Igor A. Gusev a 31 ans, il est russe et vit à Moscou. Enfin vivait à Moscou, car depuis près d’un mois l’homme est introuvable, et la police pense qu’il a fui le pays. Or depuis le début de sa cavale, la quantité de spams circulant sur Internet a diminué de près de 20 %, explique le New York Times. Sorte de parrain 2.0, l’homme semblait être un des premiers fournisseurs mondiaux de publicité vendant du Viagra et autres pourriels.
“La police moscovite avance qu’Igor Gusev, âgé de 31 ans, était une figure centrale de SpamIt.com, un site qui payait les spammeurs pour faire de la publicité à des pharmacies en ligne, parfois de manière assez obscène. SpamIt.com s’est soudainement arrêté le 27 septembre. Avec moins d’incitations financières à envoyer des pourriels, les spammeurs ont ralenti leur activité de près de 50 milliards de messages électroniques par jour”, explique le NYT.
L’homme nie toute implication dans le site SpamIt.com, mais la correspondance des dates entre l’arrêt du site et l’ouverture d’une enquête de la police sur sa personne est significative. Jusque récemment, Igor Gusev agissait de manière assez ouverte sur la place russe. En effet jusqu’ici, les cybercriminels russes opéraient dans une sorte de zone grise de la législation nationale. Ainsi “l’action menée par la police moscovite est en rupture avec le laissez-faire habituel des autorités russes”, remarque le New York Times, qui rapporte que les experts de sécurité informatique restent perplexes quant aux raisons de ce changement de politique :
“Certains experts américains estiment que les spammeurs russes sont couverts par les autorités, que ce soit pour des raisons de corruption, de sûreté de l’Etat ou de fierté nationale. […] Certains imaginent même que certaines organisations de spammeurs ont parfois été cooptées par des officines de renseignement russes, qui couvraient leur activité de pourriels en échange de leur expertise criminelle ou pour profiter de leurs maisons d’ordinateurs infectés pour mener des attaques informatiques, par exemple pour saturer les sites d’opposants politiques voire attaquer d’autres pays.”
Même si ces allégations ont été niées par la Russie, l’an dernier Newsweek avait suggéré des liens entre Igor Gusev et les cercles qui avaient attaqué cybernétiquement la Géorgie.
Impossible de dire pour le moment si les actions contre le roi des spammeurs seront suivies par d’autres actions contre les cybercriminels. Début octobre, une délégation de la Silicon Valley, menée par Arnold Schwarzenegger, avait exprimé ses inquiétudes à ce propos auprès du président russe Medvedev.
Source : monde.fr




