Le comité finances de la CGT-B a encore convié la presse le vendredi 17 juin 2011 à la Bourse du travail. Au cours des échanges, ils ont nié certaines revendications qu’on leur prête dans ce qu’ils appellent une bataille médiatique. Ils ont aussi affirmé que la rencontre avec le gouvernement dans la soirée du 16 juin dernier a accouché d’une souris. C’était après avoir exprimé « leur patriotisme » en exécutant le Ditanyè.
« Nous ne revendiquons pas 7 milliards de F CFA », ont lancé Abdoulaye Derra, secrétaire général de la CGT-B /Finances, et ses collègues réunis à la Bourse du travail le 17 juin dernier. Ils ont précisé qu’en aucun point de leur plate-forme revendicative, il n’est inscrit une telle revendication. Ils ont dénoncé « la croisade médiatique entreprise par le ministre de tutelle » qu’ils accusent de vouloir les exposer à l’opprobre public en faisant croire que leurs revendications sont irréalistes et prétentieuses. Mais les financiers disent savoir leur pays pauvre. Selon Abdoulaye Derra, la lutte engagée par les financiers a pour objectif de faire en sorte que les ressources publiques soient bien gérées. Concéder des motivations financières conséquentes a l’avantage de mettre les agents à l’abri des rackets, de la corruption et du clientélisme, a affirmé M. Derra. Après avoir rencontré le gouvernement le 16 juin dernier, les financiers se disent déçus pour plusieurs raisons. Ils n’admettent pas que le gouvernement se fasse représenter seulement par leur ministre de tutelle accompagné de la directrice de l’Administration et des finances et la directrice des Ressources humaines du ministère de l’Economie et des finances (MEF). Les financiers qui disent avoir participé à cette rencontre parce que le gouvernement leur a promis des « propositions concrètes » ont été vite désabusés. Selon ces derniers, le ministre de l’Economie et des finances, Lucien Noël Bembamba leur a demandé de faire des propositions, refusant d’aborder les questions indemnitaires. Il a souhaité que les discussions portent sur une réduction des écarts dans l’octroi des fonds communs et non sur une quelconque égalité, ont confié les financiers. Ce que refusent les financiers. Ils considèrent que l’argument selon lequel les régies de dépenses ne collectent pas les recettes n’est pas tenable car ce sont ces dernières qui recueillent les financements extérieurs. « Nous mobilisons des recettes à travers la Direction générale de la coopération (DGCOOP), nous élaborons et exécutons le budget », a soutenu Siméon Guébré, l’un des animateurs de la conférence de presse. On ne peut pas comprendre que le ministre de tutelle qui délie le cordon de la bourse afin de juguler les crises dans les autres départements ministériels rechigne à franchir le Rubicon dans son propre ministère, a ajouté Pamoussa Kaboré, très amer. Il poursuit : « Cette revendication date de 1997 et refuser de la traiter avec la plus grande promptitude est un pur cynisme ». Les financiers ne cachent pas leur « détermination à poursuivre la lutte pour la satisfaction de leur plate-forme ». Par-dessus tout, ils ont promis de désigner délibérément des agents qui assureront la paie à la fin de ce mois.
Roger SANKARA
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