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L’Inde ouvre le commerce de détail aux marques étrangères uniques

Le gouvernement indien a porté à 100% les investissements directs étrangers dans le commerce de détail à marque unique, permettant aux groupes tels que le français Adidas ou le géant suédois Ikea, d’ouvrir leurs propres magasins dans ce pays de 1,2 milliard d’habitants.

Mais la réforme annoncée en décembre autorisant l’implantation des chaînes d’hypermarchés étrangères reste quant à elle suspendue jusqu’à nouvel ordre, après la virulente opposition des petits commerçants, de l’opposition et d’une partie de la coalition gouvernementale.

Les enseignes à marque unique avaient jusqu’à présent le droit d’investir en Inde à hauteur de 51%, les obligeant à s’associer à des partenaires locaux.

« Les investissements directs étrangers jusqu’à 100%, approuvés par le gouvernement, vont être autorisés dans le commerce de détail à marque unique », a annoncé mardi soir le Département gouvernemental de la promotion et de la politique industrielle (DIPP).

Ce changement ne nécessite pas l’approbation du Parlement.

Le gouvernement a assorti la libéralisation d’une condition: que les groupes étrangers détenant plus de 51% de leurs enseignes s’approvisionnent en Inde à hauteur de 30% minimum auprès de petits fournisseurs locaux.

La réforme va « aider l’emploi et donner plus de choix aux consommateurs », s’est réjoui le secrétaire général de la Fédération des chambres de commerce et d’industrie, Rajiv Kumar, cité dans un communiqué.

« La clause d’approvisionnement va entraîner un bénéfice direct pour les petites et moyennes entreprises », a-t-il prédit.

Certains analystes estiment toutefois que les entreprises étrangères pourraient ne pas se précipiter pour autant sur le marché.

Selon Arvind Singhal, président du cabinet de consultants spécialisé dans le commerce de détail, Technopak, la condition fixée par le gouvernement risque de poser problème aux groupes étrangers.

« C’est une demande infaisable. Si une marque étrangère comme Ikea vient en Inde, ils voudront leurs propres fournisseurs qui sont très efficaces », a-t-il relevé.

Le fait que les groupes doivent se tourner vers de petits fournisseurs limite aussi les choix pour un géant comme Ikea, a-t-il ajouté, se demandant au passage quelle était la réelle intention du gouvernement pour une vraie réforme du secteur.

D’autres analystes estiment au contraire que des marques de luxe comme Louis Vuitton ou Gucci, déjà présentes en Inde, pourraient en profiter pour s’étendre dans un pays émergent doté d’une solide classe moyenne.

Cette réforme pourrait surtout intéresser les acteurs déjà présents en Inde, juge Anil Talreja, qui travaille avec le cabinet conseil Deloitte Inde.

« Seuls ceux qui comprennent le marché indien, ses défis et ses politiques seront intéressés », a-t-il pronostiqué, interrogé par l’AFP.

New Delhi (awp/afp)

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