lundi, octobre 5, 2026
Google search engine
AccueilActualitéDéclaration de Politique Générale : Une croissance de 10% pour bâtir une...

Déclaration de Politique Générale : Une croissance de 10% pour bâtir une économie solide

Le Premier ministre, Luc Adolphe Tiao (LAT), a affiché devant le Parlement, sa volonté d’œuvrer à l’essor de l’économie du Burkina Faso. Lors de son discours de politique générale, le jeudi 20 octobre 2011, il a fait le tour des différents maillons du secteur économique. Luc Adolphe Tiao note que l’économie burkinabè, malgré sa forte vulnérabilité aux chocs exogènes et aux aléas climatiques, s’est inscrite depuis près d’une décennie, dans une perspective de croissance régulière. Entre 2000 et 2010, son rythme de progression a été en moyenne de l’ordre de 5,2%. « C’est avec fierté, mais modestie que nous accueillons le classement de notre pays dans le dernier rapport de l’indice Ibrahim 2011 de la gouvernance africaine. Selon ce rapport, durant les cinq dernières années (2005-2010), la qualité de la gouvernance de notre pays s’est améliorée. Le Burkina se classe 6e sur les 16 pays de l’Afrique de l’Ouest et 19e sur 53 pays africains », a-t-il déclaré aux élus nationaux. Mais la poussée démographique de 3,1% menace les efforts si bien que malgré tout, « Le seuil de pauvreté qui est de 43,2% reste élevé », reconnaît Luc Adolphe Tiao.

Il faut donc trouver la solution. La Stratégie de croissance accélérée et de développement durable (SCADD) en est une, soutient le Premier ministre. Avec la SCADD, le gouvernement entend réaliser « une croissance de qualité, c’est-à-dire soucieuse de l’environnement, créatrice d’emplois et de revenus, en moyenne de 10% en termes réels du PIB par an d’ici à 2015, soit trois fois supérieur au rythme de progression de la population ». Et cela n’est pas impossible, souligne le chef du gouvernement. Concrètement l’équipe de LAT envisage diversifier, maîtriser les sources de croissance et corriger les faiblesses structurelles de l’économie burkinabè. Les efforts seront essentiellement mis sur des aspects précis de l’économie considérés comme étant des piliers porteurs de croissance. L’agriculture constitue la première priorité parce qu’elle occupe 80% de la population. Le développement agricole passe par la résolution de la question du foncier rural « par l’application effective de la politique de sécurisation foncière en milieu rural et de la stratégie nationale de gestion intégrée de la fertilité des sols ». La question foncière est aujourd’hui comparée à un volcan en sommeil au Burkina Faso. De grandes superficies qui étaient vierges, il y a quelques années de cela, seraient parcellées et attribuées aux puissants du moment dans les communes urbaines et rurales. Cela engendre des mécontentements qu’il faut résoudre.

Non à la spéculation foncière

L’annonce de la création de l’Agence nationale des terres rurales devant gérer les terres appartenant à l’Etat et aux collectivités territoriales a été faite. Cette mesure est à saluer. Autre mesure, l’option prise par le gouvernement de mettre en place une commission chargée de réfléchir et de soumettre des propositions pour la lutte contre la spéculation mais aussi les autres questions liées à l’exploitation foncière. Le chef du gouvernement a, en outre, annoncé toujours dans le secteur agricole, la tenue prochaine des états généraux afin de renforcer la dynamique des filières agricoles. Dans les cinq prochaines années, il est attendu la modernisation des exploitations par la mécanisation, le renforcement de la liaison recherche-production agricole. La création d’un environnement qui favorise l’émergence d’un entreprenariat agricole, technologique, la promotion d’une agriculture intensive sont également des mesures envisagées. L’accent sera par ailleurs mis sur les cultures irriguées afin qu’elles contribuent pour près de 50% à la production agricole à l’horizon 2015. On ne peut qu’encourager une telle option au regard des changements climatiques dont les effets sont de plus en plus constatés au pays des « Hommes intègres ». Les saisons pluvieuses devenant tardives et brèves, il faut trouver une alternative pour éviter la crise alimentaire. L’autre grand pilier sur lequel le gouvernement promet accentuer ses efforts est le secteur minier. Il est devenu le premier produit d’exportation du pays avec 62% des recettes d’exportation. Depuis 2003, le secteur connaît un réel boom avec la mise en œuvre du nouveau code minier jugé très attractif par les investisseurs. Il contribue à près de 8% au PIB. Il faut cependant que les retombées de ces mines profitent réellement aux populations. Que faire ? La trouvaille du gouvernement c’est finaliser la relecture du Code minier. Cette lecture fera dorénavant obligation à chaque société minière d’affecter un pourcentage de ses profits en faveur des projets de développement durable destinés aux populations environnantes.

Les exploitants miniers devront par ailleurs employer de nombreux cadres burkinabè dans leurs sociétés. Beaucoup de Burkinabè applaudiront des deux mains si ces mesures venaient à être effectives. Comme le dit un proverbe de chez nous « lorsque la maman frit des sauterelles, son enfant ne peut pas se contenter de mini fretins ». Le sous-sol burkinabè est riche et il faut que les filles et fils du pays en profitent. Outre les secteurs agricole et minier, le chef du gouvernement a indiqué aux députés et au peuple burkinabè que les infrastructures de désenclavement, les transports, les Technologies de l’information et de la communication (TIC), l’énergie, l’urbanisation, l’eau potable ou l’assainissement ne seront pas en reste. Ils bénéficieront tous d’une attention particulière. Pour transformer ces importantes mesures en réalité, il faut trouver les moyens. Le coût global de la SCADD est évalué à 7496,2 milliards de FCFA.

Le Burkina devra trouver environ 1500 milliards de FCFA chaque année pour concrétiser le contenu du discours de politique générale présenté par le Premier ministre Tiao. Actuellement, notre capacité moyenne annuelle de financement est de 949,48 milliards de FCFA. Mais à cœur vaillant rien d’impossible. Il suffit de le vouloir et de travailler à cela. Ne dit-on pas que qui veut peut ? LAT semble être engagé et il n’attend que la mobilisation et le soutien de tous.

Enok KINDO

RELATED ARTICLES
- Advertisment -
Google search engine

Most Popular