Les abonnés de la Société nationale burkinabé d’électricité (SONABEL) vont devoir patienter jusqu’à la fin mars pour rompre avec les délestages. C’est du moins ce qu’a promis le ministre chargé de l’énergie face à la presse vendredi 4 mars 2011 à son cabinet.
Implorant l’indulgence et la compréhension, il a annoncé le déblocage de plus de 31 milliards par l’Etat et la SONABEL pour parer au déficit de 35 mégawatts occasionnés par la mise hors service depuis la fin février de la ligne Ferké-Bobo alimentant le Burkina.
C’est de la Côte que vient « le malheur » de la Sonabel et ses abonnés. Comme en 2009 et 2010, Ouagadougou et Bobo-Dioulasso renouent avec l’obscurité à l’approche de la période de grande chaleur. Mais cette fois, la raison des délestages est différente. Le déficit d ’environ 35 mégawatts, soit un quart des besoins, accusé par les centres de consommation des deux grandes villes du pays est lié à la crise post-électorale ivoirienne. Et le nouveau ministre chargé de l’énergie, par ailleurs ancien directeur général de la Sonabel est, on ne peut plus, très précis dans sa déclaration liminaire à la presse. « En effet, depuis le lundi 28 février 2011 à 7h 05 mn précisément, le réseau électrique du Centre, du Nord et de l’Ouest de la Côte d’Ivoire d’où est issue la ligne Férké-Bobo alimentant le Burkina a été mis hors service », a déclaré Lamoussa Salif Kaboré. Et c’est cette interruption « unilatérale et sans préavis » de la ligne interconnectée qui explique le déficit d’énergie enregistré par la nationale de l’électricité entraînant depuis lors des délestages les jours ouvrables.
Selon toute vraisemblance, l’arrêt de la fourniture d’électricité (CIE) au Nord de la Côte d’Ivoire d’où transite la puissance destinée au Burkina est motivé par d’autres raisons puisque la Compagnie ivoirienne d’électricité, selon les responsables de la SONABEL, indique que son réseau est sain, sa production normale. Seulement, elle est pris en otage par des « personnes étrangères qui ont ordonné la mise hors tension des lignes allant vers le Centre, le Nord et l’Ouest », précise le ministre Kaboré arguant que la « situation s’est imposée à la CIE du fait d’une réquisition depuis le 19 janvier 2011 de son dispatching national ».
Pour le ministre Kaboré, la puissance disponible du parc national étant insuffisant pour faire face à la demande, la puissance délestée aux heures de pointes est d’environ 35 mégawatts, soit 25% de la demande. Mais, il a ajouté qu’un programme de délestage scindant les clients de Ouagadougou en deux groupes et ceux de Bobo en trois est en cours. Avec la fin du Fespaco, ce programme qui était perturbé dans son application, va connaître un déroulement plus équilibré réduisant ainsi les longs délestages dans les quartiers périphériques. Afin de rassurer les abonnées et les populations des deux plus grandes agglomérations du pays, le gouvernement a pris le problème à bras le corps..
Le gouvernement débloque 6,5 Milliards, la Sonabel 25 autres
Devant un parterre de journalistes, le ministre Kaboré a indiqué que « c’est une question de dignité et surtout de patriotisme ». Et il précise « qu’il n’est pas question que le Burkina soit dans l’obscurité ». C’est pourquoi, il a tenu à saluer les efforts consentis par l’Etat pour parer au plus urgent. Ainsi, le gouvernement met sur la table la bagatelle de 6,5 milliards de F CFA sur son budget, en vue de fournir à la SONABEL deux groupes électrogènes pour l’installation de deux centrales de 30 mégawatts et 31 mégawatts, soit 61 mégawatts. Si cette puissance est acquise, la SONABEL devrait pouvoir passer la pointe sans problème. Ce qui va reléguer les délestages au rang des vieux souvenir.
Mais pour l’instant, on n’en est pas là. D’ores et déjà, la SONABEL annonce que les premiers mégawatts de cette opération ont été injectés dans le réseau depuis le jeudi 3 mars. Les groupes électrogènes loués entreront progressivement en service pour résorber le déficit induit par l’absence de la ligne d’interconnexion. Et le ministre table sur la fin mars pour le retour à la normale. De son côté, la SONABEL va décaisser 25 milliards de FCFA pour couvrir les charges de frais de carburant et d’exploitation des groupes électrogènes. « Cet important effort financier, à un moment où la conjoncture nationale et internationale est défavorable, est à saluer à sa juste valeur ».
En effet, avec un baril de pétrole au-delà des 100 dollars, c’est une mesure nécessaire pour contenir les tarifs du fuel oil et du DDO consommé par la SONABEL. Dans tous les cas, sa consommation journalière va bondir avec 300 000 litres de carburant pour les groupes loués et 120 000 litres pour la centrale de Bobo-Dioulasso. Ce qui appelle la SONABHY et les transporteurs à ajuster la commande d’approvisionnement.
Nadoum COULIBALY
Sidwaya




