La professionnalisation du secteur de la microfinance mobilise les acteurs du domaine de la sous-région ouest africaine. Une rencontre sous régionale se tient les 26 et 27 octobre 2009 à Ouagadougou sur le sujet. Il s’agit de l’atelier de partage des rapports intermédiaires de trois études menées dans les pays de l’Union économique et monétaire Ouest africaine (UEMOA) en rapport avec le Programme d’appui à la finance décentralisée (PRAFIDE). La restitution concerne l’axe n°2 du programme AFR/017, c’est-à-dire la promotion de secteurs financiers inclusifs dans la zone UEMOA. Les participants à l’atelier examinent donc les premiers résultats concrets du projet AFR/017. Premièrement, le guide méthodologique de contrôle interne au sein des Système financiers décentralisés (SFD), ensuite le guide méthodologique d’audit externe des SFD et enfin, le guide de transformation institutionnelle des SFD.
Le projet AFD/017, soutenu par le Luxembourg à hauteur de 12,3 milliards de francs CFA, vient en appui au PRAFIDE de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) dans les huit pays de l’UEMOA. Il a pour objectif de contribuer à adapter et à renforcer la supervision de la microfinance selon le nouveau cadre réglementaire de l’UEMOA. Le projet contribue également au renforcement des SFD dans la production et le contrôle de leur information financière avec le but d’améliorer la gestion et la maîtrise des risques de leurs encours. Les objectifs devraient aboutir, entre autres, à la vulgarisation d’un nouveau cadre juridique, à l’application de la loi permettant d’assainir la microfinance, à la structuration de la microfinance en secteurs et à l’autorégulation autour des Associations professionnelles des systèmes financiers décentralisés (APSFD).
Selon le directeur régional de Lux-développement, Igor Najnsztok, l’objectif spécifique n°2 à savoir : renforcer les SFD dans sa production et le contrôle de l’information financière, a été mis en place par l’agence luxembougeoise. Il a souligné que les résultats attendus à ce niveau sont le contrôle interne des SFD par la diffusion des méthodologies adaptées, les contrôles externes qualifiés réalisés selon les normes des autorités de contrôle, etc.
De son côté, le chargé d’affaires de l’ambassade du grand Duché de Luxembourg :au Burkina Faso, Rol Reiland, a reconnu que la microfinance, bien que pas très visible dans les appuis du pays, est devenue un pilier de la coopération luxembourgeoise en Afrique de Ouest.
« La coopération luxembourgeoise voit son rôle dans le domaine de la microfinance moins comme un investissement direct, mais plutôt comme un catalyseur en faveur du renforcement des capacités et de l’investissement privé dans les services financiers inclusifs », a précisé M. Reiland. Pour lui, les appuis de la coopération du Luxembourg comprennent aussi des soutiens aux autorités de régulation du secteur de la microfinance. Toute chose leur permettant de renforcer, de manière participative, les cadres législatifs et réglementaires et d’améliorer leur supervision et leur contrôle.
Pour sa part, Monleur Da, représentant du directeur national de la BCEAO pour le Burkina, a déclaré que le projet AFR/017 revêt une importance particulière pour la Banque centrale. Il a mentionné également que le 26 octobre 2009 restera une date mémorable pour le projet car selon lui, un an après son lancement officiel (le 4 novembre 2008 à Dakar), les acteurs se réunissent déjà pour examiner ses premiers résultats concrets.
Au moment où se déroule l’atelier de Ouagadougou, il se tient parallèlement à Lomé au Togo, le séminaire régional de validation des projets d’instruction de la nouvelle loi portant réglementions des SFD dans l’UEMOA. Cette rencontre a été rendue possible grâce aux ressources du Projet AFR/017.
Alban KINI
Source : sidwaya.bf




