La Société burkinabè des fibres textiles (SOFITEX) et la firme américaine Monsanto ont effectué, le mercredi 19 octobre 2011, une visite de parcelles de coton génétiquement modifié (CGM), BG II. Lors de cette journée de démonstration, qui a permis de voir le développement de cette variété mis au point et vulgarisé par la firme depuis trois ans, les deux structures ont également promis de revoir à la baisse, le prix de la semence.
Depuis trois campagnes agricoles, le Coton génétiquement modifié (CGM) appelé Bollgard II (BG II), signifiant la 2e toxine, gardien des capsules en anglais, est en chantier au Burkina Faso. La vulgarisation de ce coton mis au point par la firme américaine Monsanto, a connu à ses débuts, des fortunes diverses dans les différentes zones cotonnières. A entendre les responsables de la Société burkinabè des fibres textiles (SOFITEX), son exploitation s’étend au fil des années, avec une augmentation considérable des superficies emblavées à cet effet. Le département de Bama qui a séduit la nationale des fibres textiles dans la production de cette technologie, a reçu une de ses délégations pour faire le constat de son évolution sur les parcelles. En plus des partenaires de la recherche de la SOFITEX, ce sont plus d’une centaine de cotonculteurs qui sont venus des régions cotonnières de Dédougou et de Banfora pour s’inspirer de l’exemple des producteurs du département de Bama, à l’occasion de cette journée de démonstration CGM, BG II. Dans le village de Natema donc, le champ de Louka Sanou, du Groupement professionnel de coton (GPC) Benkadi, les a accueillis en premier. Avec une exploitation de 10,35 ha consacrée à cette spéculation, sa parcelle a forcé l’admiration. Déjà au stade d’éclosion des capsules, il dit avoir respecté tous les consignes et conseils des techniciens de la SOFITEX. Après un tour de « sa réussite », les visiteurs ont touché du doigt la culture de Augustin Sanou, un autre producteur dans le village de Sangoulema qui a utilisé 20 charrettées de fumure organique par hectare. Sur 20 ha emblavés, il a séparément cultivé un hectare du CGM sur lequel il a appliqué le KCL, un nouvel engrais de la SOFITEX. Riche en chlorure de potassium, le KCL qui est à son année d’essai, s’applique en même temps que l’urée. Son seul hectare de cette expérimentation donne à voir une grande différence avec les 19 autres hectares de son champ. Tandis que les feuilles des autres cotonniers ont séché, celles de l’hectare ayant reçu le KCL sont toujours vertes. La seconde phase de la journée a été les échanges entre les différents acteurs, tenue dans le village de Sangoulema. Durant plus de deux heures, la SOFITEX, les représentants de Monsanto et celui de l’INERA ont répondu aux préoccupations des cotonculteurs dans leur ensemble. En plus des témoignages, des procédés des deux cotonculteurs à l’honneur ce jour, Louka et Augustin Sanou, il s’est essentiellement agi du manque de charrettes pour transporter la fumure organique dans les champs, des attaques parasitaires du cotonnier, de l’application ou non de l’engrais et des insecticides sur les CGM et surtout, de la cherté des semences. Les cotonculteurs qui se sont dit impressionnés par les champs visités, ont reconnu les avantages de la culture du coton. A entendre le chef de la mission, François Séogo, par ailleurs chef de la zone cotonnière de Bobo, la SOFITEX n’a pas autorisation de prêter de l’argent pour l’achat de charrettes. Il ajoutera que les banques qui pouvaient le faire se sont également aperçues que l’argent est utilisé à d’autres fins. A propos de la qualité des semences, le directeur de Monsanto pour l’Afrique de l’Ouest chargé des affaires publiques et la réglementation, le Dr Doulaye Traoré, les a rassurés qu’une fois informé du problème, Monsanto a fait venir des machines qui pourront produire des semences de meilleure qualité. Quant à la cherté des semences, le chef de la zone de Bobo a rappelé les efforts communs de la SOFITEX et de Monsanto, qui vendent le sac de 20 kg à 27 000 F CFA, prix auquel était vendu le sac de 10 kg. Les représentants des deux structures ont toutefois promis aux cotonculteurs de revoir à la baisse les prix des semences, après concertation. Ils ont au final exprimé leur entière satisfaction de cette journée de démonstration.
Jean-Marie TOE
Sidwaya




