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Interdiction de la vente de carburant sur la voie publique : Une pilule dure à avaler par les commerçants détaillants

Les commerçants détaillants de carburant ont manifesté, samedi 18 février 2012 à Ouagadougou, leur mécontentement suite à un communiqué du ministère en charge du Commerce invitant les revendeurs de produits pétroliers à cesser leur activité sur la voie publique.

Il est 9h50mn quand l’équipe de Sidwaya débarque devant les locaux de la radio Savane FM. Là, un attroupement proférant des propos à haute voix qui ne laissent aucun passant indifférent. Un manifestant se détache du groupe, vient à la rencontre des pisse-copies et s’écrie en mooré  :

« m faa ! Ya yamb bal la tond ra gouda » (vraiment, c’est vous seulement que nous attendions). L’homme tient une pancarte sur laquelle est inscrit en gros caractère : « id ka sak ye » (on n’est pas d’accord). Pour lui, il est hors de question que la mesure du ministère du Commerce interdisant la vente du carburant sur la voie publique (voir communiqué) soit appliquée au risque de mettre de milliers de jeunes au chômage.

De la flopé des manifestants réunis, Moumouni Porgo se présente comme étant le porte-parole du mouvement et tient à préciser l’objet de leur présence devant les locaux de la radio de Aboubacar Zida dit Sidnaaba. « Nous sommes sortis pour manifester notre mécontentement face à la volonté de nos autorités de nous empêcher de mener nos activités. Même si elles (les autorités) augmentent les taxes que nous payons, nous sommes prêts à accepter cela. Nous demandons seulement à continuer la vente du carburant », a-t-il déclaré. Et quand on lui demande pourquoi avoir choisi de se regrouper à la radio et non devant l’institution signataire de la décision, M. Porgo soutient que lui et ses camarades sont là parce que le communiqué a été diffusé sur les ondes de « la radio des nouvelles idées ». Et de préciser qu’ils voulaient vérifier l’authenticité du document qui, selon les informations, émane du ministère en charge du Commerce. Ismaël Bassolé, un des meneurs de la manifestation, installé sur une estrade de fortune érigée pour l’occasion ne cesse de haranguer la foule. Pour lui, il n’est pas question de mettre fin à leur activité, source de revenus pour eux et leurs différentes familles. « Cela fait 22 ans que je vends le carburant sur la place publique et c’est ce qui me permet de nourrir ma femme et mes enfants  », lance M. Bassolé. Il avoue ne pas comprendre une telle mesure surtout que les vendeurs de carburant payent des taxes pour l’occupation de la voie publique. « Personnellement, je paye plus de 180.000 FCFA au titre des taxes dans l’année », martèle-t-il. Et des plaignants du jour de grommeler en chœur : « que deviendrons-nous sans ce travail, sinon des voleurs. Le gouvernement a donc le choix en nous laissant poursuivre notre gagne-pain ou il risque d’être confronté à un banditisme ». De l’avis de Ismaël Bassolé, ce regroupement vise aussi à lancer un cri du cœur au ministre Arthur Kafando, avec pour objectif final de le rencontrer pour entamer des discussions. « Ceux qui croient que nous sommes ici pour faire des bisbilles se trompent. », s’écrie-t-il. Ibrahim Kaboré, lui aussi vendeur de carburant dans un quartier périphérique de la capitale croit dur comme fer qu’un modus vivendi pourrait naître entre les protestataires et les autorités avant la fin des deux semaines à venir, délai de rigueur pour les commerçants, selon le contenu du communiqué. M. Kaboré soutient que leur besogne contribue à pallier l’absence des stations d’essence dans certains quartiers et du mélange de plus en plus rare. « Si nous mettons fin à cette activité, que feront ces populations  ? », se demande Ibrahim Kaboré. « J’ai fait le tour de plusieurs pays de la sous-région et j’ai vu que la vente du carburant sur la voie est une réalité sans que personne ne s’y oppose. Pourquoi nos autorités veulent faire le contraire ? », souligne M. Kaboré.

Les commerçants détaillants de carburant sont unanimes que la voie royale pour satisfaire leur doléance reste le dialogue. Ils avancent avoir pris langue avec le promoteur de la radio Savane FM auprès de qui ils auraient eu des conseils. Les manifestants entendent aussi, dès ce lundi, rencontrer le Mogho Naaba pour avoir ses bénédictions et ses conseils au sujet de leur doléance.

Nombamba Didier OUEDRAOGO


Il m’a été donné de constater que des revendeurs installés le long des artères de certaines agglomérations de notre pays s’adonnent illégalement à la revente de carburant (super 91, essence, gasoil, DDO,…), conditionnés dans des bouteilles, bidons et autres ustensiles.
Je rappelle que la distribution des produits pétroliers et dérivés au Burkina Faso est réglementée par les dispositions de l’arrêté n° 01-005/MMCE/SG/DGE du 12 janvier 2001 et celles du décret n°2002-146/PRES/PM/MCPEA/MCE du 03 mai 2002.

Toutes activités de distribution de produits pétroliers ne respectant pas les dispositions de ces textes, sont interdites.

Aussi, j’invite les revendeurs des produits pétroliers et dérivés ci-dessus désignés, à cesser toutes activités de revente desdits produits dans le délai de rigueur de deux (02) semaines, pour compter de la date de la
première diffusion du présent communiqué.

Passé ce délai, les services de contrôle compétents procéderont à la saisie des produits, des équipements et matériels de distribution illégale, et les contrevenants seront sanctionnés, conformément à la réglementation en vigueur.

Pour le Ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat, le Secrétaire général,

Bernard G. ZOUGOURI

Chevalier de l’Ordre du mérite

Sidwaya.bf

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