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Que vise la BCEAO dans son projet de vente de la BRS ?

Créé en mai 2004, le holding du groupe Banque régionale de solidarité (BRS), pesant plus de 24 milliards FCFA en valeurs de capitalisation, serait en vente. Décryptage.

La BCEAO, qui a finalisé l’étude du projet de montage de cession des actions du holding, va lancer d’ici à avril 2011 l’opération sur le marché de l’UEMOA. Reste à convaincre quelques-unes des filiales de BRS, qui reprochent à la Banque centrale sa timidité à les accompagner dans leur développement interne, de l’inopportunité de la vente.

S’affranchir du concept

La Banque régionale de solidarité va-t-elle s’affranchir du tandem (BCEAO-UEMOA) qui l’avait mise sur orbite pour stimuler la croissance économique des huit pays membres de l’espace économique sous-régional ? Depuis début 2010, la BCEAO étudie le scénario d’une mise en vente de la société holding en tenant compte des risques, des avantages, des opportunités et de l’environnement du marché, via sa direction crédit et microfinance, un des dispositifs stratégiques de l’institution sous-régionale.

Selon des sources bien informées, l’idée de cette vente vient d’une grande majorité des actionnaires, au nombre de 87 au moment de la libération des fonds. Ces derniers entendent s’affranchir du concept de banque financière non classique en dotant le holding de capitaux conséquents, plus attractifs, avec de nouveaux actionnaires de référence.

En réalité, depuis sa création, la Banque régionale de solidarité, assimilée à une « banque des pauvres », qui a ouvert ses guichets aux populations n’ayant pas accès aux systèmes financiers bancaires classiques », tarde à marquer son ancrage dans le paysage bancaire sur le marché UEMOA.

« Projet inopportun »

Selon une source bancaire autorisée, certaines filiales de la société holding BRS reprochent à la BCEAO de ne pas suffisamment les accompagner dans leurs plans d’activités de financement et d’investissement. Elles estiment aussi – poursuit notre source – que « ce projet de vente des actifs de la BRS sur le marché UEMOA est inopportun ».


« Pour l’instant, seul le gouverneur aurait le pouvoir et le mandat de vous entretenir sur ce projet », a affirmé une autorité de la BCEAO.


« Sur les huit filiales du holding, cinq ont réalisé des résultats performants pour l’exercice 2009. La BCEAO se devait de les soutenir, conformément à la feuille de route de Lomé. » Toutefois, dans le milieu bancaire averti, on estime que bon nombre de filiales du groupe sont au creux de la vague, pour non-rentabilité et pour des encours volumineux de prêts non remboursés.

Nos informations rapportent que les filiales sénégalaise, malienne et burkinabée sont les mieux outillées en termes de management et d’agressivité commerciale.

Motus et bouche cousue

Au niveau de la Bceao, après plusieurs sollicitations, la direction qui est en charge du dossier nous a précisé qu’elle n’a « pas mandat pour communiquer sur cette affaire ».

« Pour l’instant, seul le gouverneur aurait le pouvoir et le mandat de vous entretenir sur ce projet », a affirmé une autorité de la BCEAO.

Qui sont les repreneurs qui se profilent derrière cette opération de vente de la BRS par la BCEAO ? Qui pilote minutieusement et discrètement ce projet ? Nous y reviendrons.

Ismal Aidara

Source : lesafriques.com

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