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Supervision bancaire : Un nouveau logiciel à la Banque centrale du Congo

Cette nouvelle version corrige celle mise en oeuvre depuis 2004. Jeudi 22 décembre 2011, les professionnels du secteur bancaire ont été au contact de ce nouvel outil dans une séance de travail organisée dans la salle de réunion de l’Institut d’émission. Témoin de l’événement, le gouverneur de la BCC, Jean-Claude Masangu Mulongo.

Autorité monétaire de la République démocratique du Congo, la BCC ne cesse d’innover pour mieux garantir la circulation des informations bancaires et financières en RDC. Impliquée depuis un temps dans un projet piloté par la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), la BCC vient de se doter d’une version plus raffinée de supervision bancaire. C’est le jeudi 22 décembre 2011 que ce nouvel instrument, appelé Bank supervision application (BSA) a été présenté aux professionnels du secteur bancaire par Jean-Claude Masangu Mulongo, gouverneur de la BCC. Il s’agissait, selon lui, d’amener la profession bancaire congolaise à « l’appropriation adéquate de cet outil de travail ».

En effet, le logiciel BSA est une application informatique développée par douze (12) Banques centrales des pays membres de la SADC, en vue de faciliter au niveau de la sous-région l’harmonisation de la supervision bancaire et le retraçage des activités dans ce secteur. En favorisant la télétransmission des états périodiques ainsi que l’automatisation des tâches de supervision des intermédiaires financiers, cet outil offre l’avantage de contribuer à la rationalisation ainsi qu’à l’amélioration et au renforcement de la surveillance du système financier. Ce projet est piloté, depuis Maputo au Mozambique, par un comité dit « Bank supervision application support office », BSO.

Les grandes étapes

C’est depuis fin 2004, a indiqué le gouverneur Masangu, que la version initiale dudit logiciel a été déployée à la Banque centrale du Congo. Cette version avait accusé beaucoup de dysfonctionnements ayant par voie de conséquence entraîné le retardement de son développement en raison essentiellement des contraintes techniques, dont les pannes de serveurs. Avec le récent développement d’une nouvelle version 2.1 du logiciel BSA, a-t-il rappelé, les travaux d’exploitation par l’Institut d’émission ont connu de grandes avancées.

En effet, les travaux préliminaires d’implémentation à la Banque centrale de la nouvelle version ont été réalisés du 17 au 30 avril 2010 sous la conduite d’une équipe de consultants de la Banco de Mozambique dépêchée pour la circonstance à Kinshasa par le BSO.

Jusqu’en juin 2010, la Banque centrale a finalisé en interne le déploiement de ce logiciel, et procédé à des simulations grâce notamment à l’activation des fonctionnalités du système.

Bien plus, pendant plus de trois mois, des tests grandeur nature ont été expérimentés dans un environnement de production où les banques devaient se connecter au système et envoyer leurs données à la Banque centrale.

C’est ainsi que ses principaux utilisateurs, à savoir les techniciens de la Direction de l’informatique de la Banque centrale, les superviseurs de la BCC/DSIF et les délégués des établissements assujettis ont pu s’approprier le nouvel outil.

Une fois cette étape franchie, la mise en production définitive a été décrétée à partir du 1er février 2011, conformément à la Directive BSA. n°001 du 31 janvier 2011 relative à la télétransmission des situations périodiques à la Banque centrale du Congo par les établissements de crédit.

A ce jour, après une phase expérimentale satisfaisante d’utilisation, le fonctionnement de l’application BSA aussi bien sur l’interface Web que sur le module Risk Analysis Automation System, RAAS, est conforme et ne pose aucun problème particulier. Depuis janvier 2011, la direction de la Surveillance des intermédiaires financiers exploite formellement les reportings des banques transmis par cette voie.

Aujourd’hui, fort d’une part de la technologie de pointe utilisée dans le développement du BSA, et d’autre part de son architecture qui permet un paramétrage aisé du système, l’application BSA est opérationnelle de manière satisfaisante au niveau de la BCC, s’est donc félicité son gouverneur, Jean-Claude Masangu.

Grâce à cette application, note-t-il, les tâches du superviseur bancaire et des échelons supérieurs sont entièrement automatisées. De la réception des états financiers jusqu’à la production des rapports, tout est géré par le système. Ce qui a pour conséquence de favoriser l’accélération et l’amélioration de la surveillance du système financier dans son ensemble.

Aussi, a-t-il profité de la cérémonie de présentation de ce nouvel instrument de supervision bancaire pour convier tous les responsables des établissements de crédit, à « créer chez eux les conditions nécessaires pour un environnement interne en harmonie avec les exigences de cet instrument innovant et de poursuivre l’effort d’appropriation de cet outil par les préposés de chacune de vos institutions commis à la tâche de transmission des reportings réglementaires ».

Les retombées

Car, le souhait des pays de la SADC ayant participé au développement de ce projet, a-t-il souligné, est que la nouvelle application génère à terme l’automatisation de toutes les tâches de supervision du système financier, à savoir l’agrément des intermédiaires financiers, l’exécution des tâches de contrôle sur pièces et sur place, le traitement des anomalies relevées, les réunions, les discussions ainsi que les recherches ou les études qui pourront être initiées sur cet outil sans que les interlocuteurs ne se rencontrent physiquement !

C’est dans ce cadre, a-t-il fait remarquer, que s’inscrivent les différentes assises initiées par Bank supervision application support office et auxquelles prennent activement part les experts de la Banque centrale, rappelant que depuis un temps, les experts du comité basé à Maputo travaillent sur la troisième version du logiciel BSA. C’est dans ce cadre, a-t-il annoncé que sera organisé courant 2012 à Kinshasa une concertation sous régionale pour évaluer les avancées de cette version en chantier.

C’est dire qu’en matière de supervision des établissements de crédit, la Banque centrale du Congo est désormais arrimée sur le vaste plan d’intégration sous-régionale mise en oeuvre au niveau de la SADC. Ce qui devait indirectement profiter à tous les établissements de crédit opérant en RDC dans leurs transactions avec les banques de la sous-région.

Faustin Kuediasala | Reussirbusiness.com

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