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CNTS : Des agents en sit-in pour 48 heures

Les travailleurs du Centre national de transfusion sanguine (CNTS) observent un sit-in de 48 heures du 9 au 10 janvier 2012. Ils réclament, entre autres, des indemnités de tournées, l’application effective des textes relatifs aux missions et tournées, l’approvisionnement adéquat du CNTS et des CRTS en réactifs, consommables, fournitures de bureau, etc. Une autre raison non moins importante qui sous-tend la tenue de ce sit-in est la citation directe par devant le Tribunal correctionnel de Ouagadougou avec dénonciation à parquet de quatre travailleurs par le président de l’Association pour le don bénévole de sang (ADBS), Wenceslas T. Gnoula.

Déposée le 21 mai 2011 et axée autour de 24 points, la plate-forme revendicative des travailleurs du CNTS, à en croire le Secrétaire général (SG) de la sous-section du Syndicat national des travailleurs de la santé humaine et animale (SYNTSHA) du CNTS, Paul Yooda, n’a toujours pas eu de satisfaction. C’est pourquoi les travailleurs des quatre centres de transfusion sanguine que sont Ouagadougou, Bobo-Dioulasso, Koudougou et Fada N’Gourma ont décidé d’observer ce sit-in de 48 heures afin d’amener l’Administration à traiter de façon diligente et conséquente leur plate-forme revendicative. Pour Paul Yooda, cela fait deux ans que les travailleurs sont confrontés au problème de réactifs et de consommables alors qu’ils en ont besoin pour mener à bien leur mission. Selon ses explications, bien que les indemnités de tournées soient inscrites dans les textes, les agents ne les perçoivent pas. Pourtant, ceux-ci, a-t-il confié, sont obligés d’aller hors de leur service pour pouvoir collecter le sang. Le conflit qui oppose ses quatre collègues au président de l’ADBS, a-t-il révélé, est né au cours d’une opération de collecte de sang organisée par ce dernier.

Il n’y a pas eu un règlement à l’amiable

Comme il n’y a pas eu un règlement à l’amiable et que les agents ont décidé de ne plus collaborer avec celui-ci, il a déposé une plainte en justice contre quatre agents. Cette action de M. Gnoula, a-t-il indiqué, a été jugée de trop par les travailleurs car en plus d’être victimes durant des années par ses menaces et injures inhumaines sans protection de l’Administration, ils doivent encore répondre des faits à eux reprochés devant la justice. « Nous exigeons un minimum de protection », a-t-il martelé avant de préciser que l’arrêt du travail n’est pas total car les agents reprennent le travail de 11 h à 14h avant de regagner leurs domiciles. Mais, il a prévenu que si rien n’est fait à l’issue de ce sit-in de 48 heures, les travailleurs se réserveront le droit d’entreprendre d’autres perspectives de lutte pour exiger la satisfaction de leurs points revendicatifs. Réagissant sur le sujet, le Directeur général (DG) du CNTS, le Dr Mahamoudou Sanou, a rassuré que les revendications des travailleurs sont en examen. Il a précisé que la question des indemnités de tournées a été soumise au conseil d’administration et il espère que quelque chose sera fait. Concernant l’affaire Gnoula, il a reconnu qu’il y a eu plusieurs fois des problèmes avec l’ADBS. Mais les associations de donneurs de sang étant des partenaires, il est toujours souhaitable qu’il y ait une bonne ambiance entre le CNTS et celles-ci. Pour le DG du CNTS, les travailleurs ne souhaitent pas qu’on juge leurs collègues à tort et qu’à cause de cette affaire, ils perdent leurs emplois car ils ont toujours en mémoire l’événement malheureux de Bobo-Dioulasso qui a coûté leurs emplois à deux accoucheuses. Il a dit avoir rassuré les agents que dans un Etat de droit, le droit sera dit. Dans tous les cas, l’Administration a le devoir de défendre les agents concernés, a-t-il relevé. Il a demandé aux travailleurs de garder le calme car l’Administration mettra tout en œuvre pour que ceux qui sont convoqués à la justice aient des avocats nécessaires pour leur défense. A la question de savoir si ce sit-in va créer une rupture de sang, la réponse du DG du CNTS est non, car les travailleurs ont accepté d’assurer un service minimum. Ce qui est responsable de leur part, a-t-il estimé. Les agents ont été encouragés et incités à plus de solidarité par les responsables du SYNTSHA du Kadiogo, notamment le SG Pisyamba Ouédraogo.

Dabadi ZOUMBARA

Le Pays

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