Le gouvernement burkinabè a pris prestement des mesures pour faire face à une éventuelle crise alimentaire suite au déficit céréalier annoncé, en mobilisant 6 milliards de FCFA afin de diriger le surplus des zones excédentaires vers les 146 communes en déficit, a annoncé le ministre de l’Agriculture, Laurent Sédogo.
Selon les estimations, 41% de la population burkinabè s’expose à long terme à une crise alimentaire, d’où une réaction prompte du gouvernement de Luc Adolphe Tiao.
Pour réussir cette péréquation, le ministre Sédogo a déjà réuni lundi à Bobo Dioulasso, gouverneurs, hauts commissaires et maires des régions non déficitaires, notamment les Hauts-Bassins, la Boucle du Mouhoun, le Sud-Ouest, le Centre-Ouest et les Cascades. Il s’agit de leur donner idée de la stratégie du gouvernement visant à abriter les populations des zones déficitaires.
La première étape consistera à acheter ‘’au prix du marché’’ le mil, le maïs, le sorgho et le riz. La prochaine étape, selon le ministre Sédogo, consistera à recruter des collecteurs, chargés d’acheter et d’acheminer les céréales vers les régions déficitaires.
Par cette politique interventionniste, le gouvernement entend protéger le consommateur de la spéculation inhérente à la loi du marché. ‘’La loi du marché est impitoyable. Si nous laissons le marché agir, ce sera une catastrophe généralisée’’, a fait savoir le ministre.
Dans sa démarche, le gouvernement compte impliquer la Société nationale de gestion des stocks de sécurité (SONAGES), les collectivités territoriales, les structures déconcentrées des ministères de l’Agriculture, de l’Economie et Finances, et du Commerce.
Un autre volet de la gestion du déficit céréalier consiste à encourager et à soutenir la production irriguée dans l’espoir d’atteindre 980 mille tonnes de culture de saison sèche. Dans cette perspective, l’accent sera mis sur une variété de maïs amélioré baptisée ‘’Bondofa’’, d’un rendement de 7 tonnes à l’hectare. Selon le ministre de l’Agriculture, 9.000 hectares seront emblavés dans l’attente de 50.000 tonnes de Bondofa.
La production céréalière nationale définitive de la campagne agricole 2010-2011 était de 4,56 millions de tonnes. Les performances provisoires de cette campagne sont de 3,8 millions de tonnes, soit une baisse de 16%.
En détail, la production du mil enregistre une baisse de 21% par rapport à la campagne écoulée, celle du sorgho une baisse de 7%, et celle du maïs une chute de 12%. Seul le riz connaît une légère hausse, soit 2% de plus que la quantité de la saison 2010-2011.
Les 146 communes (sur 351) menacées de crise alimentaire se situent dans les régions de l’Est, du Centre-Est, du Sahel, du Centre-Nord, du Centre, du Plateau central, de la Boucle du Mouhoun, du Nord, du Centre-Ouest et du Centre-Sud.
Les résultats définitifs de la campagne sont attendus en février 2012.
CK/cat/APA




