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Un poste pour deux candidats : Washington oppose un universitaire à une ministre africaine pour la présidence de la Banque mondiale

La ministre nigériane des Finances, Ngozi Okonjo-Iweala, s’est portée candidate à la présidence de la Banque mondiale ce vendredi 23 mars et aura face à elle, Jim Yong Kim, candidat américain, Médecin et anthropologue formé à Harvard, qui dirige actuellement la prestigieuse université Darmouth.

Mme Okonjo-Iweala, qui a été directrice générale de la Banque de 2007 à 2011, correspond à tous les critères de sélection imposés par le conseil d’administration. Elle occupe le poste de ministre des Finances de son pays depuis août 2011.

« Nous sommes fiers de confirmer que la ministre des Finances du Nigeria Ngozi Okonjo-Iweala sera candidate », a déclaré M. Gordhan devant la presse, à l’issue d’une réunion avec Mme Okonjo-Iweala.

« J’ai une longue expérience à la Banque mondiale, au gouvernement et dans la diplomatie (…) Je partage la vision de la Banque mondiale : lutter avec passion contre la pauvreté », a ensuite déclaré Mme Okonjo-Iweala, « la question est de savoir dans quelle direction il faut aller pour que ce soit le plus efficace possible ».

Annoncé par Barack Obama lui-meme, la candidature de Jim Yong Kim a créé la surprise. Son nom n’était pas sur la liste des favoris. Ce médecin et anthropologue aujourd’hui âgé de 52 ans a quitté la Corée du Sud pour les Etats-Unis à l’âge de 5 ans est un universitaire très reconnu et sa candidature à la présidence de la Banque mondiale pour succéder à Robert Zoellick le 30 juin, ne manque pas de poids. L’université de Dartmouth qu’il dirige n’est pas l’université la plus connue mais elle figure parmi les huit facultés de la prestigieuse Ivy League, au même titre que Columbia, Yale ou Harvard. C’est d’ailleurs par ce même établissement qu’est passé l’actuel secrétaire au Trésor Américain Tim Geithner. En 2009, Jim Yong Kim est devenu le premier Américain d’origine asiatique à occuper le poste de directeur d’université.

Les nations émergentes dénoncent avec force la mainmise des Américains sur la banque mondiale et des Européens sur le FMI. Jusqu’à présent, en vertu d’un accord tacite entre l’Europe et Washington, la présidence de la Banque a toujours échu à un citoyen des Etats-Unis tandis que celle du Fonds monétaire international (FMI) revenait à un Européen.

A l’époque de la désignation du successeur de Dominique Strauss-Kahn à la tête du FMI, les pays émergents ont eu du mal à s’unir autour d’un seul nom. En raison de leurs divisions internes, ils n’avaient pas présenté de candidature commune et la Chine s’était finalement ralliée à celle de la Française Christine Lagarde. Cette fois-ci, ils ont réussi à se mettre d’accord sur deux noms : la ministre nigériane des Finances, Ngozi Okonjo-Iweala.

Une candidature africaine sérieuse

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La ministre nigériane des Finances, Ngozi Okonjo-Iweala, s’est portée candidate à la présidence de la Banque mondiale.

La ministre a affirmé s’attendre à «une lutte entre des candidats très forts» et assuré avoir «une longue expérience à la Banque mondiale, au gouvernement et dans la diplomatie (…) Je partage sa vision : lutter avec passion contre la pauvreté».

Mme Ngozi Okonjo-Iweala, élue ministre africaine des Finances de l’année par le Financial Times et soutenue par l’Angola, le Nigeria et l’Afrique du Sud, présente une candidature qui répond à tous les critères de sélection imposés par le conseil d’administration de la Banque mondiale.

