Comment résorber la crise énergétique structurelle qui secoue les Etats membres de l’UEMOA ? La réponse de l’union est l’initiative régionale pour l’énergie (IRED) qui est au centre d’un atelier dont l’ouverture a eu lieu le mercredi 10 mars dernier à Ouaga.
Il n’est point besoin d’être un expert pour savoir que la crise énergétique est une réalité dans l’espace UEMOA. Au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, au Bénin, au Mali etc, les populations vivent douloureusement les délestages lesquels handicapent leurs activités économiques. A l’ouverture de l’atelier sur l’Initiative régionale sur l’énergie durable (IRED), le Commissaire chargé du département du développement de l’entreprise des télécommunications et de l’énergie, Guy Amédée Adjonohoun, a fait le diagnostic de la situation. Selon lui, la crise énergétique actuelle est aggravée par la facture pétrolière de l’union qui est passée de 639 milliards de F CFA en 2003 à plus de 1300 milliards en 2006, soit un accroissement de 42% par an. Il faut ajouter à cela, à l’entendre, les problèmes de gouvernance des sociétés de production d’électricité parmi lesquels, le défaut de planification, les tarifications inappropriées, l’inadéquation de la structure du parc énergétique, le défaut ou les choix techniques inapropriés. Or selon le commissaire Guy Amedée Adjonohoun, nous sommes dans la civilisation de l’énergie qui est l’une des conditions fondamentales de la croissance économique. Aujourd’hui, l’UEMOA a fait le choix d’une « thérapie de choc » au niveau sous-régional. Et les chefs d’Etat et de gouvernement lors de leur 14e session ordinaire tenue à Bamako le 20 février 2010, ont clairement indiqué qu’il fallait accélérer la mise en oeuvre de l’IRED. Les travaux qui ont duré 72 heures seront une tribune pour obtenir les contributions des experts des pays membres et des différents partenaires pour l’opérationnalisation de l’initiative. Guy Amedée Adjonohoun a, dans ce cadre, évoqué l’importance de la mutualisation des expériences. C’est pourquoi, les participants examineront un projet de protocole portant création de la conférence des producteurs et distributeurs de l’énergie électrique de l’UEMOA. Mais, pour résorber de façon urgente le déficit d’énergie constaté, un certain nombre de projets régionaux seront également analysés pour que le dispositif institutionnel et financier de l’IRED les prenne en charge. Même si l’échéance est à long terme, l’UEMOA rêve de voir, en 2030, tous les citoyens de l’union accéder à une énergie à bas prix, une énergie propre et s’appuyant sur un partenariat public-privé dynamique.
Par Dayang-ne-Wendé P. SILGA
Source : lepays.bf




