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Relance de la production cotonnière : N’Dorola est partant pour produire plus de coton

Moins d’une semaine après sa prise de fonction à la direction générale de la Société burkinabé des fibres textiles (SOFITEX), Jean-Paul Sawadogo est déjà sur le terrain de la relance de la production cotonnière. A N’Dorola et à Morlaba, il a rencontré « ses partenaires producteurs » le 29 juin 2011.

C’est accompagné du Haut-commissaire de la province du Kénédougou dont relèvent les deux localités que Jean-Paul Sawadogo est allé à la rencontre des producteurs. Sur la route de N’Dorola il a fait escale à Kourouma juste pour « saluer » les travailleurs de l’usine qui sont actuellement à pied-œuvre pour réviser les machines en vue de la prochaine campagne. A N’Dorola, avant le début de la rencontre, il est allé à l’usine pour faire de même avec les travailleurs et les agents d’encadrement. A tous, il a renouvelé ses « félicitations et ses encouragements pour le travail qu’ils font pour eux-mêmes d’abord, ensuite pour la Sofitex et enfin pour le Burkina Faso ».

A la rencontre, c’est d’abord le Haut-commissaire Allahadi Diallo qui a introduit les échanges sur deux points. Les difficultés que rencontreraient certains producteurs dans le cadre de leurs activités. « Il nous est revenu avec insistance que des producteurs empêcheraient d’autres producteurs de vaquer tranquillement à leurs activités. Ce qui n’est pas tolérable dans un Etat de droit », a-t-il expliqué. Il a pour cela rappelé la liberté dont doit jouir chaque acteur dans l’exercice de ses activités. « Vous avez la liberté de manifester, mais vous n’avez pas le droit d’empiéter sur les droits des autres », a-t-il rappelé.

Le deuxième point a trait aux « rumeurs de menaces de retrait de champs à ceux qui veulent produire du coton. « Nous ne connaissons pas ce type d’agissements dans notre province ». A immédiatement indiqué le Haut-commissaire avant de demander aux populations « de nous aider à mettre fin à cette situation afin que notre province retrouve la sérénité, réoccupe et améliore sa place dans la production de coton ».

Pour le directeur général, il est d’abord venu pour les encourager pour tout ce qu’ils font pour la filière coton. Puis il a demandé leur soutien et leur bénédiction pour la réussite de son mandat « afin d’obtenir des résultats qui permettent d’améliorer vos conditions de vie ». Puis il a rappelé le message du Premier ministre le 10 juin dernier à Koudougou dans lequel celui-ci a dit que pour l’instant l’Etat ne peut pas faire mieux que ce qu’il a fait en diminuant de 1000 F CFA les prix des intrants et en fixant le prix du kilo de coton à 245 F CFA. Il reconnaît que ces prix ne satisfont pas certains producteurs. Mais s’il y a des conditions meilleures, le gouvernement fera ce qu’il peut. Aussi, ce qui parait important pour le DG, c’est de maintenir le dialogue. Et pour maintenir le dialogue, « il faut quelque chose qui nous lie ; et cette chose là c’est le coton ». « La Sofitex et les producteurs sont des partenaires inséparables dont le coton est un bien commun. Il y a eu des problèmes, il y a des problèmes, il y aura toujours des problèmes, mais l’essentiel est qu’on puisse toujours s’asseoir et en discuter et trouver des solutions afin d’avancer », a précisé le DG.

C’est pourquoi, il a demandé à tous de travailler à faire revenir la paix, la cohésion et l’entente dans leur localité. « Ce n’est pas intéressant que vous vous pourchassiez, que vous cassiez les biens des autres. Dans la bagarre, il y a des limites qu’il ne faut pas dépasser ». Aussi, « je voudrais vous demander pardon, pardon, pardon pour que vous construisiez l’entente afin que vos villages se construisent dans la paix pour vous d’abord, mais également pour les générations futures ». Puis le DG a conclu en ces termes : « au sortir de la campagne, on va s’asseoir et discuter ensemble de ce qu’on peut faire et de ce qu’on ne peut pas faire ».

Puis les producteurs sont intervenus. Ils ont demandé entre autres qu’on leur annonce dorénavant les prix des intrants et du kilo de coton avant la mise en place ; on réétudie la notion de caution solidaire qui fait que certains paient à la place des autres ; le paiement à temps et les questions de conditionnement du coton. Puis le chef de terre est intervenu à la suite des autres intervenants pour dire qu’ils acceptent le pardon et produiront le coton. Tous ceux qui veulent des semences et des intrants sont invités à prendre attache avec la Sofitex à N’Dorola. Les semis pouvant se poursuivre jusqu’au 15 juillet, les N’Dorolais sont ainsi repartis pour battre des records de production.
Surtout que le DG leur a promis que les 10 F complémentaires de la dernière campagne seront payés dès la semaine prochaine. Il a promis qu’un comité sera mis en place avec la participation des producteurs pour réfléchir sur les préoccupations qui sont soulevées, notamment la caution solidaire.

Le niet de Morlaba

A Morlaba, c’est le message qui a été livré aux producteurs qui sont sortis nombreux pour l’écouter. Mais contrairement à N’Dorola, ils campent sur leurs positions. Autrement, « pour la campagne 2011-2012, nous ne produirons pas du coton. C’est une décision commune prise par l’ensemble des producteurs de la commune », a explique Dao Yaya. C’est pourquoi, tous ceux qui enfreignent à la règle sont considérés comme des traitres et traités comme tels. Toutefois, ils ont expliqué que c’est leurs représentants au sein de l’Union nationale des producteurs qui ne leur ont pas donné la bonne information et posé les problèmes comme il se devait.

Face à leur décision, le DG a répondu en ces termes : «nous prenons acte de votre décision et la respectons car c’est cela la démocratie. Cependant, il faudrait que vous respectiez notre décision quand nous la prendrons ainsi. Pour l’instant, vous n’êtes pas prioritaires pour Sofitex ; nous travaillerons avec ceux qui veulent produire du coton et quand nous aurons l’occasion, nous reviendrons à vous ». Le Haut-commissaire a insisté pour dire que Morlaba est régi par les mêmes lois que l’ensemble du Burkina. De ce fait, il a rappelé que l’administration ne tolérera aucun manquement aux lois et règlements de la République. « Qu’on soit clair sur ces questions et qu’on se comprenne bien », a-t-il conclu.

Séri Aymard BOGNINI

L’Express du Faso

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