Un tabou va-t-il être levé au sein de l’Union monétaire ouest africaine (Uemoa) ? En tout cas, le monopole du franc Cfa pourrait prendre un sérieux coup si la théorie monétaire de la production développée par Abdourahmane Sarr, économiste principal du Fonds monétaire international (Fmi), représentant-résident de l’institution au Bénin et au Togo, en collaboration avec un de ses collègues italiens, venait à être adoptée. ‘Il ne s’agit pas de remettre en cause le franc Cfa mais plutôt de lui adjoindre une monnaie complémentaire, garantie aussi par le Trésor public, mais spécifiquement tournée vers le financement du développement local en contournant les rigidités et les difficultés des producteurs pour accéder au crédit’, justifie Cheikh Tidiane Sarr, expert en système financier décentralisé (Sfd), directeur du Centre d’études pour le financement du développement local (Cefdel). Cette initiative qui a fait sensation lors du panel de présentation participe d’une nouvelle dynamique dans les milieux du développement local. ‘Son concepteur (de la monnaie complémentaire) fait partie d’une jeune génération d’économistes africains, formés dans les plus grandes universités nord-américaines qui sont convaincus d’un nécessaire changement de paradigme économique pour rompre la fatalité de la pauvreté en Afrique’, souligne Ismaïla Sarr, un ancien banquier qui pilote l’antenne régionale du Mouvement pour la renaissance, la liberté et le développement (Mrdl), le système social qui va accompagner l’adoption de la monnaie complémentaire.
La capitale du bassin arachidier, choisie pour servir de plate-forme à cette révolution monétaire, va aussi accueillir la première communauté économique intégrée (Cei). ‘Nous voulons mettre en œuvre un modèle de financement qui permet de stimuler la demande dans les communautés économiques intégrées qui sont en fait des aires géographiques ayant comme épicentre une grande ville et ayant comme périphérie des localités environnantes’, précise le directeur du Cefdel. Ces Cei au nombre de six dont deux dans le Saloum vont servir de laboratoire à cette nouvelle approche. ‘L’initiative de Kaoalck (Ikk) qui va servir de base sociale à l’introduction de cette monnaie complémentaire, va servir de tête de pont pour rayonner sur la sous-région et, plus tard, sur le reste de l’Afrique’, soutient Ismaïla Sarr, un ancien responsable politique, banquier de formation.
El Hadji Thiendella FALL,
reussirbusiness.com




