Selon Guy Charrier, Consultant en service au Projet 7Up qui vise le renforcement des capacités pour des régimes de concurrence efficients en Afrique de l’Ouest, la concurrence n’est pas une fin en soi, elle contribue plutôt au progrès économique en ce sens qu’elle « incite les entreprises à innover pour essayer de survivre ».
S’exprimant à Dakar lors de l’atelier national de formation sur la politique et le droit de la concurrence, M. Charrier a fait remarquer que « l’application des règles de concurrence repose sur une analyse des stratégies des acteurs selon un mécanisme bien défini ».
Il estime à ce propos que la concurrence instaure une rivalité entre les entreprises, les incitant à réduire leurs prix au bénéfice des consommateurs, surtout ceux ayant des revenus limités ».
Dans un environnement de concurrence, les entreprises sont également obligées de réduire leurs coûts pour maintenir leurs profits ce qui les conduit à mieux utiliser les facteurs de production, fait remarquer le consultant.
« La concurrence incite les entreprises inefficaces à cesser de produire ou à se reconvertir et les entreprises efficaces à investir dans les secteurs où la demande est forte et l’offre limitée afin de bénéficier des perspectives de profit », a-t-il déclaré.
Quant à Philippe Brusick, conseiller du projet 7Up, il indique la plupart des ententes verticales entre entreprises n’ont d’effets anticoncurrentiels qu’en cas d’application par une société dominante. Exception faite des cas des prix imposés qui posent, à son avis, toujours des problèmes de concurrence.
Par ententes verticales, cet expert entend les accords restrictifs qui peuvent lier les producteurs aux fournisseurs (en amont) ou aux distributeurs (en aval).
Il avance notamment comme exemple les accords d’exclusivité par lesquels le producteur veut s’assurer de la qualité de service de son détaillant ou agent représentant de sa marque.
Quant au rabais de fin d’année octroyés aux distributeurs uniquement en cas d’exclusivité, M. Brusick soutient que « ce type de restriction est anticompétitif lorsqu’il est appliqué par un producteur en position dominante car il tue toute concurrence ».
Il estime d’autre part que les entreprises dominantes peuvent pratiquer des prix prédateurs (dumping) pour mettre en difficulté leurs concurrents.
Il soutient à cet effet que la sous-facturation est une des pratiques verticales utilisées par certaines multinationales.
« Dans le commerce international, poursuit encore M. Brusick, la pratique du dumping donne lieu à des mesures antidumping ».
Source : afriqueavenir.org




