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Campagne contonnière 2010-2011 : Plus de 86% de production provisionnelle réalisée sur la zone Sofitex

La Société nationale de fibres textiles (SOFITEX) a de nouveau effectué le traditionnel forum les 1er, 2 et 3 décembre 2010. Le but était d’informer les cotonculteurs sur les cours du coton, sur le marché, de recueillir leurs préoccupations et de préparer la campagne 2011-2012. Dans les trois villages que nous avons sillonnés, la nouvelle (hausse du prix d’achat à 200 F CFA le kilogramme) a été appréciée par les producteurs. Ils ont réaffirmé leur engagement à faire du coton le véritable or du Burkina.

Après six années successives de crise qui a paralysé la Société de fibres et textiles (SOFITEX), la filière coton semble reprendre des couleurs. Le Burkina Faso continue d’occuper les premières places dans le classement des pays producteurs de coton. Aujourd’hui, grâce à une embellie assez significative des cours sur le marché international du coton, la filière est dans une bonne dynamique. Aussi la SOFITEX lance-t-elle la grande campagne de production à grande échelle. Elle est entrée de plain-pied dans l’expérimentation du coton génétiquement modifié (CGM) pour accroître la production. Pour cette campagne cotonnière qui s’achève, la SOFITEX s’était fixée pour objectif d’atteindre une production de 500 mille tonnes. De ce fait, elle a préparé la campagne agricole cotonnière dans un contexte socio-économique nettement plus favorable que la saison 2009-2010. L’accent a été mis sur plusieurs volets, dont l’amélioration du prix d’achat plancher du coton graine à 182 F CFA le kilogramme contre 160 F CFA/kg en 2009-2010, le ; maintien des prix de cession des intrants, l’amélioration des délais de paiement et la perspective du paiement effectif par l’Etat des impayés internes. Cela a permis de passer d’une production de 361 mille tonnes à environ 451 300 tonnes, soit une progression de 25%. Afin de stimuler les cotonculteurs à adopter les nouvelles technologies agricoles, la SOFITEX, comme de coutume, a rencontré les producteurs à travers les forums pour écouter leurs préoccupations, corriger les insuffisances. En clair, il s’agissait d’avoir un aperçu des éventuels obstacles qui freinent la grande production, de prendre en compte les expériences et de proposer des plans d’action pour rehausser le rang du Burkina Faso au le plan mondial dans la production du coton.

Obstacles à l’atteinte des 500 mille tonnes

Bien que tous ces facteurs combinés soient favorables pour une relance vigoureuse de la campagne, des difficultés ont été rencontrées ayant réduit la quantité provisionnelle. On peut citer, entre autres, l’installation tardive de la saison hivernale marquée par des interruptions à un moment donné de la saison. Plusieurs pluies au mois de septembre et au cours du mois d’octobre ont été relevées. Des cas d’engorgement et d’inondation ont été enregistrés dans presque toutes les zones d’intervention, amputant ainsi les superficies productives. Il y a aussi la pression parasitaire constatée jusqu’au début du mois d’octobre, mais qui peut être qualifiée de faible par rapport à la normale sur l’ensemble des zones cotonnières. Ces difficultés non moins négligeables ont sans doute eu des effets sur le rendement. Toutefois, un rendement de 1.076 tonnes à l’hectare a été enregistré contre 0.822/ha la saison 2009-2010, soit une nette progression de 21% (en attendant la vérification). Ce rendement, d’après les chefs des missions qui ont dirigé les échanges, aurait pu être meilleur n’eussent été les faibles densités des plants et les pourritures de capsules basales suite à l’engorgement prolongé des parcelles. Les délégations de la SOFITEX se sont entretenues avec les cotonculteurs dans une ambiance bon enfant. Les 1er, 2 et 3 décembre 2010, les responsables des missions de la filière coton ce sont respectivement rendus à Houndé, Solenzo et Ouarkoye où ils ont eu droit aux séances de débats à bâtons rompus avec les producteurs. Les échanges ont porté essentiellement sur l’organisation de la campagne de commercialisation du coton et la préparation de la campagne 2011-2012.

Message de la SOFITEX pour la campagne de commercialisation

Les récoltes sont significativement avancées dans plusieurs localités où nous sommes passés. Certaines usines d’égrainage ont déjà débuté les travaux. A cet effet, la SOFITEX avait pris des dispositions pour permettre le bon déroulement de la saison cotonnière. Les émissaires ont fait savoir aux producteurs que les crédits sont acquis ou tout au plus en cours de finalisation, ce qui permettra de ramener les délais de paiement du coton graine aux délais normaux qui sont de deux à trois semaines après enlèvement du coton et réception de la demande de paiement émanant des groupements de producteurs de coton (GPC). Face à la demande persistante de mieux faire pour la filière, la SOFITEX a déclaré qu’elle achètera le kilogramme du coton graine à 200 F CFA le premier choix et à 175 F CFa pour le deuxième choix, ce qui a véritablement réjoui les producteurs. En regardant dans le miroir, la fibre a connu des culbutes si bien que les cotonculteurs ne croient pas à la bonne nouvelle d’augmentation du prix du coton graine. En vue d’encourager les récoltes, un acompte sera payé à ceux qui auront déjà évacué leur coton sur le marché et certifié par un démembrement de l’Union nationale des producteurs du coton du Burkina (UNPCB). Cet acompte s’élève à 90%. Les émissaires de la filière, au cours du forum, ont demandé aux producteurs de conserver le coton dans de bonnes conditions, hors d’état de risque.

