lundi, octobre 5, 2026
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Le rôle essentiel du Follower

Tous les portraits de leader et les commentaires afférents m’ont réellement passionnée. Je n’ai pas grand chose à rajouter, tout le monde s’entend pour décrire un leader parfait ou imparfait, rencontré ou non, doué de pédagogie et d’écoute etc. Les descriptions sont vraiment intéressantes.

Je suis vivement intéressée par la notion de follower qui est toute nouvelle en ce qui me concerne. Pour ma part, j’ai eu l’occasion de travailler avec de bons et moins bons leaders mais spontanément, quand vient le moment de décrire une personne, je pense à un follower en particulier. J’ai particulièrement été séduite par la phrase « un bon chef a besoin d’un bon second » et c’est cette phrase qui m’a fait penser à cette personne.

Ces 15 dernières années ont été riches de nouveautés dans les entreprises avec l’arrivée des nouvelles technologies, de nouveaux systèmes d’information, mise en place d’intranets etc, sans même évoquer la mondialisation et la récente crise économique de 2008.

Les dynamiques collaboratives dans les entreprises en ont été bouleversées : si l’introduction du téléphone s’est étalée sur plusieurs décennies, celle de l’ordinateur s’est développée sur une période de 10 à 15 ans avant de devenir un outil de travail quotidien.

Il faut constater qu’il est difficile pour les hommes de s’adapter aussi radicalement au changement : l’introduction d’une nouvelle technologie et sa diffusion à grande échelle nécessitent l’apprentissage de pratiques nouvelles puisque cela suppose d’autres processus mentaux, psychologies et cognitifs que ceux auxquels nous étions habitués. Aussi, quand vient le temps pour l’entreprise de faire appliquer une nouvelle stratégie ou l’introduction d’un nouveau système, le gestionnaire peut se retrouver en butte à des personnes réfractaires au changement, des gens négatifs, pessimistes, ne comprenant pas pourquoi ils doivent changer des habitudes ou un outil de travail qui fonctionnaient jusque là très bien. Un bon leader se doit d’être doublement bon face à ce genre de négativisme !

Il y a une dizaine d’années, dans un gros cabinet d’avocats d’affaires, la direction avait décidé de migrer sur l’ERP Elite (ERP signifie Enterprise Ressource Planning, progiciels qui permettent, entre autres, de gérer la saisie des temps, la facturation, l’analyse financière etc).
Quand la direction a annoncé la mise en place d’Elite 6 mois avant son déploiement, immanquablement se sont élevées des voix discordantes. Mais des followers ont immédiatement embarqué dans le projet et ont fédéré du monde jusqu’au Jour J. La personne à laquelle je pense s’est immédiatement portée volontaire pour tester le produit pendant la phase de tests, elle a contribué à la rédaction du manuel des utilisateurs, elle a participé à la phase de formation de ses collègues et le jour du déploiement, elle faisait partie de l’équipe « hot line » chargée d’aiguiller les utilisateurs dans les méandres du nouveau produit. La direction n’aurait pas aussi bien géré la mise en place d’Elite sans des followers comme la personne que je décris qui ont fait la pub du produit à leurs collègues et leur ont présenté tous les avantages qu’ils pourraient en tirer.

Je suis convaincue qu’un leader gestionnaire a besoin de followers pour mener à bien ses projets. Un bon leader gestionnaire doit donc pouvoir identifier la ou les personne(s) dans son équipe qui feront de bons « seconds » et qui pourront fédérer des collègues plus réticents au changement. De la même manière, un bon leader gestionnaire se doit de connaître la ou les personne(s) qui vont systématiquement s’arque-bouter devant une quelconque perspective venant bousculer leurs habitudes : c’est vers eux qu’il devra communiquer le plus intensément pour les amener à adhérer à un nouveau projet. On en revient au cours n°4 où on en avait conclu qu’en chaque follower, il y avait une âme de leader.

Je crois également que certaines personnes qui ont du leadership n’ont pas forcément envie de gérer du personnel. Elles peuvent sentir intuitivement qu’elles sont mauvaises en gestion humaine. En fait, on peut être ultra doué dans un domaine sans avoir le goût ni l’envie de gérer du personnel. Ces personnes là sont sans doute les meilleurs followers : ils connaissent leurs limites, ils sont compétents, le gestionnaire leur fait confiance et sait qu’ils ne chercheront pas à lui « piquer » sa place.

Par Marina Grondin

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