Elle est privilégiée par les industriels pour son faible coût par rapport aux autres huiles végétales : soja, colza, arachide. On trouve l’huile de palme dans les margarines, les chocolats, les bonbons, les céréales, les brioches ou encore les shampoings. Mais cette huile dont les qualités chimiques sont appréciées par les industriels suscite de la méfiance depuis quelques années, pour l’impact négatif du développement des plantations de palmiers à huile sur l’environnement ou pour sa nocivité lorsqu’on la consomme de manière régulière pendant plusieurs années.
Le développement des plantations de palmiers à huile est à l’origine d’une déforestation massive en Indonésie et en Malaisie, les deux premiers producteurs mondiaux. Chacun des deux pays asiatiques pèse environ 20 fois la production du Nigeria ou près de 50 fois celle de la Côte d’Ivoire, qui occupe le 8e rang mondial avec plus de 300 000 tonnes.
La filière du palmier à huile fait vivre directement ou indirectement plus de deux millions de personnes en Côte d’Ivoire. Le pays possède une palmeraie vieille d’un demi-siècle, composée de 65% de plantations villageoises, 31% de plantations industrielles et 4% de plantations traditionnelles. Les professionnels du secteur se défendent de détruire la forêt primaire au profit du palmier à huile, comme c’est le cas depuis plusieurs années en Indonésie, en Malaisie et en Thaïlande. Villageois et industriels du sud-ouest et du sud-est ivoiriens procèdent en ce moment au renouvellement des palmiers des friches existantes. Leur objectif : augmenter la rentabilité, afin de rattraper, voire dépasser, celle des pays asiatiques. Elle est aujourd’hui de quatre tonnes d’huile de palme par héctare en Côte d’Ivoire contre sept à neuf en Asie du Sud-Est.
L’huile de palme ivoirienne est essentiellement écoulée sur le marché intérieur et en en Afrique de l’Ouest. Elle est moins présente sur le marché international. Parce que la demande dans le pays et dans la sous-région reste forte. Cette forte demande et la faible production par rapport aux géants du sud-est asiatique, font que l’huile de palme ivoirienne pénètre difficilement les principales zones d’importations que sont l’Europe, l’Inde et la Chine. Et sur le marché interne et sous-régional, elle subit une concurrence sauvage des huiles importées frauduleusement.
RFI




