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Bagré, la zone qui va créer près de 30.000 emplois d’ici à 2017

La journée du vendredi 11 novembre 2011, n’a pas été de tout repos pour le Chef du gouvernement Luc Adolphe Tiao et ses 12 ministres. Durant 7 heures d’horloge, Le Premier ministre Tiao a visité entre autres le Centre d’élevage piscicole de Bagré, la centrale hydro-électrique de Bagré et le Centre éco-touristique de la même zone. Sa première destination fut le Centre d’élevage piscicole où le coordonnateur du projet Idrissa Barry, a expliqué que le centre a été initié avec les engagements nationaux et placé sous la tutelle du Ministère en charge de l’agriculture. Il a précisé que le Centre d’élevage piscicole produit des aliments pour poissons, des poissons marchands et des alevins pour l’empoissonnement des retenues d’eaux. Soutenu par la Chine Taïwan jusqu’en 2010 avant d’être rétrocédé à l’Etat, M. Barry a fait savoir que pour les trois trimestres de 2011, le Centre a généré des recettes d’environs 34 millions de FCFA au profit du trésor public. « Nous avons produit 95t d’aliments pour poissons, près de 370.000 unités de tilapia, près de 32t de poissons marchands », a-t-elle ajouté. Toutefois, malgré ces résultats intéressants, le Coordonateur a indiqué que le Centre a un potentiel qui mérite que l’Etat investisse davantage dans le projet. Pour cela, il a souhaité que l’Etat accorde non seulement une autonomie de gestion à son Centre, mais aussi qu’un centre de formation professionnel en aquaculture soit créé dans la zone. « Ceci va permettre de former les jeunes, de faire des recyclages et des formations continues au profit des agents car l’aquaculture est un domaine très porteur », a-t-il soutenu. Après le mini-cours sur la pisciculture, la délégation gouvernementale s’est dirigée vers une zone exploitée par un investisseur privé dénommée Pro-agro. Le représentant du promoteur, Julien Yaméogo a affirmé qu’on y produit des pommes de terre sur 32 ha. Il a estimé la récolte attendue pour cette année 2011 à un peu plus de 3500 tonnes. Par la suite la délégation a mis le cap sur une parcelle de démonstration de bonnes pratiques rizicoles. L’ingénieur agronome, Ali Ouédraogo, a expliqué que c’est un projet d’appui de la fondation Syngenta pour une filière agricole africaine durable. Il a fait savoir que la particularité de cette zone rizicole est l’introduction d’une technologie qui consiste à apportée l’urée en un seul trait, alors que la pratique courante était de faire trois épandages. « L’avantage est que sur le plan économique, le producteur gagne car nous n’utilisons que 168 kg contre 200 kg que les producteurs utilisent avec l’urée classique. Deuxièmement, sur le plan environnemental, le fait qu’on réduise la quantité de l’urée permet de protéger l’environnement. Actuellement, le rendement moyen est de 6 à 7 tonnes par ha alors qu’habituellement, le rendement moyen est e 4,5 à 5 tonnes par ha », a-t-il déclaré.

Ces femmes qui font des merveilles à Bagré

L’une des scènes qui a vraiment marqué la délégation gouvernementale constitue ces vingtaines de femmes qui étaient en activité au Centre d’étuvage de riz de l’Union Conannet de Bagré. D’ailleurs plusieurs membres du gouvernement n’ont pas manqué de s’approvisionner en riz produit par ces braves femmes, le Premier ministre en tête. Par la suite, le chef du gouvernement Luc Adolphe Tiao, s’est rendu au barrage et à la centrale hydroélectrique de Bagré. Le barrage a une capacité de 1,7 milliards de mètre cube d’eau, des canaux primaires d’irrigation en béton d’une longueur totale de 46 km, des aménagements hydroagricoles en aval du barrage de 3 380 ha exploités en mode paysannat pour la riziculture, l’aménagement de 63 ha de périmètre maraîcher irrigué villageois. Quand aux Infrastructures hydroélectriques, elles comprennent notamment une centrale hydroélectrique de 16 MV, la couverture électrique de la zone exploitée, le transport de lignes électriques dans les 23 villages/périmètres. La visite s’est terminée au centre écotouristique où Luc Adolphe Tiao a eu des échanges francs avec les populations sur le projet pôle de croissance de Bagré. Selon le Premier ministre Tiao, depuis novembre 2010, la maîtrise d’ouvrage de Bagré (MOB), a évolué au projet pôle de croissance de Bagré qui est l’un des piliers de la Stratégie de croissance accélérée et de développement durable. « Le projet va permettre d’ici à 2017 de faire des réalisations grandioses. Il s’agit de créer 30.000 emplois environs, d’attirer de nombreux investisseurs dans le domaine agro-pastoral, hydraulique, piscicole, dans le commerce général et dans l’industrie », a-t-il indiqué. Tout cela de son avis, va entrainer une grande émulation qui va permettre d’accroître sensiblement la production agricole du pays. Il a fait savoir que le projet est financé au 2 /3 par la Banque mondiale et également par l’Etat et le secteur privé. Cependant, il se dit convaincu que si les populations ne sont pas impliquées, le projet ne réussira jamais. C’est pourquoi, il a tenu à rencontrer les acteurs impliqués dans ce projet. A l’issue des échanges, il s’est dit satisfait car il a remarqué qu’il ya un enthousiasme de la part des acteurs locaux. Il a profité de l’occasion pour rassurer la population que contrairement à ce que certaines personnes avancent, le projet n’est pas venu pour exproprier les populations locales de leurs terres. Au contraire, il a précisé que Le projet viendra appuyer les petits exploitants pour leur permettre de rentabiliser davantage leurs exportations. « Il est vrai que nous aurons des investisseurs intermédiaires et des gros investisseurs qui nous ferait de l’agrobusiness de grande envergure et qui va employer beaucoup de personnes, mais toutes ces activités se feront en concertation avec la population », a-t-il dit. Il se dit donc persuadé que d’ici à 2017, la physionomie de la zone va changer.

Raphaël KAFANDO, sidwaya.bf

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