La vallée du Kou, jadis fleuron agroéconomique du Houet, n’est aujourd’hui, que l’ombre d’elle-même. C’est ce qu’ont laissé entendre les responsables du Collectif revalorisons le Kou (CO.RE.K), mercredi 22 mars 2012, lors d’un échange avec les journalistes. Le vice-président du Collectif, David Sanon, qui a peint cette réalité, a relevé qu’à la vallée, plus de 40% des superficies naguère exploitables ne le sont plus. « La production à l’hectare a même chuté de 50%, pendant que la population estimée au départ (en 1970) à 6000 personnes, s’élève actuellement à plus de 80 000 âmes », a ajouté M. Sanon. Pour lui, le site est une poudrière qui risque d’exploser, si rien n’est fait.
Les conférenciers du jour accusent le gouvernement de n’avoir pas œuvré dans le sens de l’amélioration de la production (investissements substantiels), alors que le scénario de l’accroissement de la population était prévisible. En sus, beaucoup de parcelles ont été abandonnées, en raison du tarissement de la vallée et de son ensablement. La plupart des superficies restantes, a indiqué le Collectif, ne sont plus emblavées en riz, mais en oseille et gombo. Une situation fort déplorable, de leur avis, quand on sait que l’Etat dépense chaque année, 40 milliards de FCFA dans l’importation du riz. « De même, les pertes subséquentes à l’ensablement du Kou sont estimées à 1, 5 milliard par an », a précisé David Sanon.
Selon le président du CO.RE.K, Alphonse Tougouma, plusieurs actions ont été menées pour interpeller les décideurs sur ces préoccupations qui, jusque-là, n’ont pas trouvé de solutions. Que propose le Collectif pour la revalorisation du Kou ? La réponse du président du CO. RE.K est sans équivoque : « Nous demandons à l’Etat de dédommager ces paysans ». Il a ajouté que l’Etat doit délocaliser certains paysans sur le site de Samandéni et créer d’autres sources de revenus pour occuper les producteurs qui vont rester sur la vallée. Nonobstant ces solutions, les membres du collectif sont convaincus qu’il faut sauver la vallée du Kou et ses habitants.
Nombamba Didier OUEDRAOGO et Lassané OUEDRAOGO (Stagiaire)
Sidwaya.bf




