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Les attaques des pirates informatiques atteignent un niveau inquiétant au Burkina

APA- Ouagadougou (Burkina Faso) La piraterie des données personnelles via internet inquiètent les autorités burkinabè qui restent cependant peu armées pour traquer les cybercriminels, a constate APA mercredi à Ouagadougou.

« Plusieurs utilisateurs d’internet sont de plus en plus victimes de piratage de leurs données personnelles », reconnaît Alimata Ouattara, présidente de la Commission de l’informatique et des libertés (CIL).

Les cybercriminels utilisent plusieurs subterfuges pour obtenir les données personnelles ; les numéros des comptes de banques, ou le mot de passe des adresses mails qui leur permettront de contrôler les correspondances des victimes et d’intercepter éventuellement un transfert d’argent, a –t – elle expliqué.

Ces cybercriminels se présentent comme des héritiers d’une fortune cherchant des partenaires pour un supposé « transfert confidentiel » dans le compte de la victime, de grosses sommes moyennant fortes récompenses.

Ils se présentent aussi parfois comme des victimes ou gagnants d’un tirage de loterie et doivent fournir un numéro de compte bancaire pour entrer en possession de leurs lots.

D’autres arnaqueurs se passent pour des organisateurs de grands événements sur la pauvreté, sur l’environnement, sur la jeunesse. Ils disent prendre en charge les billets d’avion, l’hébergement mais finissent par réclamer des frais pour complément de dossier.

Dans ce cas, des noms d’illustres fondations et institutions (Bill Gates, Rockefeller, PNUD), de personnalités connues et des noms de familles répandues au Burkina (Compaoré, Ouédraogo) sont utilisés pour donner plus de crédibilité à leurs messages.

Les banques et les sociétés de téléphonie mobile elles – mêmes victimes d’attaques similaires, avertissent régulièrement les clients sur ses pratiques et se désengagent de toutes responsabilités pour ceux qui se feront prendre.

D’autres encore se font passer pour les gestionnaires des fournisseurs de services de courriers électroniques et somment les utilisateurs de répondre à un mail malveillant dans lequel ils demandent leurs mots de passe et d’autres données personnelles, sous peine de fermer le compte électronique de l’utilisateur.

Mme Ghilat Romaine, opératrice de saisie âgée de 53 ans, est tombée dans ce dernier piège.

« Sans hésiter, dit-elle, j’ai envoyé mon identité complète et le mot de passe de mon compte électronique » pour « sauvegarder » son adresse électronique qui serait menacée d’être supprimée. C’est en parlant à ses collègues qu’elle s’en est rendu compte et à toute de suite choisi un autre mot de passe.

« J’ai informé ma fille qui est en Côte d’Ivoire, souvent je lui envoie de l’argent par Western Union et je la préviens par mail », dit-elle. Zénabou Kouanda, une archiviste a reçu pour sa part un sms sur son portable téléphone, lui faisant croire qu’elle a gagné à la loterie. Selon elle, c’est son fils l’a prévenue qu’il s’agit d’une tentative de piraterie.

Les cybercriminels attaquent généralement sans discernement, mais recrutent leurs victimes parmi les adultes âgés, peu habitués aux pratiques internet.

Le Burkina prépare une législation pour traquer les cybercriminels et protéger les données personnelles. En entendant, il ne dispose pas d’instruments pour faire face aux attaques sur le net.

La présidente de la Commission de l’informatique et des Libertés Alima Ouattara donne des conseils pratiques : ne jamais répondre à un mail ou messages qui demandent des informations sur votre compte de courrier électronique, ne jamais transmettre des informations personnelles ou confidentielles sans dispositifs sécuritaires.

« Le courrier électronique n’offre pas un degré de confidentialité supérieur à celle d’une carte postale sans enveloppe », dit-elle.

CK/of/APA
20-01-2010

Source : apanews.net

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