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Trois questions à … Elhadji Abdou SAKHO

Reussribusiness : Quel est l’intérêt de cette rencontre notamment dans la lutte pour la transparence ?

El Hadji Abdou Sakho : La Commission a entrepris de réécrire le cadre juridique et comptable pour une grande transparence dans les finances publiques, mais surtout une grande efficacité dans la gestion des ressources publiques, dans les règles de collecte et de gestion. Ce que nous cherchons à faire, c’ est de mettre en place tout un mécanisme pouvant éviter un certain nombre de situations génératrices de malversations. C’ est pourquoi, nous voulons éviter, dans le cadre juridique, une multiplicité d’ordonnateurs non hiérarchisés. Que le système de contrôle et de sanctions soit plus efficace. Au niveau du volet comptable, nous cherchons à aligner la nomenclature budgétaire de l’ Etat sur les standards internationaux. Faire de sorte que ces instruments comptables puissent répondre et satisfaire aux besoins des standards internationaux. Au niveau du volet statistique, nous voulons assister la surveillance multilatérale des politiques macroéconomiques, en faisant de sorte que les agrégats budgétaires et financiers, qui sont calculés à partir des tableaux des opérations financières de l’Etat, soient d’une part, fiables et d’autre part, comparables. Il faut, en fait, que ces agrégats puissent traduire la même situation et qu’ils aient les mêmes contenus. En plus, dans le domaine des sanctions, nous définissons un régime de responsabilités pour les principaux intervenants dans la chaîne d’ exécution des ressources publiques. Pour savoir qui fait quoi, qui est responsable de quoi et qui sanctionne ? Sous ce rapport, la Cour des comptes a été replacée dans ses fonctions essentielles, notamment dans le domaine juridictionnel.

Reussirbusiness : Justement, quelle sera la place de la Cour des comptes dans cette optique ?

El Hadji Abdou Sakho : En particulier, l’une des innovations essentielles, c’est de faire en sorte que la Cour des comptes, en plus de ses prérogatives traditionnelles en matière de contrôle de la régularité et de la légalité des opérations budgétaires, puisse également contrôler les programmes en termes d’efficacité et en termes d’efficience. C’est vraiment une innovation majeure.

Reussirbusiness : Vous avez parlé de mécanismes qui seront mis en place, de quoi s’agit-il exactement ?

El Hadji Abdou Sakho : Vous savez, en début d’année, est votée la loi des finances et à cette loi sont joints un certain nombre de documents obligatoires. Et parmi ces documents, il y a ce qu’ on appelle le projet annuel de performance. Ce projet fait ressortir les crédits alloués à chaque ministère, par programme, ainsi que les éléments de performances de ces programmes, à la fin de la période l’exécution budgétaire, c’est-à-dire, lors du vote de la loi de règlement. Qu’il s’agisse de rapport annuel de performance ou du projet annuel de performance, ces documents sont remis à la Cour des comptes. Et c’est sur la base de ces documents, qu’elle vérifie les programmes en termes d’efficacité, d’efficience et d’économie. Pour la mise en œuvre, nous avons compris que les Etats sont à des niveaux différents en ce qui concerne le développement de leurs ressources humaines et leurs capacités administratives. Nous avons élaboré un calendrier qui va jusqu’en 2019, mais qui laisse la possibilité pour les Etats qui ont plus de capacités, d’atteindre les résultats fixés par les directives bien avant les échéances de 2019. En tous cas, c’est un calendrier très souple.

La Rédaction – Recueillis par Oumar Fédior

Source : reussirbusiness.com

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