Deux études ont été lancées pour anticiper l’impact d’un visa communautaire de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA) qui sera appliqué aux ressortissants des autres pays non membres de cet espace d’intégration sous-régionale, a appris l’APS, mardi à Bamako.
Le commissaire chargé du Département des services administratifs et financiers de l’UEMOA, Rui Duarte Barros, a indiqué que ‘’deux études ont été lancées en novembre 2010 et l’achèvement du processus de validation de ces études est prévu pour septembre 2011’’, pour anticiper l’impact de l’entrée en vigueur du visa de l’Union.
La première étude s’intéresse à l’harmonisation des conditions d’entrée, de séjour et les modalités de contrôle aux frontières, dont les types de visas, les tarifs et la clé de répartition des recettes tirées de la vente des vignettes.
La seconde étude porte sur la faisabilité de la création de bases de données nationales et le développement d’un système d’échange d’informations sur les visas et les mouvements des personnes, en vue de la sécurisation des frontières de l’Union.
Le projet de visa communautaire est né d’une orientation du 9-ème Sommet de l’UEMOA,le 30 mars 2005. Il s’agit, a précisé M. Duarte Barros, d’un axe majeur de la politique commune dans le domaine de la circulation des personnes non ressortissantes des huit membres de l’Union.
A travers le visa commun, l’UEMOA vise à harmoniser et à simplifier les procédures administratives d’entrée et de séjour dans l’espace communautaire. Ainsi, soulignent ses promoteurs, le visa va ‘’contribuer à créer un environnement communautaire favorable aux investissements et au tourisme’’.
Cependant, la définition de la répartition des recettes générées par le visa communautaire continue de constituer un facteur de blocage du processus de sa mise en place. Des Etats réputés grandes destinations touristiques dans l’Union rechignent à lâcher du lest aux autres, moins desservis par les voyagistes.
‘’Il n’existe pas de système de blocage, mais, ce qui se passe relève de la volonté politique agissante dans les Etats membres, justifiant la non-application du projet’’, a déploré le commissaire chargé du Département des services administratifs et financiers de l’UEMOA.
Rui Duarte Barros a indiqué qu’une tournée en Europe dans les ambassades des Etats membres de l’UEMOA a permis de constater qu’aucune d’elles n’était informée de la phase de reconnaissance mutuelle du visa national d’un Etat qui devrait être reconnu dans les autres Etats pendant deux ans, à partir d’octobre 2009.
‘’Au terme de cette phase de reconnaissance mutuelle, les visas nationaux feront place à un visa unique. Ce visa émis par l’un des Etats sous la forme d’une vignette uniforme et sécurisée, donne droit d’accès et de circulation dans tous les autres Etats de l’Union’’, a précisé le commissaire Duarte Barros.
Les situations ne sont pas les mêmes d’un Etat membre à un autre. Au nom de la promotion du tourisme, le Sénégal dispense des ressortissants de pays tiers d’un visa d’entrée dans son territoire, accueille chaque année, 500.000 touristes de cette catégorie. Ce qui n’est pas le cas d’autres pays de l’UEMOA.
Dans l’Union, le Sénégal accueille le plus grand nombre de visiteurs dispensés de visas de tourisme. Mais, le Mali tire le plus gros volume de recettes sur ses vignettes de visa d’entrée et de séjour dans son territoire.
Par contre, le gouvernement sénégalais estime compenser la perte de recettes par le nombre et les effets économiques induits du séjour des touristes.
Auprès des instances de l’UEMAO, l’Etat sénégalais a plaidé la vulnérabilité de son industrie touristique après l’instauration de la TVA à 18%, comme base communautaire, et a obtenu l’application d’un taux de 10% au secteur touristique local.
L’option du Sénégal pour le tourisme et l’artisanat d’art, comme grappe de croissance économique, rejoint son ambition de 1,5 million de touristes en 2015.
Bâtie sur le socle d’une union monétaire doublée d’une union douanière, l’UEMOA regroupe, depuis 17 ans, sept pays francophones : Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Mali, Niger, Sénégal et Togo. En mai 1997, ces Etats membres ont été rejoints par la Guinée-Bissau, pays lusophone situé au sud-ouest du Sénégal.
SAB/AD




