lundi, octobre 5, 2026
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Forum économique France-Burkina – François Turcas, Président de la Confédération Générale des PME de France répond aux questions de Burkinapmepmi.com

Burkinapmepmi.com : L’actualité est dominée par la crise financière qui ne finit pas de se dissiper. Comment les PME françaises vivent la situation ? Comment se sont-elles organisées pour y faire face ? Ont-elles bénéficié du soutien de l’Etat ?

François Turcas, Président de la CGPME : La situation des PME françaises était bonne jusqu’à la fin juin et à partir de la fin juillet avec toutes les déclarations mondiales et surtout européennes, elles ont toutes commencé à perdre confiance. Aujourd’hui, c’est la rentrée après les vacances. Elles étaient parties en juin heureuses et confiantes dans l’avenir. Elles sont revenues moins confiantes et elles n’ont pas fait d’investissements. La situation n’est pas bonne. Malheureusement nous avions madame Christine Lagarde, qui disait que nous n’étions pas concernés au premier chef de ces phénomènes mondiaux. Quant elle est partie au FMI, elle a demandé à nos banques de recapitaliser leur trésorerie. Ensuite, vous savez très bien que Ball3 et Gines 2 ont de nouveaux ratios qui vont être appliqués aux banques automatiquement. Qu’est ce qui va être pénalisé ? Ce sont les PME et les PMI.

Notre confédération se bat justement pour qu’on trouve des solutions clémentes pour que les PME/PMI puissent avoir des solutions de trésorerie. Si on n’a pas de solutions de trésorerie d’ici la fin d’année, ce sera grave. La situation des PME en France est faite de perte de confiance et de manque de visibilité pour les commandes. On est dans un état d’attente qui n’est pas bon pour l’économie. Si on n’investit pas et on ne va pas de l’avant, on n’y arrivera pas.

BPME : Que fait l’Etat pour leur venir en aide ?

FT, CGPME : L’Etat essaie de soutenir, mais il n’y peut rien sur la frilosité des banques. Sarkozy était intervenu entre temps pour tancer les banques à nous soutenir et cela avait marché. Alors, cette fois ci j’espère qu’il le fera encore.

BPME : Comment voir l’avenir au regard du climat actuel des affaires ?

FT, CGPME : Nous sommes dans un avenir présidentiel et ce sera terrible car pendant un an jusqu’en avril prochain, tous les grands projets seront bloqués. Aujourd’hui, si personne ne sait si on est de gauche ou de droite et selon les politiques qui nous seront proposées, les gens vont attendre. L’avenir, je le vois normalement mais sans confiance et sans possibilité d’augmenter ce que nous faisons. On va gérer la crise jusqu’à nouvelle échéance. On aura un nouveau président et une nouvelle façon de travailler ou une continuité avec celui qui est là et avec de nouvelles mesures.

BPME : Parlons de votre structure, comment fonctionne-t-elle de façon pratique ? Comment travaillent les fédérations entre elles ?

FT, CGPME : La fédération des PME/PMIi est une organisation nationale, avec un président national. Je suis un président régional et départemental. Je fédère 10.000 chefs d’entreprises en région Rhônale et 3.500 sur le Rhône. Mon rôle est d’aider les entreprises dans la recherche de leur financements, quand elles ont des problèmes de banque, d‘impôts, des problèmes avec le tribunal de commerce. C’est mon rôle permanent. Pour cela, j’ai des élus. En France, il y a trois patronats : le grand patronat qui est le MEDEF, les PME/PMI constituées par la CGPME et les artisans constitués par l’UPA. Nous constituons les trois patronats susceptibles de répondre vis-à-vis du gouvernement. On représente une force considérable avec 1.500.000 entreprises. Cela fait huit millions de travailleurs et ce n’est pas mal.

BPME : Que dire de la fixation des prix en France ? Est-elle l’affaire de l’Etat ou du privé ?

FT, CGPME : La fixation des prix doit être régie par une réglementation mais nous sommes en même temps dans une démocratie libre et libérale. Quelque fois les grands groupes ou grandes surfaces se font rappelés à l’ordre, mais la plupart du temps les prix sont libres. Chacun fait un effort considérable, car il se rend compte que la France s’est appauvrie et que le pouvoir d’achat n’est plus celui qu’il était il y a quelques années. Donc s’ils veulent toujours du marché, ils doivent s’y adapter.

BPME : Dans nos pays en développement, on ne cesse de poser les problèmes de PME en termes d’accès au financement. Parlez nous des relations entre les institutions financières et les PME dans un pays développé comme la France ?

FT, CGPME : La banque ne refusera jamais de financer un bon projet. Lorsque les banquiers se rendent compte que votre projet est bon, ils vous prêtent. Il n’y a pas de culture de business angels en France, ni de culture des capitaux à risque. Aujourd’hui si vous investissez 50.000 Francs, vous les déduisez de vos impôts et cela a encouragé ceux qui avaient de l’argent à investir. Toutes ces initiatives qui sont proposées permettent aux entrepreneurs de s’auto-financer. Mais la France, contrairement à l’Allemagne a un déficit de trésorerie énorme. Nous n’avons pas suffisamment de trésorerie dans nos PME/PMI et c’est en cela que Christine Lagarde n’a pas tord quand elle dit de renforcer les trésoreries. Et c’est pour cela qu’on demande à l’Etat d’interpeller les banques pour qu’elles aient une oreille attentive pour ces PME/PMI.

BPME : Intéressons nous maintenant à votre mission à Ouagadougou. Qu’apportez-vous de concret ? Quelles peuvent en être les retombées pour les PME françaises et pour leurs vis-à-vis burkinabè à l’issue de ce forum économique ?

FT, CGPME : L’intérêt, c’est cet échange. C’est la première fois que la CGPME vient au Burkina Faso. Vous avez un Consul Général à Lyon très formidable et avec le chargé d’affaires de l’ambassade de France au Burkina, qui nous ont vraiment convaincu de participer à cette mission. J’avoue que nous n’avons pas été déçus. Aujourd’hui vous constatez que tout le monde ici est au travail. Et on espère avoir de bons partenariats avec les entreprises burkinabè. Pourquoi ? Vous savez que la région du Rhône est la première région française de sous traitance et elle est adaptée aux pays tout comme le Burkina qui est un pays à la manière de notre région. Le Burkina Faso est un tissu de PME/PMI. J’ai vu le rapport du vice président sur le développement de l’agriculture, sur le boom minier, la revalorisation du coton. Tous ceux-là sont des boîtes d’accès tout comme votre projet de construction d’un nouvel aéroport. Tout cela intéresse la France. Il y a beaucoup de choses à faire ensemble. Le Burkina Faso peut être un hub de formation, de maintenance, et d’autres possibilités… C’est pour moi un potentiel formidable et nous sommes dans le sujet.

BPME : Vous savez certainement qu’il existe au Burkina Faso, une fédération nationale des PME. Collaborez-vous avec elle ? Si oui, quels types de relations avez-vous tissez ou souhaiteriez vous avoir avec elle ?

FT, CGPME : Je n’ai pas encore vu le président. J’ai fait un communiqué pour le chercher. Il était là, mais comme on ne se connaissait pas et qu’il ne sait pas présenté, on n’a pas échangé. Je le regrette mais j’aurai souhaité avoir des relations suivies avec le patronat burkinabè.

Propos recueillis par Lucien Manzaba, pour Burkinapmepmi.com

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