lundi, octobre 5, 2026
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Village Artisanal de Ouagadougou (VAO) : Quand l’Etat récuse une décision de Justice

Appelons un chat par son nom.

La Chambre de commerce met des artisans hors du Village artisanal.

Ils vont en Justice.

La Justice leur dit : « Repartez dans votre village ».

Ils reviennent et on leur ferme la porte du village.
Comment appelle-t-on cela ? Une récusation d’une décision de Justice.
Et par qui ? La Chambre de commerce et le Village artisanal relèvent de qui ? De l’Etat, pardi !

Par conséquent, je le dis, l’Etat est en train de récuser une décision de Justice. Et ma foi, ce n’est pas joli à voir quand on sait ce qui s’est passé dans ce pays. Bref ! Ce qu’on veut faire aux artisans, c’est la force.

Est-ce qu’au début, on leur avait dit qu’il fallait qu’ils cèdent un jour la place aux autres artisans ? Ensuite, est-ce que le Village artisanal de Ouagadougou est un centre de formation des artisans au vrai sens du terme ? C’est vrai que les artisans qui y exposent forment les apprentis artisans. Mais ces formateurs ne devraient pas vendre leurs objets. Un maître d’école ne vient pas vendre des cahiers là où il enseigne. Ces artisans ont acquis une clientèle. Et le VAO (Village artisanal de Ouagadougou) est devenu le tuteur de leur source de revenus.

Comment voulez-vous qu’ils s’en aillent comme ça ? Il s’agit ici d’une question de survie ! Autre chose : pourquoi la direction a-t-elle accepté d’encaisser leurs loyers en janvier si elle savait qu’elle allait les déguerpir en février ?

Au fait, cette affaire de rotation est bien dans le principe. Car, si le VAO a été conçu pour permettre aux apprentis et élèves artisans de mieux se former, ce serait bien que les locataires actuels ne s’y éternisent pas. Mais dans ce cas, la direction gagnerait à signifier cela aux artisans au moment où ils posaient leurs bagages pour la première fois dans ce village. Mais cela n’a pas été le cas. Le VAO s’est engagé sur un contrat de simple bail. Dans ce cas-là, il ne peut vider ces occupants que s’il y a des travaux nécessaires à faire ou si les locataires n’ont pas payé leurs loyers. Voilà peut-être pourquoi le tribunal a donné raison aux artisans.

Ces derniers sont devenus des commerçants. Et autant il est absurde de dire aux vendeurs de Rood Woko de libérer les lieux à chaque un ou deux ans pour laisser la place à d’autres, autant on ne peut dire aux artisans du VAO d’obéir au principe de rotation. La conclusion qu’il faut tirer de tout cela, c’est que la direction a manqué de prévoyance. Il faut maintenant tirer leçon pour l’avenir.

Pour l’instant, pardon, laissez les artisans qui font la grève de la faim entrer dans leur village. Il y a déjà la famine naturelle qui veut nous créer des problèmes. Ce n’est pas la peine d’ajouter des morts à des morts. Ne serait-ce que pour obtempérer à la décision de Justice. Ensuite, il faut aller sous l’arbre à palabres du Village artisanal. Parlementer pour trouver une solution à ce problème, tel est peut-être ce qui reste comme recours utile. Sinon, le Village artisanal va fermer ses portes. Et là, ce ne serait pas très artistique !

Le Fou | Lepays.bf

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