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Gisement d’or de Kiaka : Un nouvel espoir pour le Burkina

« Volta Ressources INC », c’est le nom de la nouvelle société minière située dans la région du Centre-Sud. Les responsables de cette société, Guy Franceschi et Raphaël G. Zoungrana, respectivement vice-président à l’exploration et représentant national-gérant, donnent un aperçu du gisement d’or de Kiaka. Un gisement d’or qui pourrait, si son extraction et son exploitation devenaient une réalité, apporter au Burkina en général, et aux habitants de la région concernée en particulier, un plus sur le plan économique et en matière d’offre d’emplois. Selon les prévisions, plus de 3 millions d’onces d’or (plus de 90 tonnes) sont attendues de l’extraction des ressources minières de cette zone.

Les ressources minières au Burkina se révèlent de plus en plus intéressantes et cela est un signe encourageant et prometteur pour notre pays qui pourrait un jour se placer parmi les pays à grande capacité de production, d’exploitation et de commercialisation de ces ressources. Le sous-sol burkinabè regorge de métaux précieux disponibles à teneur appréciable et économiquement rentables. Il s’agit notamment du manganèse de Tambao et de Kiéré, de l’or de Pourra, d’Essakane, de Yalgo, de Arbinda et de Mana, de la bauxite de Kaya, du cuivre du Poni, du Ganzourgou, du Sanmatenga, du zinc de Perkoa. Un sous-sol potentiellement riche qui n’attend qu’une exploitation conséquente. Raison pour laquelle le Burkina bénéficie de l’intérêt constamment manifesté par des explorateurs et des exploitants miniers, tant sur le plan national qu’international, disposés à œuvrer dans cette activité pourvoyeuse d’emplois pour les riverains des sites d’extraction et génératrice de retombées économiques et sociales pour le Burkina tout en préservant l’environnement. A ces sites s’ajoutent la découverte de nouveaux gîtes économiquement exploitables au regard de la teneur élevée en minéraux. C’est le cas du gisement d’or du village de Kiaka, dans le département de Gogo, province du Zoundwéogo.

Un gisement à potentialités fort appréciables

L’exploration des ressources minières de Kiaka remonte à 2004. Conduite à l’époque par la société minière « Rand Gold », l’exploration du sous-sol de Kiaka a changé de main. Le gisement a été rétrocédé à « Volta Resources Inc » en 2009 et le processus de mise en valeur suit son cours. Pourquoi la société s’est-elle intéressée au gisement de Kiaka ? « Nous avons accepté prendre le site lorsque « Rand Gold » cherchait des repreneurs parce que nous avons vu que cette société avait eu de très bons résultats et que ce gisement représentait un potentiel bien appréciable. Nous y avons réalisé depuis septembre 2009, plus de 70 000 m de forages », a expliqué Guy Franceschi, vice-président de Volta Ressources. Puis d’ajouter que « dès l’acquisition de ce site d’or, nous avons immédiatement démarré des recherches qui ont montré que ce gisement figure parmi les plus grands gisements d’or jusque-là découverts au Burkina ». Quant aux données techniques, elles sont très révélatrices. Ces données indiquent que le gisement de Kiaka fait un corps unique d’environ 1,5 km de long sur 100 à 200 m de large, avec une profondeur dépassant 400 m. Les travaux de recherche ont débuté à Gogo et à ce jour, plus de 70 000 m de forages ont été exécutés dans le cadre des recherches pour bien circonscrire la zone qui contient le gisement à teneur exploitable et rentable. A en croire Guy Franceschi, la teneur de cet or pour l’instant est estimée à un peu plus de 1 g/t , soit 3 018 000 onces d’or dans la catégorie mesurée et indiquée et plus de 1 250 000 onces dans la catégorie inférée (c’est-à-dire dans une catégorie au niveau de certitude moins élevée). « Nous attendons des études de faisabilité, mais pour le moment, nous menons des études sur l’impact environnemental et social. Par conséquent, nous sommes en voie de développer petit à petit ce gisement. Nous prévoyons les études de préfaisabilité et de faisabilité à partir du mois d’octobre et nous pensons terminer cette phase entre fin 2012, début 2013 « , a confié le géologue Franceschi. « Volta Ressources Inc », sur la base de ces études, entend soumettre aux autorités burkinabè une demande de permis d’exploiter le gisement. Toutefois, ce permis ne lui sera délivré par le Burkina qu’après les études de faisabilité et d’exploitation terminées et plausibles. L’acquisition de ce permis est assortie bien entendu d’un cahier des charges posant les conditions idoines d’ exploitation pour ¬un partenariat « gagnant-gagnant » pour les parties prenantes que sont l’Etat burkinabè et la société « Volta Resources Inc ».

