LE FIGARO. – Quelles sont vos prévisions pour l’année ?
Huw PILL. – Le Produit intérieur brut de la zone euro devrait reculer de 0,8 % en 2012. Aucun pays ne sera immunisé même si l’Allemagne devait moins souffrir que les autres. Au premier semestre, il faut s’attendre à une aggravation de la crise économique et à des turbulences sur les marchés. Toutefois, en milieu d’année, la situation pourrait se stabiliser, si des mesures sont prises pour résoudre la crise de la dette européenne.
Comment la résoudre ?
Les pays périphériques sont trop endettés. Tôt ou tard, l’Allemagne devra accepter d’accroître son soutien, que ce soit via le Fonds européen de stabilité financière ou le Mécanisme européen de solidarité. Mais les Allemands n’agiront qu’après avoir obtenu de l’Espagne et de l’Italie, notamment, l’assurance qu’ils appliqueront strictement leurs plans de rigueur. Il faudra aussi un plus grand fédéralisme budgétaire européen: la France devra donc renoncer à une part de souveraineté fiscale. Il faut éviter à tout prix la sortie d’un pays de la zone euro ou un défaut désordonné.
Que peut faire la Banque centrale européenne (BCE)?
Il ne faut pas s’attendre à ce qu’elle rachète de la dette des États de manière illimitée. La BCE mettra tout en œuvre pour éviter un effondrement aussi bien bancaire que d’un État, tout en faisant en sorte que la pression des marchés continue à s’exercer sur les gouvernements pour les pousser à réformer. La BCE est en effet convaincue que la solution à la crise nécessite des réformes budgétaires et structurelles substantielles dans chaque pays, qui sont du ressort des gouvernements et non de la Banque centrale elle-même.
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