes antérieurs. Il y a eu beaucoup de programmes de transfert de technologies, notamment avec les moulins, les presses à karité, les moules à savon. Il nous paraît important de déceler les insuffisances de ces différents programmes pour nous relancer sur un bon pied, en essayant d’obtenir plus de résultats. Par rapport au choix des technologies, il faut miser sur la qualité, l’efficacité et la durabilité. Par ailleurs, les femmes doivent être formées dans la conduite des activités économiques. Certaines se lancent dans des activités, seulement par imitation, ce qui peut expliquer les échecs. Nous faisons le point de l’accès des femmes aux différents fonds, avant la mise en place d’un fonds spécial à l’entreprenariat féminin tel que le Premier ministre l’a annoncé dans sa déclaration de politique générale. Nous invitons les femmes à être attentives aux dispositions du PSCE. Mais aussi qu’elles comprennent qu’il ne s’agit pas d’un programme qui va faire des dons. Les bénéficiaires recevront les technologies sous forme de crédits qu’elles devraient travailler à rembourser. La somme d’un milliard de fcfa pour la composante consacrée aux femmes n’est pas suffisante, mais nous sommes optimistes dans la mesure où nous allons pouvoir mener cette réflexion de fond. Nous souhaitons que les femmes soient motivées, responsables dans leurs comportements pour que le programme puisse réussir à leur niveau ».

Sidwaya.bf

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