Maîtriser l’impact environnemental pour une exploitation saine

L’impact sur l’environnement et sur les populations de la localité dans la mise en valeur de ce projet préoccupent les promoteurs de ce site. Guy Franceschi affirme que des études sont en cours de réalisation avec les autorités locales et les populations concernées, pour intégrer tous ces aspects dans le plan d’exploitation de la zone aurifère. A cet effet, la mise en place d’infrastructures sociales est en étude. Il s’agit notamment de la construction d’un dispensaire. Un forage d’eau est déjà disponible et une pépinière villageoise est en cours de réalisation. Pour ce qui est des dispositions prises auprès des autorités centrales burkinabè pour l’exploitation de l’or de Kiaka, le représentant national et gérant de la société, Raphaël G. Zoungrana, souligne que les contacts ont été établis entre toutes les parties ministérielles en charge du territoire, des mines, de l’environnement… Pour lui, des rapports d’activités sont régulièrement communiqués au ministère des Mines, des carrières et de l’énergie, sans compter les réunions périodiques d’information avec les services de ce ministère. Pour l’impact négatif sur l’environnement, M. Zoungrana rassure : « Nous avons un représentant du ministère de l’Environnement et du Développement durable (MEDD) sur place dans le Zoundwéogo, avec qui, la société travaille en synergie sur l’impact que la présence de « Volta Ressources Inc » pourrait avoir sur l’environnement ». Mais selon le gérant Zoungrana, au stade actuel des activités sur Kiaka, « il y a très peu d’impacts de l’envergure de la coupe des arbres, des percées désordonnées et excessives de trous, de l’utilisation de produits chimiques nocifs à l’environnement. Nous avons plutôt réalisé des forages qui n’ont pas un impact sur l’environnement ».

Une collaboration étroite pour la promotion des compétences locales

Outre ces dispositions, Raphaël Zoungrana explique que les autorités de la localité dont le gouverneur, le haut-commissaire, le préfet, le maire ont été contactées afin d’être impliquées dans ce que la société entreprendra comme travaux à Kiaka : « Nous avons, avec le maire, expliqué aux personnes ressources ce que nous sommes venus faire, ce que nous attendons de nos actions. Aujourd’hui, nous pouvons dire que toutes ces couches se sont appropriées le projet. Ce qu’elles nous demandent, c’est d’être informées et aidées à améliorer leurs conditions de vie. Pour ce faire, nous avons décidé que tous les achats de matériels ou d’aliments, nous les ferons obligatoirement sur le marché local. Par exemple, la mairie de Gogo avait fait un lotissement mais n’avait pas ouvert les voies. Nous sommes alors intervenus pour apporter notre contribution en engageant un spécialiste en la matière pour un tracé des voies communales. Ce qui nous a valu les remerciements de la commune ». Il précise que la société dont il est le gérant emploie de nos jours environ 105 personnes et entend donner sa confiance aux compétences locales. « C’est pourquoi chez nous à « Volta Resources Inc », vous n’avez pas d’expatriés résidents. Toutes nos compétences sont nationales. Ce qu’on ne trouve peut-être pas ailleurs, quand bien même, elle a, pour un complément d’effectif, fait appel à trois géologues ghanéens qui travaillent actuellement sur le site ». « Volta Resources Inc » est une société canadienne, basée à Toronto. Elle mène ses travaux au Ghana, au Mali et au Burkina. Dans notre pays, Elle est en train d’exécuter, en plus du projet de Kiaka, quatre (04) autres actions que sont les projets de Gaoua (cuivre), Nassara (or), et Kampti (or) dans la province du Poni et celui de Titao (or) dans le Loroum. Elle a débuté ses services sous la dénomination de Went-¬Word Gold en 2002 au Burkina. « Kiaka Gold » est l’appellation donnée à ce nouveau site minier situé à 144 km de Ouagadougou. Elle s’annonce comme la deuxième puissance minière au Burkina.

Armel Ilboudo

Le pays

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