Économiste, formée à Harvard, elle s’est fait connaître pour avoir mené à bien la renégociation de la dette du Nigeria, ramenée de 35 milliards à 5 milliards de dollars. Ngozi Okonjo-Iweala a également une expérience de la gestion de grandes organisations, puisqu’elle a secondé Robert Zoellick à la tête de la Banque mondiale en 2007, en qualité de directrice générale.

Le candidat américain : Un expert du développement

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Jim Yong Kim, le candidat des Etats-Unis pour la présidence de la Banque mondiale, avec le président américain Barack Obama.

Barack Obama a surpris nombre d’observateurs en annonçant que son choix se portait sur Jim Yong Kim, président du Dartmouth College et ancien directeur du département VIH/Sida de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
« Jim a passé plus de deux décennies à œuvrer dans le monde entier en faveur de l’amélioration des conditions de vies dans les pays en développement », c’est « un candidat idéal » a déclaré le président américain.
« Il est temps qu’un professionnel du développement dirige la plus importante agence mondiale de développement », a-t-il déclaré.

Les États-Unis veulent faire de la santé un axe de développement des pays
Jim Yong Kim a une bonne connaissance des grandes organisations internationales. Il a été en charge du dossier du sida à l’Organisation mondiale de la santé. Pour les experts, le choix de Jim Yong Kim pour ce poste montre la volonté des Etats-Unis de mettre en avant la santé dans le développement des pays.

L’économiste américain Jeffrey Sachs a annoncé le retrait de sa candidature et apporté son soutien « à 100% » à Jim Yong Kim.
Les Etats-Unis président la Banque mondiale depuis la création de celle-ci au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, tandis que la direction générale du FMI revient à un Européen, selon une règle de répartition non écrite mais qui n’avait pas été directement remise en cause jusqu’à présent.
« Pour la première fois, il y a de la concurrence, ou du moins on a l’impression à première vue qu’il y a une concurrence sérieuse », a commenté Nancy Birdsall, qui préside le Center for Global Development à Washington.

La candidature américaine ou la candidature africaine ?

– Le Brésil, de son côté, aimerait défendre la candidature de l’ancien ministre colombien des Finances Jose Antonio Ocampo, mais ne peut le faire sans l’appui de la Colombie, qui semble aujourd’hui peu probable.
Bogota a en effet expliqué jeudi privilégier sa candidature à la présidence de l’Organisation internationale du travail (OIT), en rappelant qu’un Colombien occupait déjà la présidence de la Banque inter-américaine de développement.

– Le ministre des Affaires étrangères français Alain Juppé a indiqué à l’AFP que, pour la France, il n’y avait « aucune raison à ce stade » de remettre en cause l’accord de partage du pouvoir entre Américains et Européens à la Banque et au FMI.

– La Russie, elle, s’est abstenue de soutenir un candidat non-américain et a plaidé pour un rôle accru des émergents dans les organes dirigeants des institutions financières internationales.

– Reste que les Etats-Unis détiennent le plus grand nombre de droits de vote au conseil d’administration de la Banque mondiale. Ils peuvent également espérer le soutien des pays européens et du Japon. L’Afrique n’occupe, elle, que 3 des 25 sièges du conseil.

L’an dernier, les 187 Etats membres de la BM s’étaient mis d’accord sur un processus de sélection du président transparent et ouvert privilégiant le mérite.

Le conseil d’administration publiera une liste de trois candidats au maximum et fera un choix définitif avant les assemblées générales du FMI et de la Banque mondiale, le 21 avril.

Le successeur de Robert Zoellick devra notamment tenir compte de la volonté des grands actionnaires de la Banque, Etats-Unis en tête, d’obtenir des résultats concrets en matière de développement, de transparence et de lutte contre la corruption.

Le collectif d’organisations non-gouvernementales Oxfam International s’est réjoui « de voir un vrai débat sur la façon d’obtenir une direction crédible et légitime à la Banque mondiale », et a noté que l’Afrique avait « mis en avant une candidate éminemment qualifiée ».

Yves, pour Burkinapmepmi.com

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