Le projet pôle de croissance de Bagré sera lancé officiellement le 5 avril 2012. Un gigantesque projet de 67 milliards de FCFA qui court jusqu’en 2017. Son objectif est non seulement de diversifier les spéculations mais aussi d’accroître les rendements afin de venir à bout de l’insécurité alimentaire au Burkina. A cet effet, le directeur de production du Projet Pôle de Croissance de Bagré (PPCB), Maxime OUEDRAOGO que nous avons rencontré sur les lieux nous détaille les potentialités de la pleine « de la tanière du lion. »
Sur les 60 000 hectares aménageables de la pleine de Bagré, seulement 5 380 hectares sont jusque-là aménagés. Vu l’importance du potentiel aménageable restant et pour faire de la région un pôle de croissance agricole et économique, un projet de près de 67 milliards sera lancé sur le site en début avril. Ce pôle qui doit gérer plusieurs secteurs de développement. Il s’agit entre autres, du pôle des productions agricole, animale, halieutique, touristique.
• Les ambitions Pour le directeur de production du PPCB, Maxime OUEDRAOGO, l’ambition est d’en faire un entreprenariat agricole, c’est-à-dire une gestion ordonnée des intrants et les extrants agricoles. « L’entreprenariat agricole est une modernisation des activités agricoles, c’est aussi une voie de diversification agricole à travers les spéculations et les niveaux d’équipement dans la pleine de Bagré » a expliqué le directeur de production. Pour lui, le potentiel aménageable est extensible. « Nous avons suffisamment de potentiels aménageables d’environ 60 000 ha dont 50 000 sont en avales du barrage jusqu’à Boualgatenga à la frontière du Ghana et actuellement, nous n’avons aménagé que 3 380 ha » dixit Maxime OUEDRAOGO. Un potentiel qui peut contribuer significativement à lutter contre l’insécurité alimentaire si on arrivait aujourd’hui à aménager les 60 000 ha quel que soit le type de spéculation a-t-il poursuivi. Pour les responsables de ce nouveau challenge, l’objectif est de faire de la zone de Bagré un moteur de développement agricole, d’où l’appellation « agropole ».
• Les difficultés sur le terrain Les difficultés ne manquent pas, car sur le terrain, les producteurs familiaux haussent la voix pour dénoncer l’expropriation de leur terre. « On nous a attribué un hectare par famille alors que nos familles ne cessent d’accroitre. Imaginez-vous un père de famille avec au moins trois grands garçons qui, à leur tour se marient pendant que l’hectare acquis n’est pas extensible. C’est très dérisoire ! » explique désespérément Soumaïla NIAONE, un cultivateur de riz sur la pleine. Les agro-businessmen à l’image de Grégoire ZOURE, un ingénieur de recherche agricole qui possède 100 ha pour la production de la pomme de terre, eux aussi se plaignent car les propriétaires terriens n’entendent pas de la bonne oreille, la loi selon laquelle « la terre appartient à l’Etat ». Il souhaite une prise de conscience de la population et plus de sensibilisation de la part des autorités.
A côté de ces agriculteurs mécontents se trouvent les pêcheurs qui attendent depuis longtemps d’être installés dans leur « village de pêcheurs » promis par la maîtrise d’ouvrage de Bagré. Chose qui selon eux rend difficile la cohésion des pêcheurs. Des problèmes sont aussi rencontrés au niveau du village éco-touristique où les chambres ont du mal à trouver des occupants. A ce manque de touristes s’ajoute la panne d’un château d’eau privant du même coup les fleurs et le gazon d’eau. De tous ces problèmes, Maxime OUEDRAOGO promet trouver des solutions car à l’en croire, des échanges sont entamés entre tous les acteurs du projet afin de régler tous les désaccords.
En somme, le projet pôle de croissance de Bagré vise à concilier toutes les divergences et accroitre les rendements agricoles. Les productions familiales qui étaient de 4 à 5 tonnes l’hectare pourront passer de 7 à 8 tonnes. Ce qui correspond au potentiel réel de production agricole, animale, halieutique selon le directeur OUEDRAOGO. Il s’agira aussi de promouvoir l’emploi, de faire en sorte que la commune de « la tanière du lion » soit une zone de croissance accélérée. En un mot, qu’en l’espace de 5 à 6 ans, Bagré soit le moteur de développement des régions du Centre-Est et du Centre-Sud.
Y. Alain Didier COMPAORE / Harouna MARE
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