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Production minière au Burkina Faso : Essakane, à quelques semaines du premier lingot d’or

La société minière Essakane SA a organisé jeudi 2 juin 2010, une visite de presse sur le chantier de la mine d’or en construction dans la localité d’Essakane, à une soixantaine de kilomètres de Dori, chef-lieu de la région du Sahel. Les travaux de construction sont presqu’à terme et les premiers responsables de la société annoncent la coulée du premier lingot pour la mi-juillet prochaine.

La mine d’or d’Essakane entrera très prochainement en production. L’annonce a été faite par le directeur général de la société Essakane SA, Charles Taschereau, à l’issue d’une visite guidée sur le chantier, jeudi 2 juin 2010. « Si tout va bien, on connaîtra le début de la production aurifère d’Essakane vers la mi-juillet », a affirmé M. Taschereau.

Ainsi, le premier lingot d’or pourrait couler à Essakane, avant la date initialement prévue. En effet, les travaux de construction ont été officiellement lancés par le Premier ministre, Tertius Zongo, le 19 mars 2009. Ils devraient durer 18 mois, c’est-à-dire prendre fin en septembre 2010. La visite de presse avait pour objectif de permettre aux journalistes de voir ce qui se passe sur le terrain.

Le constat sur les lieux est que l’essentiel des travaux a été effectué. Du sol, a poussé une imposante usine. Elle se dresse fièrement avec ces différents compartiments que les journalistes ont put découvrir, guidés par le contremaître général de l’usine, Joao Cardoso.

Le contremaître général a conduit les hommes et femmes de médias jusqu’au « golden room », la salle dorée. A cet endroit, les journalistes ont eu le privilège de voir la salle où l’activité concrète, la finition du métal précieux, va se réaliser. Ils ont par exemple, admiré et même touché le moule dans lequel sortiront les lingots d’or de 800 onces soit environ 30 kg.

Même les coffres-forts où seront stockés les lingots d’or avant leur acheminement sur Ouagadougou, ont été visités. Là-bas, comme dans les autres compartiments de l’usine, des ouvriers s’affairent aux travaux de finition.

A entendre le contremaître général, « Nous sommes dans la phase finale de la construction de l’usine. Dans une semaine, nous allons commencer les premiers essais ». Selon Joao Cardosso, il reste, entre autres travaux à exécuter, l’accouplement avec l’engrenage et les tests de moteurs à passer. Il évalue le taux d’exécution des travaux à environ 97 %.

Un investissement colossal

L’autre endroit où les travaux avancent beaucoup, est le lieu d’où viendra le minerai pour alimenter l’usine. Situé seulement à quelques encablures de l’usine de traitement, le site d’extraction des roches contenant de l’or, subit l’assaut de gros engins. L’objectif est de creuser afin d’atteindre la bonne terre, la bonne roche.

De l’avis de l’assistant coordonnateur à la formation, Halidou Ouédraogo, à l’étape où se trouvent les travaux, cette bonne roche n’est plus loin. Selon lui, avant d’atteindre la roche-mère qui contient l’or, il convient de franchir trois couches : la terre stérile, la saprolite, la saproc. La roche-mère se trouverait à environ 200 m de profondeur. Les machines sont donc en train de creuser, en vue de l’atteindre.

L’assistant coordonnateur indique que des stocks de minerais devant alimenter l’usine, sont disponibles en grande quantité. Ce qui veut dire que la matière existe et n’attend que l’ouverture de l’usine. En marge de la visite des travaux, les journalistes et leurs guides ont fait un tour sur le site du nouveau village d’Essakane. Les populations ont été réinstallées conformément à un protocole d’accord signé entre les résidents de l’ancien village et la société IAMGOLD Essakane SA.

« Le protocole d’accord est un document qui a permis de matérialiser l’attente qui a eu lieu à l’issue d’un processus de discussion et de négociation avec les communautés », a précisé Evariste Gandèma, chef de service socioéconomie de Essakane SA. Pour lui, le protocole a été largement respecté et les populations en sont satisfaites.

Du côté des populations déplacées, on soutient que les choses se passent bien sur le nouveau site. C’est ce que nous apprend Kadidja Dicko, rencontrée dans son nouveau logement. « Nous n’avons pas de problème particulier. Nous sommes contents d’être dans le nouveau site », avoue-t-elle.

Pour sa part, le directeur général de Essakane SA, Charles Taschereau souligne que la société est attentive aux doléances des populations. Il ressort que Essakane SA a déjà injecté près de 9,25 milliards dans la réinstallation des populations, la réalisation d’équipements collectifs (infrastructures scolaires, sanitaires, sportives…).

En rappel, Essakane SA, porté par la société canadienne, IAMGOLD Corporation à hauteur de 90 % et par l’Etat burkinabè pour 10 %, est considéré aujourd’hui comme le plus grand projet minier et d’investissement privé au Burkina Faso. Il a pour objet principal, l’exploitation et la commercialisation de l’or.

La mine d’or d’Essakane est située dans le Nord-Est du Burkina Faso, dans la région du Sahel, à environ 330 kilomètres de Ouagadougou. Il s’agit d’une mine à ciel ouvert avec exploitation d’une fosse. La ressource en or est estimée à 120 tonnes avec une durée de vie utile d’environ dix (10) ans. L’investissement total requis est de 250 milliards de francs CFA.

Alban KINI

Source : sidwaya.bf

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