Les députés burkinabè ont voté, mardi 20 décembre 2011, à l’unanimité la mise en place de deux commissions d’enquête sur la corruption. La première sur l’attribution des marchés publics, la deuxième sur les subventions publiques dans le secteur de la santé. On devrait connaitre d’ici la fin de la semaine les membres de ces deux commissions. C’est la première fois que l’Assemblée nationale ouvre ce genre de commission sur ce thème des marchés publics.
Ils seront dix par commission, dix députés du pouvoir et de l’opposition et ils auront 60 jours pour enquêter. C’est le Burkindi, le Réseau des parlementaires engagés dans la lutte contre la corruption, qui a proposé la création de ces deux commissions. Elles auront le champ libre, assure le coordinateur de Burkindi, Dieudonné Maurice Bonanet, député du parti au pouvoir le CDP.
« Nous avons cité par exemple le marché du palais de la culture de Bobo-Dioulasso. Donc vous voyez, cela concerne les marchés dans le secteur des travaux publics : les bâtiments, les routes. Il y a eu des défaillances. Dans quelles conditions ces marchés ont été passés ? Par exemple, dans les moustiquaires, on devait livrer tant de moustiquaires, il y a eu tel et tel attributaire, est ce que chacun a bien livré ce qu’il devait ? La commission va faire des investigations sur tout cela. La commission n’aura pas de limite à ses enquêtes, personne ne sera protégé. Et après ses investigations, elle formulera des propositions et des recommandations où les conclusions pourront même aboutir à des procédures judiciaires ».
Spécialiste de la lutte anticorruption, Blaise Sondo, le secrétaire exécutif du réseau Ren-Lac, une organisation qui vise à analyser les mécanismes de répression pénale des cas de mauvaise gestion et de corruption, salue cette initiative de l’Assemblée nationale « c’est un plus mais attention, ajoute-t-il, à ce que les recommandations ne restent pas dans les tiroirs, comme on l’a trop souvent vu dans le passé ».
RFI




