Depuis le 1er décembre 2009, les consommateurs ont remarqué une augmentation sur les coûts des boissons gazeuses et de la bière. Certains accusaient les Brasseries du Burkina (Brakina) de faire une spéculation à l’approche des fêtes de fin d’année. Ce que réfute Marc Pozmentier, le directeur général de la société, qui donne des explications sur cette hausse de prix que les consommateurs ont pu constater.
Fasozine.com: Les prix des boissons, notamment ceux de la bière ont augmenté, qu’en est-il exactement au niveau de la Brakina ?
Marc Pozmentier: Seuls les prix des boissons gazeuses, notamment la gamme Youki, Coca Cola, Fanta et Sprite ont augmenté. Il faut savoir qu’il n’y a pas eu d’augmentation sur ces produits depuis février 2003, alors que depuis cette date, il y a eu la vie chère, et une hausse générale des prix. C’est le cas du sucre, qui, depuis le 1er janvier 2009, a subit 93% d’augmentation sur le cours mondial, pour ne prendre que cet exemple qui est le plus parlant pour l’ensemble des consommateurs, parce qu’ils le vivent au quotidien. Cela a des répercussions non négligeables sur nos coûts de fabrication et à un moment donné, nous sommes malheureusement obligés de le répercuter sur nos produits.
Est-ce uniquement le coût élevé du sucre qui justifie cette augmentation ou y a-t-il d’autres raisons ?
Le sucre fait partie intégrante des boissons gazeuses, et constitue une grande partie du coût de revient du produit. Il y a aussi l’historique parce que cela fera bientôt sept ans que le sucre, l’énergie, l’ensemble du coût de la vie ont augmenté. On se retrouve dans une situation telle que si on veut poursuivre notre politique d’investissement visant à améliorer la qualité de travail et à maintenir la qualité parfaite de nos produits, il nous faut des moyens donc des marges.
La hausse générale des prix a commencé il y a déjà quelques années. Pourquoi c’est maintenant que la Brakina décide d’augmenter le prix de certains de ses produits ?
Parce que nous sommes arrivés à un point critique. Nous avons maintenu, autant que nous le pouvions, les prix qui étaient pratiqués jusqu’au matin du 1er décembre 2009. Mais à un moment donné, nous sommes arrivés à une limite que nous ne pouvions plus franchir sans mettre la stabilité de l’entreprise en péril, et mettre en danger la pérennité de notre société et de l’ensemble des acteurs qui travaillent directement ou indirectement avec nous. A ce moment, il faut bien prendre une décision. Et elle avait été prise pour décembre, raison pour laquelle cela a été fait.
De combien ont augmenté ces boissons gazeuses ?
Il faut compter 50 francs CFA par bouteille.
Pourtant en faisant le tour des bars et maquis, on se rend compte que les prix ont bel et bien augmenté depuis hier, y compris ceux de la bière. Est- ce le fait des spéculateurs ?
Malheureusement il y a toujours des gens mal intentionnés dans ce genre de situation. Le Burkina fait partie des pays qui, à juste titre, ont libéralisé les prix sur le marché. Chacun est donc libre de faire ce qu’il veut. Mais le consommateur est aussi libre de choisir son point de vente ou son bar. Aujourd’hui, les recommandations et les prix conseillés par la Société de distribution de boissons (Sodibo) sont de 50 francs CFA supplémentaires sur les coûts habituels des boissons gazeuses. C’est donc aux consommateurs de fuir les établissements qui ne tiennent pas compte de ces prix conseillés. Il y a suffisamment de bars et de maquis pour leur permettre d’aller là où les prix sont raisonnables.
Et pour ce qui concerne le prix de la bière ?
Pour la précision, il n’y a pas eu d’augmentation en tant que tel sur le prix de la bière, il y a simplement eu une nouvelle segmentation marketing que nous avons voulu plus cohérente. Cette nouvelle segmentation va nous permettre d’élargir notre offre afin d’apporter plus de choix aux consommateurs BURKINABE. Je demande aux consommateurs de bien s’en assurer, car le prix de la Sobbra, qui est la bière historique du Burkina et la plus consommée dans le pays, n’a pas augmenté, cette bière n’a pas été touchée. La bouteille de Brakina a subi un petit relookage que tout le monde a déjà constaté dans les maquis. On est en train de la rendre plus belle et plus attrayante. Les consommateurs doivent s’assurer que la Sobbra n’a pas bougé. La Brakina aura un petit décrochage d’à peu près 50 francs CFA par rapport à la Sobbra, ce qui n’était pas le cas jusqu’à maintenant.
Pouvez-vous être un peu plus précis sur cette nouvelle segmentation dont vous parlez ?
Vous savez que la Brakina et la Sobbra, étaient deux bières d’entrée de gamme, positionnées sur le même tarif et qui, aujourd’hui, sont légèrement décrochées pour des raisons que j’ai expliquées tout à l’heure. C’est une stratégie marketing voulue par l’ensemble du groupe dans toute l’Afrique où nous avons revu toute la stratégie de positionnement des marques. Nous allons pouvoir retravailler le développement de notre offre pour mieux répondre aux attentes des consommateurs qui veulent de la nouveauté. Ils nous l’ont prouvé avec Beaufort qui a été lancé il y a un an, et qui fait aujourd’hui partie intégrante du paysage Burkinabè. Nous nous en félicitons et nous remercions l’ensemble des consommateurs.
L’année dernière, il y a également eu une augmentation à l’approche des fêtes de fin d’année…
L’année dernière, nous avions malheureusement été obligés d’augmenter le prix des bières, mais nous n’avons pas touché aux boissons gazeuses. Ce n’était pas voulu parce qu’on ne s’attendait pas à ce que le sucre fasse un tel bond sur le marché en cette année 2009. Autrement, nous aurions augmenté tous les prix l’année dernière, et éviter ainsi des malentendus, de la désinformation en cette période de fête. En 2008 nous avons augmenté seulement le prix de nos bières à cause de l’envolée des coûts des matières premières, particulièrement du malt qui est la principale matière première servant à la fabrication de la bière, et qui avait subi 45 à 50% de hausse dans le courant 2008. Nous étions obligés de rectifier les prix pour nous permettre d’assurer notre politique d’investissement qui est aussi aujourd’hui, je pense, assez dynamique. Sur cinq ans, la Brakina-Sodibo a investi environ 25 milliards de francs CFA, dont 80% dans l’outil de production ce qui n’est pas rien.
En somme l’augmentation n’est pas liée aux fêtes de fin d’année ?
Non, je tiens à rassurer tout le monde, elle n’est pas due aux fêtes de fin d’année. Nous n’agissons pas comme certains commerçants qui profitent de l’approche du Ramadan ou des périodes un peu chargées pour faire des augmentations. A ce jour, la politique du groupe, c’était de faire une augmentation à partir du 1er décembre sur l’ensemble du territoire. Nous ne sommes pas d’ailleurs le seul territoire de la sous région à été obligé de faire cela.
Source : fasozine.com




