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Réconciliation des producteurs de coton : Morolaba et N’Dorola sur la voie de la paix

Le début de la campagne cotonnière 2011-2012 avait connu une fronde de certains producteurs, qui ont réclamé la hausse du prix d’achat du coton graine et la baisse du prix des intrants. La situation a même dégénéré dans les communes rurales de Morolaba et de N’Dorola, avec à la clé la destruction de plus d’une centaine d’hectares de coton et de graves incidents entre des éléments de la Compagnie républicaine de sécurité (CRS), la gendarmerie et les cotonculteurs. A l’invitation du haut-commissaire du Kénédougou, Pierre Bicaba, ils se sont retrouvés à Morolaba, le vendredi 16 mars 2012. Au cours de cette rencontre, il y avait également des responsables de la SOFITEX. D’emblée, M. Bicaba a expliqué aux paysans que cette rencontre s’inscrit dans le cadre du processus de réconciliation entamé il y a des mois dans l’ensemble des zones et régions cotonnières qui ont été touchées par la crise.

A l’approche de la prochaine campagne agricole, a précisé le haut-commissaire, il était de bon aloi de les rencontrer pour leur demander de faire la paix. « Avant de parler de coton et de culture, je suis venu vous parler de paix. Je voudrais que vous faites le pas de la réconciliation comme ceux des autres provinces et régions l’ont fait, pour que la prochaine campagne agricole soit paisible », a-t-il dit. A tour de rôle, les cotonculteurs ont expliqué l’amertume avec laquelle ils ont vécu et continue de subir les conséquences de la situation. Ils ont ramené sur la table des préoccupations, telles que la nécessité de revoir les prix d’achat du coton graine et celui des intrants, la corruption des conditionneurs (coton de 1er et 2e choix), l’imposition du coton OGM, l’endettement des membres des groupements de producteurs de coton (GPC). Le chef de la région cotonnière de la SOFITEX de N’Dorola, Abdramane Thiombiano, a expliqué que le prix des intrants et du coton graine se fixe en toute collégialité. Il a par ailleurs soutenu que la culture du coton Bt n’est aucunement obligée et a exhorté les cotonculteurs à dénoncer les conditionneurs qui prennent de l’argent avant de classer leur coton au rang de premier choix.

Pardonner pour une campagne paisible

Le haut-commissaire a rappelé aux producteurs qu’il est lui-même fils d’agriculteurs, et dit avoir pris bonne note de l’ensemble de leurs préoccupations. « Je suis très sensible à vos cris de cœur. Vos préoccupations sont pertinentes et c’est pourquoi nous sommes là pour discuter et dialoguer.

Il n’y a pas de raison de faire la violence », leur a-t-il signifié. Promettant de transmettre leurs doléances à qui de droit, Pierre Bicaba a indiqué que le gouvernement, la SOFITEX et l’ensemble des partenaires sont en pourparler afin de définir les différents prix et voir du même coup, comment répondre aux revendications des cotonculteurs. En attendant, il a demandé aux paysans d’accepter le pardon et la réconciliation. Au demeurant, a-t-il poursuivi, ni le gouvernement ni la SOFITEX ne peut contraindre personne à cultiver le coton.

Seulement, il estime qu’étant dans un pays fortement agricole, le gouvernement souhaite que le coton connaisse un essor et que ceux qui veulent le produire, puissent le faire librement et sans contraintes. En réponse, le fils du chef de Morolaba, Yaya Dao, a déclaré que le message est passé et qu’ils tiennent surtout aux réponses que le gouvernement donnera à leurs doléances. « S’il y a des améliorations dans la filière, il faudra nous informer. Après consultations, nous verrons la décision à prendre », a-t-il ajouté. La délégation du haut-commissaire a remercié les cotonculteurs pour l’esprit de responsabilité qui a guidé les échanges. Il les a aussi chargés de faire passer dans leurs familles respectives, son message de pardon, de réconciliation et paix, pour une campagne agricole sans heurt au cours de laquelle les producteurs seront libres de cultiver ou pas le coton. Le chef de la région cotonnière de N’Dorola, Abdramane Thiombiano, s’est dit pour sa part satisfait de l’ensemble de ce processus de réconciliation qui ne doit épargner aucun département.
De plus, a-t-il rapporté, la nationale des fibres textiles est à la phase de préparation de la campagne cotonnière 2012-2013. « Il y a l’expression des besoins en intrants. Dans toutes les zones, les producteurs se sont exprimés librement pour le coton ou non. Malheureusement nous avons constaté que les producteurs du département de Morolaba qui s’exprimaient pour la culture du coton ont été inquiétés ». Il dit espéré donc que le message de la sensibilisation est passé.

Jean-Marie TOE | Sidwaya.bf

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