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Swatch et Tiffany : les ex-alliés du luxe se déchirent en justice

Les deux groupes s’étaient alliés il y a quelques années pour développer une ligne de montres haut de gamme. Leur divorce est très conflictuel. Swatch réclame 3,8 milliards de francs suisses à Tiffany, qui exige en retour 542 millions de francs suisses…

Le torchon brûle entre Swatch et Tiffany. Les deux groupes, qui s’étaient alliés il y a quelques années pour développer une ligne de montres haut de gamme, divorcent actuellement de façon très conflictuelle. Suite à la plainte lancée par le groupe horloger suisse, qui lui demande 3,8 milliards de francs suisses (3,15 milliards d’euros) de dommages et intérêts, le joaillier américain a décidé de poursuivre à son tour son ancien associé devant les tribunaux. Il entend obtenir le versement d’une indemnité de 541,9 millions de francs suisses (449,4 millions d’euros), a-t-il indiqué ce lundi. La bataille d’avocats promet d’être longue et coûteuse.

Tout avait pourtant si bien commencé… Les deux sociétés avaient conclu en décembre 2007 un accord visant à développer, produire et distribuer en commun les montres de la marque Tiffany & Co. pendant une vingtaine d’années. Le premier groupe horloger mondial avait dans ce but fondé au printemps 2008 la société Tiffany Watch dont il contrôlait la totalité du capital. Les ventes des modèles au nom de la célèbre marque de bijoux de la Cinquième Avenue devaient être assurées par un réseau de points de vente exploités par Tiffany, Swatch Group ainsi que par des détaillants indépendants. Contre-attaque judiciaire

Mais l’association a vite tourné court. En mars 2011, lors du salon professionnel horloger de Baselworld, Nayla Hayek, qui occupe depuis la mort de son père Nicolas la présidence du conseil d’administration de Swatch, s’était plainte de la mauvaise promotion des montres de luxe produites dans le cadre du partenariat. Le 12 septembre, le géant biennois décidait finalement de mettre un terme au partenariat « pour violation grave des relations contractuelles ». Tiffany & Co. aurait notamment eu un « comportement systématique visant à empêcher et à retarder le développement des affaires », selon le plaignant.

Quelques semaines plus tard, la compagnie suisse demandait le paiement de 3,8 milliards de francs de dommages et intérêts pour compenser la perte engendrée par les « millions » déjà investis dans Tiffany Watch et par le manque à gagner de cette nouvelle marque.

La firme américaine a pris son temps avant de réagir à cette plainte. Mais sa contre-attaque judiciaire et sa demande d’une lourde indemnité prouvent son refus de trouver une solution à l’amiable avec son ancien associé. Swatch Group a, lui, annoncé ce lundi sa volonté de « contester vigoureusement cette demande reconventionnelle qui n’a aucun fondement factuel ni juridique ». Les juges vont avoir du travail…

Les Echos.fr

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