Le neuvième Forum sur le commerce et la coopération économique entre les États-Unis et l’Afrique subsaharienne, dont la session ministérielle se réunira à Washington le 2 août, comporte cette année deux nouveaux éléments : il accueillera une délégation de 35 femmes africaines entrepreneurs et une partie de ses activités, les sessions consacrées aux industries agricoles, aura lieu à Kansas City (Missouri). Cette rencontre annuelle est plus connue sous le nom de Forum de l’AGOA, la Loi des États-Unis sur la croissance et les possibilités économiques en Afrique.
Le sous-secrétaire d’État adjoint aux affaires africaines, M. William Fitzgerald, s’est entretenu le 23 juillet avec America.gov pour donner un aperçu préliminaire de la manifestation, qui a pour thème : « L’AGOA à 10 ans : Nouvelles stratégies pour un monde en évolution ».
M. Fitzgerald a déclaré que la séance plénière des 2 et 3 août se déroulerait comme les années précédentes et consisterait en des rencontres entre les ministres et des représentants officiels des États-Unis pour débattre de questions touchant à l’agriculture, à la compétitivité, à la santé et aux moyens de développer les échanges commerciaux entres les États-Unis et l’Afrique. « Elle se concentrera principalement sur les politiques relatives au commerce », a-t-il noté.
Le 4 août, la conférence se déplacera pour tenir ses assises au cœur de l’Amérique, dans le Midwest, à Kansas City (Missouri). « L’objectif visé en allant à Kansas City est d’amener les entrepreneurs à parler aux entrepreneurs. Nous aurons ici à Washington les experts en politique commerciale qui parleront du commerce et puis nous nous rendrons à Kansas City pour nous concentrer sur les réalités de terrain. Le but du gouvernement des États-Unis est de mettre les parties intéressées en présence, puis de nous retirer et de laisser le libre-marché faire le reste », a expliqué M. Fitzgerald.
« La plupart des experts conviennent que pour que la croissance économique de l’Afrique augmente, les efforts doivent s’intensifier dans l’agriculture. Kansas City, a-t-il rappelé, est un grand centre agroindustriel » aux États-Unis.
Le Kansas City Board of Trade, où les participants se rendront, est la place boursière où se négocient les contrats à terme sur le blé de force rouge d’hiver et sur d’autres denrées agricoles, a précisé M. Fitzgerald.
« Nous attendons à ce stade plus de 60 hommes d’affaires africains qui iront à Kansas City en sus des 35 femmes entrepreneurs, qui participeront au Forum avec un nombre égal sinon supérieur d’homologues américains », a-t-il dit.
Les participants africains passeront deux jours sur le terrain et rencontreront des représentants d’entreprises américaines, depuis des producteurs de matériel agricole jusqu’à des développeurs, des multiplicateurs et des vendeurs de semences. Ils visiteront également une entreprise agricole locale pour voir les transformations radicales de la ferme américaine dues à la technologie.
L’agriculture de subsistance continuera en Afrique, a dit M. Fitzgerald, mais on assiste également à un effort de développement de la grande agriculture commerciale. Les participants à la conférence visiteront également une entreprise de torréfaction de café à Kansas City. « Comme vous le savez, le Kenya, l’Éthiopie et d’autres pays d’Afrique ont tiré parti des possibilités d’exportation de leur arabica vers les États-Unis », a-t-il noté.
À propos des 35 femmes entrepreneurs africaines, M. Fitzgerald a rappelé « le nombre croissant d’Africaines qui se lancent dans les affaires », dans des secteurs aussi divers que ceux de boissons non alcoolisées, de la banque, de l’agriculture et du commerce.
« Il y a 20 à 25 ans de cela, il y avait déjà au Togo un grand nombre de femmes d’affaires que l’on appelait les Nanas Benz », a-t-il dit, sobriquet dû au fait que beaucoup d’entre elles, qui avaient fait fortune dans le commerce des produits textiles dans tout le continent, se déplaçaient en Mercedes.
« Les femmes doivent disposer de chances strictement égales à celles des hommes » d’entrer dans le monde des affaires et d’y prospérer, a souligné M. Fitzgerald. « Ce sont ces entrepreneurs qui seront le moteur de la croissance de l’emploi et du développement économique, tout comme les petites et moyennes entreprises (PME) l’ont été aux États-Unis. »
L’AGOA a réussi en tant que programme de préférences commerciales, mais elle pourrait remporter des succès encore plus grands, a dit M. Fitzgerald, si les PME de deux côtés de l’Atlantique étaient plus actives dans le cadre de l’AGOA.
À l’heure actuelle, a-t-il noté, environ 95 % des importations américaines en provenance d’Afrique au titre de l’AGOA sont constitués par les hydrocarbures et les minéraux.
« Franchement, le secteur manufacturier, le secteur agricole et d’autres devraient être plus actifs dans le cadre de l’AGOA, et c’est pourquoi le gouvernement des États-Unis alloue des ressources pour le renforcement des capacités des petits entrepreneurs, pour les aider à se développer et à tirer parti davantage de l’AGOA. » Pour cela, toutefois, a-t-il souligné, « les Africains doivent libéraliser leur économie. Les cadres réglementaires et les obstacles structurels semblent croître d’année en année.
« Si nous regardons au niveau sous-régional, a-t-il dit, nous constatons des progrès impressionnants de la part de la Communauté de l’Afrique de l’Est. Il y a eu récemment la signature du dernier accord de marché commun qui permettra aux travailleurs d’obtenir un emploi, quelle que soit leur nationalité. »
« Les exportations doivent démarrer dans les pays eux-mêmes, en Afrique, ce qui leur permettra d’acquérir de l’expérience en matière de développement des marchés, de création de produits de qualité et d’exploitation rentable. C’est ce que fait la Communauté de l’Afrique de l’Est. La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) comprend cela, elle aussi, et elle a approuvé plusieurs accords économiques et commerciaux, mais beaucoup de ceux-ci n’ont pas été appliqués. »
Depuis 2006, a rappelé M. Fitzgerald, le gouvernement des États-Unis a offert une aide commerciale à un autre groupement économique sous-régional, le COMESA, et les échanges commerciaux ont progressé de 109 % au sein de ce groupe. Avec l’assistance technique des États-Unis, le Port de Mombasa a rationnalisé ses activités et le traitement des conteneurs n’exige plus que 6 jours au lieu de 12. Pour ce qui est de l’avenir, M. Fitzgerald a noté que le gouvernement Obama attachait de toute évidence une grande importance à l’entrepreneuriat, ainsi qu’en témoigne la conférence internationale sur le sujet qu’il a récemment parrainée à Washington.
Les entrepreneurs sont les moteurs et les catalyseurs de la croissance, a-t-il dit, et pour prospérer ils doivent disposer d’un environnement ouvert et libre dans lequel ils peuvent mener leurs activités, sans lourdeurs bureaucratiques et sans règlements gouvernementaux excessifs.
« Nous devons avoir des entretiens francs avec les Africains, et je crois que nous en aurons effectivement, sur ce que nous pouvons faire pour les appuyer, dans la ligne des propos tenus par le président Obama lors de son passage à Accra il y a un an », a conclu M. Fitzgerald.
Pour mémoire, M. Obama avait déclaré en 2009, dans une allocution prononcée au parlement ghanéen, que le XXIe siècle serait influencé par ce qui se passerait non seulement à Washington, à Rome ou à Moscou, mais aussi à Accra et en Afrique.
Charles W. Corey
Source : america.gov/fr