Les perspectives de la filière pour la campagne 2011-2012

En vue de la préparation de la campagne cotonnière 2011-2012, la SOFITEX a recueilli les difficultés des producteurs qui sont liées au retard de paiement, au scepticisme des producteurs par rapport à la hausse du prix du coton graine malgré les annonces faites sur la situation du marché international. La SOFITEX a demandé aux producteurs de profiter au maximum de l’embellie actuelle (et qui va s’étendre sur une longue période) par une augmentation vigoureuse de la production cotonnière au cours de la campagne 2011-2012. L’accroissement significatif de la production cotonnière, aux dires des chefs des missions du forum, permettra à la filière cotonnière du Burkina de bénéficier des retombées exceptionnelles des cours de coton et d’éviter ainsi l’amère expérience de la période post-dévaluation, où le Burkina n’a pas pu tirer son épingle du jeu pour insuffisance de production cotonnière en 1994. De ce fait, une production provisionnelle de 600 mille tonnes a été demandée pour la campagne 2011-2012. L’UNPCB quant à elle, promet d’atteindre un million de tonnes. Si certains producteurs émettent encore des doutes, d’autres ont confirmé leur détermination à fournir une plus grande quantité de produits. Comme les producteurs de Solenzo et de Ouarkoye, l’ensemble des cotonculteurs affirment maintenir le cap si toutefois la SOFITEX ne baisse pas le prix du coton graine. A ce sujet, les différents chefs des missions qui ont dirigé les débats aux côtés des chefs de zones ont insisté sur la nécessité de faire du coton le véritable or blanc du Faso, en ce qu’il demeure le principal produit agricole à caractère commercial. Ils ont aussi recommandé aux braves producteurs de mettre l’accent sur la vulgarisation des fumures organiques. Cela permettra à la culture de reduire l’impact environnemental dans son contexte de développement ; d’où l’expérimentation du coton génétiquement modifié afin de réduire les traitements qui polluent la nature. Apportant des éléments de réponse aux préoccupations des cotonculteurs relativement aux pertes de production liées aux effets des changements climatiques, les missionnaires de la filière ont assuré que des solutions idoines seront trouvées avec les partenaires d’assurance. En tout cas, le feu vert est donné aux producteurs désireux d’accroître leurs finances pour prendre d’assaut les routes des champs et étendre la production cotonnière afin de rattraper les six années de crise endurée par le Burkina.

Les acteurs de la filière s’expriment

Aly Sawadogo, cotonculteur à Solenzo

Nous sommes heureux d’apprendre aujourd’hui que la SOFITEX a pris des mesures favorables pour nous sortir du labyrinthe. 200 F CFA le kilogramme, nous sommes vraiment au comble. Mais on s’interroge si elle va pouvoir aller jusqu’au bout de sa promesse. Vous savez, le cultivateur est comme une femme. Quand elle est séduite par des paroles prometteuses, elle se met au travail et tout avance. Ceci, pour dire que rien ne peut nous empêcher de produire plus si ce n’est la pluie. Seulement, que la SOFITEX respecte son engagement.

El Hadj Ousmane Souro, cotonculteur

Nous venons d’apprendre que la SOFITEX a fait passer le prix du coton graine de 182 F CFA qui avait été annoncé à 200 F CFA le kilogramme. Nous avions été à plusieurs reprises déçus par les promesses non tenues de la part de la SOFITEX. Donc on ne croyait plus à la SOFITEX. Et voilà que le prix a connu une hausse, toute chose qui nous réjouit. Et pour ce fait, nous demandons que si la SOFITEX veut du coton en grande quantité, qu’elle maintienne ces conditions et qu’elle nous propose le prix d’achat avant le démarrage de la saison prochaine. Nous pouvons même surpasser la quantité provisionnelle. Sinon, le retard de paiement du prix d’achat du coton graine, tout cela nous décourageait.

Coulibaly Mifia, Président de l’Union départementale des producteurs de coton de Solenzo

L’augmentation du prix d’achat du coton graine me rassure, car notre activité principale ici, c’est la culture. Nous allons nous mettre au travail. Dans la province des Banwa ici, la cotonculture est l’activité qui nous génère des revenus substantiels. Ce bâtiment que vous voyez (en indiquant le siège de l’UNPCB départemental), c’est le travail du coton, qui va servir à d’autres choses dans le département. Il y a des gens qui sont en train de parler de sésame. C’est bien mais le sésame ne peut pas se comparer au coton. De ce fait, je crois qu’après le départ des émissaires de la SOFITEX, nous allons nous concerter et prendre d’assaut les routes des champs pour une « surproduction » du coton.

Moussa Kindo, GPC Allah tando

Je pense que c’est un message de joie que la SOFITEX nous a apporté. Seulement, si nous nous mettons au travail et qu’on découvre par la suite qu’il s’agissait de nous inciter à produire sans bénéficier des retombées, nous refuserons et cette fois-ci, pour de bon. Vous savez que beaucoup ont déserté la production cotonnière au profit d’autres cultures comme les oignons, le maïs et le sésame. Mais avec l’information apportée par la SOFITEX, la culture de coton va reprendre son énergie d’antan. C’est vrai qu’on s’était découragé, sans oublier l’action des eaux pluvieuses qui a paralysé le rendement. A l’état actuel des choses où la filière reprend le courant normal, nous nous mettrons au travail en tant que grands producteurs de coton, pour redonner vie à la filière.

Josias Zounzaola DABIRE

Source : lepays.bf

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