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UNPCB : Après la crise, le ménage

Le président de l’Union nationale
des producteurs de coton
(UNPCB), Karim Traoré fait le
ménage autour de lui. La plupart
des cadres de la cellule
technique, chargée de l’encadrement et de
la formation ont été relevés de leurs postes
de responsabilité et mutés loin du siège à
Bobo. C’est ainsi que certains se sont
retrouvés dans des localités où aucune
activité ne correspond à leur profil. Ils se
retrouvent ainsi sous employés ou
simplement à la retraite anticipée. Ces
agents ne sont jamais conviés aux
rencontres de la structure alors qu’ils sont
des salariés du projet de renforcement des
capacités de la filière coton financé par la
Banque mondiale. Le coordonnateur dudit
projet a été lui-même relevé de ses
fonctions et affecté à l’antenne de l’Est.

Tous ces cadres sont suspectés de
connivence avec l’ex président François
Traoré. Ils auraient pris fait et cause pour
l’équipe sortante. Certains n’ont jamais
apprécié le processus de mise en place de
ce bureau. « Karim dès sa prise de
fonction a été clair, il a réuni les cadres
pour leur faire dire qu’il sait que ces
derniers le taxent d’être l’homme de la
Sofitex. » L’équipe de François Traoré est
quant à elle accusée d’être le cerveau de la
fronde des cotonculteurs. A la suite de la
crise qui a secoué la filière coton au
Burkina, le président de l’UNPCB cherche
des appuis. Mais il est également frileux et
se méfie des collaborateurs qui font la
critique. C’est d’abord au sein de sa
maison qu’il constitue une équipe
entièrement dévouée et dont la loyauté et
le soutien se sont manifestés pendant cette
crise. Une crise qui a véritablement
ébranlé le président. Karim Traoré a
récompensé ses soutiens et poursuivi les
sanctions à l’encontre du personnel
soupçonné «d’intelligence avec
l’ennemi». Dans cette atmosphère, des
cadres ont effectivement été mis à la
touche. Les activités de la cellule n’ont pas
été suivies et appuyées convenablement.

Pour un projet de cinq ans, avec un coût
s’élevant à 40 milliards de f cfa, l’UNPCB
a utilisé 35% du budget du projet au cours
des quatre années de son exécution.

Certains pensent que la politique qui régit
actuellement la structure ne permet pas la
mise en place des activités répondant aux
conditions exigées par les bailleurs de
fonds. Déjà au temps fort de la crise, les
producteurs ne comprenaient pas
pourquoi, Karim Traoré veut nier
l’évidence. Son bureau aurait été composé
par la Sofitex et imposé aux producteurs.

Depuis le renouvellement des bureaux des
groupements de producteurs aux bureaux
des unions, c’est la Sofitex qui a mis en
place des hommes acquis à sa cause. Les
proches de François Traoré ou les
personnes qui ne sont pas acquises sont
évincées. Après le départ de François
Traoré, l’assemblée générale et les
techniciens avaient recommandé le
renouvellement au tiers de l’équipe
sortante. Ce qui éviterait le départ de
toutes les personnes expériences. La
Sofitex a opposé un refus catégorique. Le
responsable du développement de la filière
George Yaméogo a exigé le départ de toute
l’équipe de François Traoré. Le directeur
Celestin Tiendrébeogo savait bien ce qu’il
faisait. François Traoré ne voulait plus
prendre des décisions au niveau de la
Sofitex, il demandait l’indépendance de sa
structure. L’UNPCB n’était plus une
structure des producteurs, mais un moyen
pour les sociétés cotonnières afin de
mieux maîtriser et imposer leur volonté
aux producteurs de coton. Toute velléité
d’indépendance est vite étouffée.

Au lendemain de la chute de la
production cotonnière, Karim Traoré et
son équipe ont été traités d’incapables et
sommés de travailler pour le
redressement de la filière.

Abdoul Razac Napon

L’Evènement

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