Le sommet extraordinaire de la Cedeao convoqué par le Président Goodluck Jonathan pour statuer sur la désignation du successeur de M. Ibns Chambas à la tête de la Commission de la Cedeao s’est achevé hier 18 octobre 2011 à Abuja en queue de poisson. Le Burkinabè Blaise Compaoré a inventé des subterfuges pour s’opposer à la promotion de l’ancien patron de la diplomatie béninoise à ce poste. Face à cette situation qui a frisé le chaos, les Chefs d’Etat présents ont mandaté le Président Goodluck Jonathan pour qu’il réussisse à faire entendre raison aux deux pays qui se disputent ce fauteuil.
Comme cela avait été prédit par certains politologues et observateurs de la vie politique nationale, la succession de M. Ibns Chambas à la tête de la Commission de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) ne sera pas une partie de plaisir. Hier à Abuja, les Chefs des Etats membres de cette Communauté qui se sont retrouvés autour du Président Goodluck Jonathan n’ont pas pu accorder leurs violons autour de l’unique point inscrit à l’ordre du jour et qui est relatif à l’attribution des postes statutaires au sein des instances de cet organisme sous-régional. Alors que le Bénin pensait avoir gagné le pari en réussissant à rallier à sa cause plusieurs Chefs d’Etat, le Burkina-Faso encore connu sous l’éponyme de pays d’hommes intègres a sorti son Joker.
Contrairement à ce que beaucoup espéraient de ce sommet, le Président Burkinabé s’est royalement insurgé contre le choix qui a été porté sur le Bénin selon les critères empiriques pour occuper ce poste surtout qu’aucun de ses ressortissants ne préside aucune institution de la Cedeao. Plusieurs arguments qui malheureusement ne tiennent pas debout ont été avancés. Mais c’était sans compter avec la vigilance du Président Jonathan qui a choisi de renvoyer les deux pays concurrents à la concertation pour dégager un terrain d’entente.
Affissou Anonrin
Point du ministre Nassirou BAKO-ARIFARI
Nous venons des travaux de la session extraordinaire de la conférence des Chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO qui s’est tenue à Abuja au Nigéria ce mardi 18 octobre 2011.
Au cours du sommet il a été examiné le rapport du comité présidentiel mis en place par les Chefs d’Etat et présidé par le Président Sierra léonais.
Ce comité s’est réuni en Sierra Léone le 21 juin 2011 et en partant des critères définis à travers diverses résolutions de la conférence des Chefs d’état depuis 2006, a fait la classification des pays pour voir ceux qui peuvent occuper des postes au sein de la commission de la CEDEAO et de ses institutions.
Une série de critères ont été définis
– L’équité dans la répartition des postes
– La transparence des procédures de désignation
– La rotation sur la base des critères d’ordre alphabétique,
– La prévisibilité des successions
A tous ces critères, il faut ajouter le prélèvement communautaire de solidarité et le fait d’être à jour vis-à-vis de ses cotisations.
Tous ces critères cumulés sont remplis par le Bénin et logiquement, le comité présidentiel à proposé dans son rapport le Bénin pour occuper la présidence de la commission de la CEDEAO.
Le Burkina a fait une objection et dit qu’il y avait une entente qui lui donne le droit de tour pour occuper le poste.
Sommé d’en apporter la preuve, le Burkina n’en produit pas.
Afin d’éviter les contradictions et de ne pas recourir au vote la conférence des Chefs d’Etats et de gouvernement de la CEDEAO mandaté le président en exercice de la CEDEAO, de prendre contact avec les chefs d’Etat des deux pays en vue d’une solution négociée.
Par La Presse du Jour
Le Matinal




