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Délestages de la SONABEL : Après la chaleur, le manque d’eau

Il y a quelques mois, la SONABEL a connu des délestages rarement vécus au Burkina Faso. La cause : d’abord, la chaleur précoce, et ensuite, une pièce défectueuse. La panne a été réparée et les choses sont revenues à la normale. Ces derniers temps, on constate à nouveau des coupures intempestives.

Que se passe-t-il réellement ? Est-ce une confirmation de la rumeur qui court et soutient que la SONABEL devrait beaucoup à la SONABHY ? Quelles sont les mesures prises par la nationale de l’électricité pour remédier à ces coupures ? Le chef du département transport et mouvement d’énergie, Adama Tou, nous apporte quelques lumières sur ces interrogations.

Pour satisfaire la demande en énergie électrique des populations, la Société nationale burkinabè d’électricité (SONABEL) dispose de 3 sources : les sources thermiques, c’est-à-dire l’électricité fournie par les centrales, les sources hydroélectriques fournies par les barrages et l’énergie importée de la Côte d’Ivoire pour approvisionner le centre de Bobo. Depuis un certain temps, les consommateurs vivent des coupures des moins agréables. La Société, dans un premier temps, évoquait la chaleur précoce, ensuite une machine en état de défectuosité pendant la période de pointe. Une situation qui a été marquée par un plan de délestage tournant.

Les capacités actuelles de production du Centre régional de consommation de Ouagadougou (CRCO) sont insuffisantes pour faire face à la forte demande enregistrée. Ce déficit devait se résorber avec l’installation de la saison pluvieuse qui occasionne une baisse de la demande et une augmentation de l’offre d’énergie avec la hausse du niveau d’eau des barrages hydroélectriques. Mais jusqu’à cette période de fin juillet, le Centre ne peut toujours pas répondre convenablement à la demande. Le chef du département transport et mouvement d’énergie de la SONABEL, Adama Tou, répond à quelques interrogations.

Dites-nous exactement ce qui se passe

• Depuis l’installation de la saison des pluies, les apports dans les 2 barrages de Konpienga et de Bagré sont très insuffisants au regard de ce que nous enregistrons habituellement. Par conséquent, les capacités de production de ces barrages sont très réduites. Ils produisent donc 15 mégawatts au lieu de 30. L’autre aspect est lié au climat parce qu’en même temps que les barrages sont insuffisamment pourvus d’eau, la demande d’énergie électrique est trop élevée. Donc la rareté des pluies fait qu’il fait chaud et les populations ont tendance à consommer davantage par rapport aux années antérieures, nous créant des difficultés d’où un léger déficit d’énergie par rapport à la demande.

Face à cette situation, quelles sont les mesures que vous avez prises ?

• La SONABEL a réaménagé son planning d’entretien des ouvrages. On ne va arrêter les machines que vraiment lorsque cela est indispensable. Sinon, on ne les arrêtera pas jusqu’à des moments plus favorables comme les périodes froides entre novembre et décembre, pour leur permettre d’avoir toutes les capacités afin de satisfaire au maximum notre demande. Si malgré tout, il y a un déficit, nous allons procéder à des délestages.

Qu’en est-il alors de l’interconnexion Bobo-Ouaga ?

• L’interconnexion a pour but d’approvisionner le Centre régional de consommation de Ouagadougou en énergie d’environ 86 mégawatts transportée de la Côte d’Ivoire. Cette énergie va permettre de satisfaire la totalité de nos besoins. Si nous la réalisons, on aura affaire qu’à des situations ponctuelles de déficit comme par exemple pendant l’entretien des équipements, où il peut y avoir des difficultés. Mais en dehors de ces cas, on devait pouvoir satisfaire la demande d’énergie. Il y a aussi une centrale thermique qui en est cours de construction à Komsilga pour renforcer les capacités de production de la SONABEL.

Au regard de cette situation qu’est-ce que le consommateur doit faire ?

• Dans la mesure où le déficit n’est pas structurel, et qu’il y a un écart profond entre la demande et l’offre, on procède à des délestages ponctuels. Ce qu’on peut donc dire à la clientèle, c’est qu’on espère que dans les semaines avenir les choses vont s’améliorer avec l’installation de la saison des pluies. Avec l’interconnexion qui doit finir d’ici à fin décembre 2009, les choses vont rentrer dans l’ordre. Ce que chacun peut faire, c’est d’éviter le gaspillage de l’électricité.

Finalement, est-ce à dire que la SONABEL ne peut pas fournir à tous les citoyens du Burkina de l’électricité selon leurs besoins ?

• La SONABEL a des capacités de production et elle a aussi une demande à satisfaire. Il arrive que la demande soit supérieure à l’offre. Cela peut s’expliquer de différentes manières. Il peut se trouver que l’offre soit anormalement élevée ou que nos capacités de production soient amoindries pour une quelconque raison, comme c’est le cas actuellement où les conditions climatiques sont mises en cause.

Agnan Kayorgo & Jean-Marie Toé

Source : lobservateur.bf

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